lu
Née contente à Oraibi de Bérengère Cournut
«Ma fille, tu as maintenant le précieux pouvoir de porter la vie. Tu as encore le temps avant d'accomplir ton destin de femme et de mère, mais d'ici quelques semaines, tu te soumettras au rite de puberté en t'éloignant quelque temps du village. Plus tard, il te faudra choisir un mari. » Nous étions toujours dans la pénombre et la voix de ma mère s'est faite sourde, presque lointaine. « Un mari qui... comment dire? Un mari capable de te dispenser ses bienfaits aussi bien le jour que la nuit. C'est-à-dire un homme sachant travailler, mais sachant également t'aimer. Et souviens-toi de ceci: peu importe si comme les nuages cet homme a de temps en temps des airs menaçants. L'essentiel n'est pas là. Reproche-t-on à l'orage de gronder avant de répandre la pluie? Reproche-t-on aux torrents d'être furieux quand ils dévalent les falaises et irriguent la plaine?» (p 61, 62)
La route qui mène au pays de Chigoze Obioma
Le dîner arrive - un généreux plat d'èba et de morue séchée en sauce d'ogbono, dont les hommes sont en train de parler. C'est le meilleur repas que Kunle ait fait depuis celui qu'ils ont pris chez Felix. Tandis que la nourriture se pose en lui, il se sent heureux, ici, et en sécurité. Toutefois il n'arrive pas à comprendre pourquoi il éprouve en même temps un grand découragement. C'est le schéma que suit son esprit au Biafra. Avant d'entrer dans l'armée, il avait des sentiments mieux délimités, tandis qu'ici ses émotions s'enroulent les unes dans les autres comme des plantes grimpantes. Il est heureux, et puis voilà qu'une tristesse entre dans sa journée sur des roues invisibles et se fait exploser. Là, il comprend que c'est la nourriture qui l'a attristé : s'il n'était pas venu ici, à la recherche de Tunde, il aurait repris la fac et mangerait la cuisine de sa mère ou irait au restaurant proche de son appartement. (p 206, 207)
Vu
Cinéma
Le bon, la bête et le truand de Sergio Leone
Exposition
Estives par David Le Déodic à la Médiathèque
"Au fil de mes reportages pour le journal Sud Ouest, j'ai eu l'occasion de parcourir les estives et les paysages de montagne.
Je ne suis pas un spécialiste de cet univers mais certaines rencontres, certaines lumières et certains instants m'ont particulièrement touché.
Ces photographies sont nées de ces moments-là. Notamment, les troupeaux dans l'immensité des paysages, les gestes de bergers, et la montagne qui rythme le quotidien".







