Rechercher dans ce blog

lundi 13 juillet 2026

Conversation (70) au marché

il est derrière son tout petit étal de miel Cette année, pas de miel de châtaignier ou alors avec beaucoup de ronces, tout a fleuri en même temps, regardez sa couleur et comparez, vingt jours de pluie d’affilée, je connais, je suis d’ici, mais ça, cette chaleur, non, c’est le temps qui est pas d’ici 

dimanche 12 juillet 2026

Lu et vu (197)

 Lu

Jehanne de Violaine Bérot

Ce que j’appelle oubli de Laurent Mauvignier 

(…) - mais n'ayez pas peur, être coupable, on n'en meurt pas, ça vous rongera peut-être, on ne sait jamais, même si aucun de vous n'a dit qu'on ne doit pas tuer un homme pour si peu, non, parce que vous avez seulement pensé, putain, je vais foutre ma vie en l'air à cause d'un sale petit connard et l'idée de la prison et l'humiliation pour les enfants à l'école, des fils d'assassins, c'est ça, ce qu'ils ont fait de leurs enfants et qu'ils porteront comme une injure à leur avenir, des fils de taulards, de voyous, et si on les met en prison trop longtemps, est-ce que leur femme prendra un amant, les femmes qui continuent à vivre et à sortir pendant qu'ils rumineront les mots du procureur ? car ils s'épient les uns les autres et la belle entente s'est fissurée à coups de murmures et d'insinuations, c'est toi qui as frappé le premier, toi qui as frappé le plus fort, toi qui n'as rien dit, toi - sauf que pour l'instant ce n'est pas ça, et même le visage du procureur ne s'est pas immiscé en eux, ils savent qu'ils auront juste à dire qu'évidemment ils ne voulaient pas tuer, bien sûr on ne voulait pas qu'il meure, il avait l'air tellement paumé avec son survêt et son tee-shirt jaune et noir, (…) p 30, 31


(…) d'où il est, il pourrait dire je vaux, je valais, une vie doit valoir un peu plus qu'une bière, un pack de six ? de douze ? de vingt-quatre bières, non, tu crois ? c'est trop ? et est-ce qu'en amassant de quoi remplir un Caddie le procureur aurait trouvé que c'était le juste prix et que ça ne valait pas plus? que cette fois ils pouvaient y aller et lui donner une bonne correction et le faire payer plein pot alors que c'est lui qui leur a laissé sa vie là où d'autres auraient eu le droit d'être craints et respectés, tu vois, on se dit que des bagarreurs auraient été respectés plus que lui, un de ceux-là qui d'habitude traînent en bande, il aurait été respecté et craint et peut-être qu'il aurait sorti un couteau pour tracer dans l'air comme une barrière pour les retenir, et il n'aurait pas subi comme lui, quand les coups ont plu et qu'il n'a pas eu un geste à part ce réflexe vieux comme la mort de vouloir s'en protéger, les mains devant le visage comme pour refuser de voir et de comprendre ce qui allait arriver plus que pour parer les chocs - et, ce que je me dis, c'est que ton frère, quand un mot surgira pour s'évanouir aussi vite que cette fulgurance au moment de saisir qu'il était mort, oui, ton frère, il sera pour toi comme une lacération dans ta vie, et tu voudras comprendre, (..,) p 40, 41



Vu

cinéma 

Darling de John Schlesinger

exposition 

au Parvis Leclerc : Jacques Henri Lartigue L’oeil absolu (1er volet)

vendredi 10 juillet 2026

à la ferme (23)

 


il avait là son champ de patates, quand le fils a construit pile là, ailleurs ça se pouvait pas, on fait pas ce qu’on veut avec les règlements, il a râlé un peu, à peine, pour le principe, au quart de tour il démarre Mattín, terre reçue transmise, ça ne compte pas qu’un peu, une satisfaction, 


de la place encore pour un potager, ça occupe un potager, et la patate plus loin au champ d’en bas,

vers Hasparren, 27 juin

bientôt les premières tomates 

jeudi 9 juillet 2026

par les sous-bois (23)



la souche est restée, 

narguer la scie,

même pas mal,

s’accrocher à la terre, 

l’espoir d’un futur,

sursis

mercredi 8 juillet 2026

par les sous-bois (21)

 

un berceau de racines, 

généreux bénitier,

plonger la main,

au bout des doigts une fraîcheur, 

temple ouvert temple offert 

vibrantes présences

mardi 7 juillet 2026

à la ferme (22)

 

des terres-neuves. on a défriché, lutté pied à pied, des pierres de la fougère, pour arracher quelques hectares de prairie, 


on n’a pas osé voulu toucher aux chênes, leur beauté, de l’ombre pour les bêtes, puis qui dans ceux qui viennent aurait la patience de replanter, du temps avant que ça devienne adulte un chêne, trente ans, cinquante ans, au juste on ne sait pas, on les a toujours connus, sans eux un trou dans le paysage 

lundi 6 juillet 2026

à la ferme (21)

 


un orage matin

il a plu sur les hortensias 

les voilà un peu requinqués


le premier voisin, 

comme un titre, 

le premier voisin puis les autres,

ici, au Pays Basque, 

celui à qui on demande et donne des services 

une place particulière dans les rituels du deuil

le premier voisin donc a bien ouvert aux poules et donné du grain  

on peut compter sur lui

un bon premier voisin 

une obligation ailleurs 

ils sont partis tranquilles