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dimanche 7 juin 2026

Lu et vu (192)

 Lu

La promenade de Mária Földes

Né sur des pissenlits de Jocelyn Danga

Le printemps s’amuse de Vladimir Tendriakov

Vu 

Exposition 

L’art au service des travailleurs au musée des Beaux-Arts de Pau

Romain Bely pour Sud-Ouest dimanche (extraits)


Le Musée des Beaux-Arts poursuit la redécouverte de ses collections.

Cet été, il s'intéresse à « l'art au service des travailleurs ». Une relation complexe du désintérêt à la lumière en repassant par l'ombre...


Sud-ouest dimanche de ce jour


« Cela fait un an et demi que je suis ici et que je recherche des expositions qui mettent en valeur nos collections », indique Fabien Leclerc, le directeur du musée des Beaux-Arts de Pau, alors qu'il pousse les rideaux de la première salle d'exposition temporaire. « Ce sont parfois des expositions extérieures appuyées par deux ou trois œuvres du musée. Avec cette exposition, c'est l'inverse. L’ambition est de montrer en majorité des oeuvres de notre collection.»

Le musée des Beaux-Arts palois a été créé en 1860 et compte nombre de tableaux réalistes de la seconde moitié du XIXe siècle. Pour les présenter, le thème du travail a été envisagé mais le champ était trop vaste. Le zoom s'est arrêté sur les travailleurs et comment l'art rend leur rend service, les représente ou les ignore. Car c'est bien de cela qu'il est question dans la première salle de ce parcours.

« Ce thème du travail n'est pas nouveau au XIXe siècle, il a déjà été évoqué sans pour autant se concentrer sur les gens qui travaillent, poursuit le directeur du musée. (…) Le travailleur amène de la figuration mais il n'est pas central »



Les temps changent dans la deuxième salle. Avec Zola ou FlauBert, le courant réaliste imprègne la France à partir des années 1860.

Les classes sociales populaires deviennent sujets artistiques. « On montre des travailleurs plus popumaires, des gens qui travaillent et dorment dans la rue. Les lingères notamment, une grande corporation parisienne de l'époque, qu'on représente ici avec leur tas de linge sur le dos. » Les peintres dénoncent les conditions de travail de ces populations qui cuvrent jusqu'à quatorze heures par jour pour des salaires de misère. » Le visiteur redécouvrira ici un Degas qu'il connaît par cœur : « Le Bureau de coton à La Nouvelle-Orléans » et cet homme qui parcourt les cours de la marchandise sur son journal. Il voisine avec un autre tableau du maître : les « Repasseuses » où une première ouvrière baille sans retenue tandis que sa voisine s'acharne avec son fer. »

Sur l'autre mur, deux photographies de gens travaillant dans les mines du Forez, près de Saint-Etienne, en1895. Ainsi que d'œuvres qui n'ont pas été exposées depuis longtemps représentant des ouvriers espagnols à Pau.

Trois grandes toiles sombres de la Béarnaise Isabelle Vénat, qu'on retrouvera dans la quatrième salle. Cette peintre qui essuya les remarques misogynes à l'époque est l’une des découvertes de cette exposition. 

Troisième univers, celui des luttes sociales. « La seconde moitié du XIXe c'est aussi l'essor des droits des travailleurs. Y a des syndicats dans toutes les professions avec la loi Waldeck Rousseau de 1884 après la grève des mineurs d'Anzin, près de Valenciennes.

Le grand tableau de Jules Adler, « La grève au Creusot » montre cette nouvelle réalité. Au XIXe siècle, les usines Schneider au Creusot sont les plus grandes de France. En 1898, l'accélération des cadences essore les salariés qui se mettent en retrait. Un tableau XXL qui marque par le visage de son personnage central, ses grands drapeaux bleu blanc rouge et cette ligne de mains qui se tiennent en tête de cortège. L'une des œuvres les plus iconiques du Musée.

La dernière grande salle raconte l'évolution des regards du XIXe au XXe siècles. Le labeur toujours, avec un exceptionnel quadriptyque d'un marché aux bestiaux place de Verdun attire tous les regards. Il a été réalisé par Camille-Félix Bellanger en 1921 et acheté par le Musée en 2003 après avoir longtemps décoré un intérieur qu'on devine assez spacieux. Un nouveau grand tableau d'Isabelle Venat présente « Deux orphelines »: une des sœurs est en train de recoudre un drap, l'autre écrit sur un carnet. Quatre gravures représentent la prostitution dans les années 1920-1930.

Place enfin à l'art moderne et aux nouveaux combats. Deux travailleurs noirs au bord de leau avec des énormes blocs de béton et une femme nue. Une toile aux couleurs vives montre un ouvrier du rail qui scie la voie après un déraillement. Une autre boucherie apparait mais cette fois, le patron est au centre de la toile. Ramiro Arrue dépeint de pêcheurs basques dans les arrondis dont il a le secret.

Puis soudain, « il y a moins de représentation des travailleurs, observe Fabien Leclerc. Ils reprennent une place secondaire. »

Le décor importe plus que l'incarnation. Un balancier définitif ?

Pas tout à fait, puisqu'une dernière petite salle nous attend qui campe tantôt des ouvriers en rang d'oignons dans une usine de RDC.

La photographie de Sammy Baloji dénonce le néocolonialisme industriel en faisant apparaître ces petites fourmis au pied du mastodonte de fer qui doit servir à extraire le vivre des mines du Katanga.(…)


Henri Cueco

Uzerche 1929 - Paris 2017

La Capture du rhinocéros

1970

acrylique et laque sur toile

achat de la Ville avec le concours du FRAM Aquitaine,

2004


 Témoignage d'une époque traversée par de nombreuses turbulences sociales, politiques ou idéologiques, mais aussi par un formidable espoir de renouveau, La Capture du rhinocéros, exécutée en 1970, relève de la série dite des Hommes rouges, thème traité par l'artiste de 1968 à 1971.

Signe d'un engagement fort, Henri Cueco représente dans cette toile, comme une révolution en marche, les manifestations et les combats que mènent les hommes pour s'affranchir des normes devenues contraignantes et inadaptées.

Inspiré par la pièce d'Eugène lonesco, Rhinocéros, fustigeant les comportements de la foule qui cède à une épidémie de rhinocérite, métaphore des dérives du fanatisme et des systèmes totalitaires, l'artiste, tout en évoquant conflits et contestation, milite ostensiblement pour l'émancipation des peuples.

Pour exprimer cette révolte, Henri Cueco a recours à d'imposants aplats de couleurs primaires qui contrastent avec la violence de la scène. Rehaussés d'une laque brillante, ils ne sont pas sans évoquer les codes esthétiques des médias et de la publicité. L'aliénation décrite par Eugène lonesco fait ainsi écho à celle, montante, de la société de consommation, que les artistes de la figuration narrative entendaient dénoncer.

Au-delà de son importance pour le fonds grandissant consacré à la figuration narrative, cette importante composition, acquise en 2004, compte désormais parmi les œuvres les plus significatives de la seconde moitié du XX* siècle du musée des beaux-arts de Pau.

Cinéma 

Bait de Mark Jenkin

Mémoire de nos pères de Bernard Semerjian et Jacques Augié 

La République des Pyrénées, 4 juin 2026

vendredi 5 juin 2026

vieillir (136)

une visite à son grand-père, presque cent ans, le fauteuil roulant et un coin à l’ombre sous les grands chênes, une complicité venue de loin quelques rires et le moment de se séparer, fauteuil en sens inverse, l’ascenseur, la chambre, le petit-fils va refermer la porte, s’en aller et sa voix, celle du temps d’avant, altière urbaine et policée Je ne sais pas qui vous êtes jeune homme mais grâce à vous, j’ai passé un excellent moment, je vous remercie 

jeudi 4 juin 2026

récup’ (7)

 

boire, prendre un bain ou plus simplement marquer une pause là, le champ était ouvert 

mercredi 3 juin 2026

Petites choses (156) qui réjouissent le cœur

 


Basse-Plante, commodément assis face au château, un homme plongé dans sa lecture par un frais dimanche matin 

mardi 2 juin 2026

Petites choses (155) à savourer


 elles en font leur miel de la Vallée Heureuse à Gelos, les abeilles 

lundi 1 juin 2026

parole de (15) podologue

les semelles s’échappent de la sandale, elle C’est rien, on va scratcher, regardez, il ne faut pas se tromper, la partie féminine doit être de votre côté, oui, féminine, touchez, vous sentez ? c’est doux, pour ça qu’on dit comme ça, de l’autre côté c’est la colle 

dimanche 31 mai 2026

Lu et vu (191)

 Lu

Aimer de Sarah Chiche 

Très brève théorie de l’enfer de Jérôme Ferrari 

Les orphelins d’Eric Vuillard

Vu

Cinéma 

Little trouble girl de Urska Djukic

Bus Stop de Joshua Logan

Exposition

Gilles Caron Le monde d’hier au Parvis de Pau

Né en 1939 à Neuilly-sur-Seine, disparu en 1970 près de Saâng, Cambodge. La brièveté de cet énoncé dit tout. Gilles Caron fut un météore génial qui se plaça d'entrée dans le groupe des meilleurs photographes de son époque.

En seulement cinq années de carrière, il réalise plus de 500 reportages pour les plus grands magazines et pour l'agence Gamma, dont il est l'un des fondateurs. Aux côtés de Don McCullin ou Raymond Depardon, il s'impose comme l'un des plus grands photographes de presse du XX* siècle.

Reporter de guerre, observateur des mouvements sociaux, photographe de cinéma, de mode ou de rue, Gilles Caron saisit avant tout l'humain au contact de l'actualité la plus immédiate, la plus glamour, comme la plus tragique.

Mais c'est peut-être comme photographe de guerre qu'il est le plus impressionnant. Ses images ne montrent pas seulement la violence des événements : elles révèlent les regards, les gestes, la fragilité et le courage des hommes face à l'histoire. (…)


Lecture musicale au Parvis Leclerc d’extraits de Les hauts de Hurlevent par Julie Depardieu accompagnée du mandoliniste Julien Martineau 


À Vitoria

au musée d’art contemporain Artium Museoa



L'artiste d'Alava Raisa Álava (Zuaza, 1990) inaugure un cycle de  présentations consacré aux pratiques liées à l'illustration et aux processus éditoriaux. 



En dialogue avec l'iconographie et les processus de son travail, l'exposition rassemble du matériel graphique et éditorial - affiches, fanzines, cahiers de notes et bandes dessinées - réalisés au cours des cinq dernières années.



Tant dans son travail personnel que dans celui développé dans différentes collaborations, Álava établit un lien entre les expériences vécues et imaginées. La mémoire collective et les processus aléatoires forment des images saturées d'informations, construites à partir de perspectives forcées et mettant en scène des figures déformées.


Parmi ses dernières collaborations figurent celles réalisées pour Bloomberg Businessweek, The New Yorker ou The New York Times, ainsi que des affiches telles que celle qui a fait la promotion du Tour de France dans son édition 2023 et celle de l'Azkena Rock Festival de Vitoria-Gasteiz.


le musée des Beaux-Arts 


Aurelio ARTETA

Bilbao, 1879 - Ciudad de México, 1940

Triptyque de la guerre. Le front. L’exode. L’arrière-garde ,

vers 1937-1938

huile sur toile



détail 

détail 


Ignacio Díaz Olano a peint cette huile de grand format en 1899 et l'a présentée en 1901 à l'Exposition nationale des beaux-arts, sous le titre de Midi. Il est actuellement connu sous le nom de Prière de l’Angelus (…)
L'œuvre est un hommage exceptionnel au travail dans les champs, sans oublier la coutume religieuse qui paralysait le travail à midi pour prier. Le peintre a réalisé de nombreux croquis préparatoires à Estarrona, une petite ville près de Vitoria, pendant l'été 1899. On observe dans la peinture un intérêt particulier pour la réflexion sur la lumière du soleil de midi ; nous apprécions son incidence sur la paire de bœufs et sur le paysan lui-même, dont les ombres sont projetées sur la terre nouvellement labourée 
Le peintre cherche à représenter des scènes quotidiennes dans un environnement rural, avec des personnages réels effectuant les activités habituelles et en les transférant sur la toile, il obtient que celles-ci soient dignes. 

une exposition temporaire ESTAMPES DE GOYA DANS LA COLLECTION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS D'ALAVA

Les quatre grandes séries d'estampes de Francisco de Goya (1746-1828), Caprichos, Desastres de la guerra, Tauromaquia et Disparates, sont incorporées à la collection du Musée des Beaux-Arts d'Álava en 2022 provenant de la Fondation Juan Celaya Letamendi, en tant que don ou paiement en nature de dettes fiscales à la Diputación Foral d'Álava.


Ez dute nahi / Elles ne veulent pas


Le regard de Goya sur le monde qui l'entourait et la manière dont il l'a capturé dans ses gravures, forme un univers dans lequel la réalité et l'invention se combinent de manière indissoluble.


On ne peut pas regarder 


L'intérêt pour son œuvre réside non seulement dans la qualité artistique, mais aussi dans l'actualité des thèmes qu'il nous montre et dans la façon dont il nous les montre : l'irrationalité de l'être humain, la violence qui semble inhérente à lui, les conséquences néfastes des guerres, les abus d'autorité, l'injustice des puissants, l'inégalité sociale, les problèmes générés par la mauvaise éducation des jeunes ou la croyance aveugle dans les mensonges divulgués à la population par le pouvoir.


Barbares, eau-forte, gouache polie et pointe sèche


DÉSASTRES DE LA GUERRE


Ce recueil de 80 estampes s'inspire de la Guerre d'Indépendance (1808-1814). Elles représentent des scènes de violence et d'atrocités typiques de tout conflit armé ; des images saisissantes d'une grande force dramatique, où la mort est le thème central.

Goya laissa cette série inédite en raison du contexte politique qui suivit le retour de Ferdinand