Rechercher dans ce blog

Chargement...

lundi 30 janvier 2012

à la boulangerie

elle veille sur lui, emballe le pain avec soin , sollicitude du "Vous arriverez à le porter ?" devant un petit vieux tassé sur sa canne, attendre,  à pas comptés il se retourne, lui ! le plus grand cavaleur du pays, on disait que l' institutrice et même la femme du docteur, ... "à se demander ce qu'elles lui trouvent", plastronnaient les maris, un soupir, sa gratitude humble et soulagée, "vous me reconnaissez" , une étincelle dans le regard, la vie à nouveau, un baiser humide sur la joue, il claudique vers la sortie. "Et pour vous ce sera... ?"

dimanche 29 janvier 2012

chevelure

  vrai travail de sape,
des éclats d'argent parfois,
le gris gagnait

samedi 28 janvier 2012

tête dure

tu peux y aller, c'est pas à coups de cours particuliers qu'on fait d'un âne un cheval de course... c'est la race qui veut ça... tous bouchés....

vendredi 27 janvier 2012

surprise

marcher dans la boue
et s'y enfoncer mais là
l'or d'une lumière

jeudi 26 janvier 2012

"cabanes d'arbre"

                                                                                 
                                                                         Beyriat, les années soixante.

A  part ma vie furtive dans les arbres, je n'aurai jamais rien aimé autant que les moments magiques où la nuit se convertit en jour et le jour en nuit. Les bonnes aurores. Les soirs bordés d'or. Les deux bouts de la nuit, les deux bouts du jour.
(...)
 On avait pris l'habitude de ne plus me demander où j'allais ni quand j'avais des chances de réapparaître. L'échappée à grandes jambes me menait à tout bout de champ encore un peu plus loin, jusqu'aux lisières de la vaste forêt médiévale, là où commencent vraiment, tout au fond du vert électrique des prés, le sérieux de la pente, l'or et le brun caillé des bois. J'allais dans mes arbres, vivre comme je l'entendais, comme un singe voleur d'alphabet, un idiot d'arbre, saoul de pluie ou de grande lumière.

Mes cabanes d'arbre étaient plus frustes que le plus dépouillé pavillon de sage dans les montagnes chinoises.
(...)
J'étais perché si haut que j'aurais pu essorer la cotonnade trempée des nuages mis à sécher, leur blanc de slip et de maillot-de-corps, les couches du petit jésus qui pisse du soleil clairet dedans, nom de dieu de nom de dieu, l'enfant de salaud ! . . .
(...)
La-haut seulement j'étais vraiment tranquille. Là-haut seulement j'étais libre comme je l'entendais. J'y savourais tout ce que je pouvais du crépuscule, je me rassasiais jusqu'à la dernière goutte de lumière non encore colorée par la nuit, et puis il fallait redescendre, la nuit là-haut m'était refusée. (...) Je n'aurais voulu dormir que là-haut dans mes arbres. La tête dans les étoiles, un nuage en oreiller, jonglant des arpions avec la lune comme un antipodiste.

mardi 24 janvier 2012

le vieux cerisier

mort ou pas
que la vie revienne alentour
et on en saura davantage