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samedi 25 janvier 2020

vieillir (27)

avec une amie, au Berry, la brasserie institution paloise, se faufiler pour se glisser sur la banquette, son manteau effleure la corbeille à pain du voisin, une tranche dégringole, lui, à son téléphone, il le quittera juste le temps d'engouffrer sa nourriture, rapide coup d’œil déjà peu amène vers sa veste, son visage se détend légèrement, elle n'a rien puis regard vers sa voisine de banquette, et dans l'instant le voir ajuster le masque du glacial excédé, et à nouveau le téléphone, fort, imposant, un ogre, face à lui, un frêle jeune homme, au téléphone lui aussi, l'air transi, un rien gêné, peut-être sur la sellette, brefs échanges, le brouhaha de la salle, surnagent des bribes d'anglais, de français, puis l'addition et ils s'en vont, soupir d'aise, Elle, acide Fut un temps où ça l'aurait pas gêné tant que ça que j'effleure sa manche mais le voilà qui revient, il fouille la banquette du regard, se penche, ah ! son couvre-chef et  s'éloigne Fut un temps où il n'oubliait pas ses petites affaires, se regarder et rire ensemble, une légèreté

samedi 11 janvier 2020

à l'étable


un compagnonnage
que ruminent-elles donc 
calmes et pensives



dimanche 5 janvier 2020

l'année commence à peine,



 des menottes agiles,
ils s'activent joyeux,
sur le sable, un sourire,


une caravelle cingle vers l'ailleurs,
embarquer avec eux

vendredi 27 décembre 2019

"une victime des intempéries en Pays Basque"

on a dit dans le poste, juste le temps de penser Il a dû faire encore plus vilain qu'ici, et on est passé à autre chose, puis son message, et quelque chose casse dans l'ordonnancement du jour, on espère avoir mal entendu, soudain la victime des intempéries a un visage, celui de P'tit Louis comme on l'appelait affectueusement entre nous, un familier de la ferme natale, on le voyait le dimanche, il allait prendre le pain au village à côté et au retour s'arrêtait parfois prendre le café, un basque magnifique, fluide, imagé pour des échanges à bâtons rompus, tout y passait, les difficultés de l'agriculture, le devenir des petites fermes, les parties de pelote à Saint-Jean-Pied-de-Port, un peu de la vie des uns et des autres... dans l'utilitaire, à la place du conducteur, fidèle et patient, l'attendait son petit caniche, pourquoi un caniche, il l'avait raconté un jour, histoire oubliée et perdue maintenant, ils ne se quittaient pas, puisse l'arbre qui s'est écrasé sur leur voiture les aient emportés ensemble, quelqu'un à l'enterrement "sur cette ligne droite, les arbres tu les cherches", une sidération partagée, une vie, ça peut donc s'arrêter comme ça, il faut croire que la Faucheuse l'attendait

jeudi 26 décembre 2019

vieillir (26) : ça promet

place Clémenceau, l'effervescence contagieuse des veilles de Noël, bras débordant de cadeaux, comment fermer son porte-monnaie, un coup de vent, un billet s'envole, son pied dessus, soulagement, lever les yeux, de grands cheveux blonds épars, la petite quarantaine élégante, un caniche au bout d'une laisse, qui des deux tire l'autre, me gourmandant presque "eh ! mais il faut se poser..." et devant mon regard interloqué "oui, je n'arrête pas de le répéter à ma mère" sa voix claque dans le brouhaha,  "SE PO-SER" un léger sourire et elle disparaît dans un sillage parfumé

vendredi 20 décembre 2019

conversation (9) : pot de fin d'année

je travaille encore, jusqu'à soixante-sept ans si je peux, à mi-temps ça ne me fait pas beaucoup mais mon mari a une bonne retraite et comme ça je peux faire des cadeaux à mes trois enfants, on leur a ouvert un compte à chacun, en cas de coup dur ce sera là mais ils ne doivent pas y toucher, ils le savent, ils nous critiquent, on est trop économes, c'est maintenant qu'ils faut vivre, nous poussent à voyager, à dépenser nos sous,  je te donne un exemple, mon aîné et sa femme, trente ans, mariés il y a peu, viennent de construire une maison, des traites pour trente ans, déjà ça nous effraie mais on s'est dit, Maintenant ils vont se calmer pour un moment, mais non, ils reprennent un crédit, des traites, je te le donne en mille, des traites pour une piscine, il leur faut tout, tout de suite, à quoi ils pensent, on ne les comprend pas

samedi 16 novembre 2019

petites choses (9) qui réjouissent le coeur

il est à quelques mètres, les jambes presque dans le vide, sur le point le plus extrême de la falaise, la caresse du soleil, le souffle de l'océan, prendre sa place, ça y est, voilà qu'il bouge, il va partir, non, il plonge sa main, un objet au bout de ses doigts, le temps de penser, pas un selfie et c'est un minuscule calepin, un crayon aussi, son regard furète, il observe, se penche, note quelques mots, se redresse encore, vous vous éloignez