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mercredi 17 juin 2026

Conversation (66)

 il a élu domicile dans un coin de garage, des journées entières sur un banc au soleil du cœur de la ville, autour de lui, à ses pieds, une panoplie d’écriteaux, il discourt volontiers et malgré la dèche sensible la noblesse du maintien, il aurait été journaliste, bijoutier, enseignant,  supputations, souvent quelqu’un penché sur lui, on recueille sa parole, en passant saisir un Des produits contre, les moustiques, les tigres et les autres, ils sont morts de rire

mardi 16 juin 2026

Conversation (65) entre amies

dès le pas de la porte Sympa ce haut, tu l’as acheté où, elle l’examine avec soin, je te le connaissais pas, ça te donne, elle cherche ses mots, hésite, se reprend, caresse du bout des doigts son propre décolleté, comment dire, oui, ça, tu as l’air  moins plus féminin 

lundi 15 juin 2026

l’été,

 

vers dix heures, avant la passerelle de Gelos

à la fraîche, sous les grands arbres, le long du gave

dimanche 14 juin 2026

Lu et vu (193)

 Lu

Djamila de Tchinghiz Aïmatov

J'étais bouleversé. La steppe semblait avoir soudain fleuri, elle bougea, écarta les ténèbres et, dans cette steppe vaste, j'aperçus deux amoureux. Et eux ne me remarquaient point, tout comme si je n'avais pas existé. Je marchais et les regardais, qui, ayant oublié tout au monde, ensemble se balançaient en mesure avec la chanson. Et je ne les reconnaissais plus. C'était pourtant toujours Daniiar, dans sa chemise de soldat, dégrafée, élimée, mais ses yeux, semblait-il, brûlaient dans l'obscurité. C'était toujours ma Djamilia serrée contre lui, si timide et silencieuse, des pleurs étincelants à ses cils. Ils étaient des êtres nouveaux, merveilleusement heureux.

Est-ce que ce n'était pas là le bonheur? Car tout cet énorme amour de la terre natale qui avait en lui engendré cette musique inspirée, Daniiar lui en avait entièrement fait hommage, c'était pour elle qu'il chantait, il la chantait.

Cette même incompréhensible émotion qui me venait toujours des chansons de Daniiar à nouveau s'empara de moi. Et soudain ce que je voulais me devint clair. Je voulais les peindre.

Je m'effrayai de mes propres pensées. Mais le désir était plus fort que la peur. Je les peindrai tels que les voilà, heureux! Oui, tels que les voilà, à cette heure! Mais le pourrai-je? J'avais la respiration coupée de peur et de joie. Je marchais dans un oubli doucement enivré. J'étais heureux, moi aussi, parce que je ne savais pas encore combien dans l'avenir ce désir audacieux me réservait de difficultés. Je me disais que la terre, il fallait la voir comme Daniiar la voyait, qu'avec des couleurs c'était la chanson de Daniiar que je raconterais, que j'aurais aussi des montagnes, la steppe, des gens, les herbes, les nuages, les rivières. J'en vins même alors à penser : « Et où je vais les prendre les couleurs? On n'en donne pas à l'école : ils en ont besoin pour eux-mêmes! » Comme si toute l'affaire avait résidé seulement en cela.

La chanson de Daniiar s'interrompit inopinément. C'était Djamilia qui l'avait étreint avec frénésie, mais aussitôt elle s'était rejetée en arrière, arrêtée un instant, elle s'était jetée de côté et avait sauté à bas de la britchka. Daniiar, indécis, tira les rênes, les chevaux firent halte.(99, 100)

Des jours et des nuits à Chartres de Henning Mankell (théâtre)

Le serment d’Europe de Wadji Mouawad  (théâtre)

Vu

Cinéma 

Certains l’aiment chaud de Billy Wilder

Une année italienne de Laura Samani

Théâtre : retour d’atelier de la Compagnie L’Auberge Espagnole 

Résiste réunit deux propositions théâtrales:

Vera de Petr Zelenka

Deux histoires où la vie personnelle des protagonistes va être bouleversée par la dure réalité de la mondialisation. 

Une directrice de casting perd tout à cause du rachat de son entreprise par une société étrangère: pouvoir, chute vertigineuse, trahison, cynisme.  


Sing my life de Cathy Min Jung

Un groupe d'ouvrier·ères dont l'outil de travail est délocalisé en Chine s'organise pour lutter, protester, se défendre tandis que l'une d' elles participe à un concours de chant. Entre paillettes et huile de moteur, télé-crochet et usine, garde d'enfants et manifestations, quand le quotidien est bouleversé par la nécessité de faire des choix pour s'en sortir, rêver et lutter.

jeudi 11 juin 2026

petites choses (158) qui touchent

un bébé hirondelle tombé du nid dans les mains, une échelle posée contre la poutre de l’étable, il s’apprête à poser le pied sur le premier échelon, elle surgit et l’observe Ah ! Tu veux la remettre avec les autres, c’est vrai qu’avec tous les chats qu’on a en ce moment, puis tourne vire s’agite, mais tu sais qu’elle boîte cette échelle, manquerait plus que tu tombes, attends, je vais te la tenir, lui imperturbable tâte, premier nid les oisillons sont plus grands que celui qu’il tient dans les mains, deuxième plus petits, le troisième semble le bon, pas de rejet quelques heures plus tard, à deux une opération sauvetage du bébé hirondelle réussie, ils sont contents, depuis tout le monde a pris son envol,  une année à hirondelles, une comme ça, longtemps qu’on n’avait pas vu 

mercredi 10 juin 2026

conversation (64)

trois hommes au comptoir, d’eux seulement leur dos, l’un parle fort, grands gestes, faconde, intarissable, les deux autres se taisent, subissent peut-être, les femmes, ses conquêtes, il déroule, tout le monde en profite, puis une pause, il reprend son souffle,  conclusion qui sait,  C’est vrai que je suis un homme volatil