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dimanche 15 mars 2026

Lu et vu (180)

 Lu

Une trajectoire exemplaire de Nagui Zinet

La Survivance de Claudie Hunzinger

Toute une moitié du monde d’Alice Zeniter

Cet enfant de Joël Pommerat (théâtre)

LE FILS (explosant). S'il te plaît... je n'ai pas envie de te parler... surtout... ne me fais pas dire ce que j'ai sur le cœur, s'il te plaît.... tu es tellement fier de ton éducation... tu es tellement fier de ta loi celle que tu as réussi à m'imposer... tu es tellement fier de ta force... tu es tellement fier du résultat. (Il se lève.) Regarde comme tu peux être fier du résultat... Regarde-moi, oui, tu peux être fier, tu m'as dressé comme il faut... Tu m'as bien dressé, jamais tu n'as eu à te plaindre de moi... Je ne t'ai jamais coupé la parole à table... Je ne t'ai jamais manqué de respect devant tes invités... Je n'ai même jamais pris la parole en ta présence avant que tu m'autorises à le faire... même lorsque nous étions en famille... même aujourd'hui, tu ne peux pas imaginer comment je dois prendre sur moi pour arriver à te parler... pour oser te parler... Parce que je t'ai toujours craint sans que tu aies besoin pour cela d'élever la voix... Tu m'as terrorisé toute mon enfance, toute mon adolescence, toute ma jeunesse... Oui, tu peux être fier... Je t'ai craint comme un enfant doit craindre son père selon toi... et même encore aujourd'hui, alors que tu es là dans un coin sur ta chaise toute la journée... et qu'on t'entend à peine parce que tu parles toujours à mi-voix, comme si tu avais peur de déranger... eh bien oui j'ai peur, je continue à te craindre à trembler à l'intérieur... J'ai peur de toi... dès que tu rentres dans la même pièce que moi... dès que tu t'approches de moi... dès que tu m'adresses la parole, je me sens mal j'ai des nausées je sens monter en moi une vraie peur à l'intérieur... c'est plus fort que moi. J'aimerais tellement me débarrasser de cette peur... cette peur m'épuise elle me fatigue elle me détruit... Si je suis agressif la plupart du temps je sais bien que c'est pour essayer de camoufler cette peur... mais j'aimerais tellement pouvoir en finir avec cette agressivité, cette agressivité avec les autres et avec moi-même... J'aimerais tellement, j'aimerais tellement épargner à mon propre fils cette peur... J'aimerais tellement lui épargner cela...

J'aimerais tellement que mon fils puisse me regarder sans ressentir cette peur, sans trembler...

J'aimerais tellement pouvoir m'approcher de mon fils sans lire de l'angoisse et de la peur dans son regard.. Excuse-moi, papa, mais j'aimerais tellement être avec mon fils autrement que ce que tu as pu être avec moi... J'aimerais tellement que mon fils puisse ressentir pour moi autre chose que ce que je peux ressentir moi pour toi... J'aimerais tellement j'aimerais tellement cela, si cela pouvait être possible... Excuse-moi, j'aimerais tellement être différent de toi. 


Il sort. Restent le père et la belle-fille. Sans voix.

(p 26, 27)


Vu

Cinéma

Le Sud de Victor Erice

Rue Málaga de Maryam Touzani

Spectacle 

Imminentes de Jann Gallois 

vendredi 13 mars 2026

le retour des cerisiers en fleur

 


à moins que des merisiers dans le parc du château, 


et même le très vieux au bord du gave


jeudi 12 mars 2026

Petites choses (140) qui font chaud au cœur

des pas pressés derrière vous, une jolie frimousse à votre hauteur, valise à roulettes, petit sac, elle a couru pour vous rattraper Vous vous souvenez de moi? un prénom italien léger et dansant On faisait du théâtre, le Petit Prince, si loin tout ça, j’étais amie avec Delphine, d’ailleurs on continue à partir en vacances ensemble, tenez je vais vous montrer une photo de nous en sixième, coin de trottoir, le s’étire joyeusement sous la pluie Tu as cinq minutes, on prend quelque chose ? coup d’œil rapide à sa montre, elle a une montre, j’ai cinquante minutes, je dois prendre le bus pour Morlaas, ma grand-mère m’attend, on vit ensemble toutes les trois avec ma mère, plus tard devant un chocolat, moi aussi j’avais envie d’un chocolat, je suis en médecine à Bordeaux, cinquième année, oui le concours bientôt, presque une indifférence, j’aimerais être gérontologue mais je ne veux pas faire que ça, je fais du théâtre, un super prof, on monte nos propres textes, je lis toujours, La servante écarlate, oui. c’est bien, la série aussi, le ciné, vous avez vu La Fille de Feu ? dans un élan, comme un espoir, vous avez aimé aussi ?  des coups d’œil à sa montre et soudain il est presque trop tard, elle s’échappe en courant

mercredi 11 mars 2026

Petites choses (139) qui font sourire

toute ronde, mine réjouie, une prof  La cheffe a présenteé la DGH (dotation globale) en plénière, chez nous, l’enveloppe Pass Culture passe et elle détache les chiffres de 19 000  à 7000 euro, soupir mi désolé mi rieur, ah ! si je pouvais maigrir comme le Pass Culture 

lundi 9 mars 2026

dimanche 8 mars 2026

Lu et vu (179)

 Lu

L’envers de la peau de Jefferson Tenório

Kanaky Sur les traces d’Alphonse Dianou de Joseph András

Vu

Cinéma

La maison et le monde de Satyajit Ray présenté par Amandine d’Azevedo

Le Mirage de Nirad Mohapatra

Conférence illustrée par Ophélie Wiel : Panorama des Cinémas indiens 

Vu

Bilbao 

Guggenheim 

exposition Arts de la Terre

Jean Dubuffet

L'exposition Arts de la Terre propose une relecture des transformations que les pratiques artistiques ont connues au cours des dernières décennies dans le contexte d'une crise environnementale de plus en plus évidente et incommensurable. 

Augustín Ibarrola

Dessinant une cartographie multidisciplinaire et diversifiée, l'exposition offre un inventaire possible d'outils, de prototypes et d'hypothèses. Ceux-ci ne se présentent pas de manière "Prescriptive", dictant ce qui devrait être fait, pensé ou ressenti, mais plutôt documentaire, recueillant des signes du virage qui, au cours des 60 dernières années au moins, a affecté la production esthétique tant en ce qui concerne les matériaux que la conscience de ceux-ci. 

Daniel Steegmann Mangeané

Cette transformation est attestée par un bon nombre d'œuvres historiques, partiellement ou totalement reconstruites, recréées ou réactivées, ainsi que des pièces contemporaines qui, loin de vouloir durer éternellement, ouvrent la voie à une économie circulaire de l'art. Leur existence est donc subordonnée au maintien des écosystèmes desquels ils proviennent et auxquels ils reviennent.

Joseph Beuys

Des artistes de plusieurs générations du passé récent et appartenant à des cultures très différentes se sont demandés comment travailler avec la terre lorsqu'elle a le plus besoin de soins et de réparations ; comment apprécier et rendre la pareille à ses dons ; comment apprendre de ce qu'elle nous apporte, alors qu'elle semble dépouillée de sa richesse originelle. (…)

María Cueto

à l’Alhondiga, Anonyme de Txuspo Poyo

Anonyme est la plus longue exposition de Txuspo Poyo réalisée à ce jour. Une large sélection de projets provenant de différents moments et contextes est présentée pour la première fois et, de manière ouverte, dialoguent entre eux.

Les marteaux 

 Tous reflètent la complexité et les changements de paradigme d'une époque en constante transformation. D'autre part, Anónima est un territoire que l'on atteint, une sorte d'expérience acquise, un répertoire de ressources méthodologiques et de rencontres occasionnelles destinées à se confronter, à douter d'eux-mêmes, à se générer à travers eux-mêmes. Et Anonyme est aussi la façon dont la culture s'approprie les images, les mots, les objets, les matériaux et les héritages, les fait siens et les lance dans la sphère publique pour qu'ils servent d'autres personnes qui, à leur tour, pourront les faire circuler à nouveau.


Txuspo Poyo (Alsasua, 1963) est un artiste multidisciplinaire qui élabore des projets de longue durée dans lesquels s'entremêlent, comme dans un tissu, les domaines de recherche et les champs d'action. Tuspo Poyo ne met pas en place une méthodologie procédurale unique, valable pour tout projet, mais c'est le travail lui-même et la recherche associée qui définit une façon de procéder personnalisée et, à son tour, ce qui constitue sa disposition finale. L'anonymat dans votre cas n'est pas déterminé par le masquage de l'identité ou l'exonération de responsabilité. Il le fait par l'utilisation d'une série de matériaux, tels que du papier de presse, du celluloïd, des cartes postales, des objets d'occasion, certains provenant de collections diverses... qui dérivent d'un temps, appartiennent à un lieu et ont une paternité indéfinie. La combinaison de ces incertitudes avec la certitude qu'offre un travail à caractère prospectif fait de son travail un champ fertile en références et ouvert aux interprétations.

Les marteaux 
Les marteaux rassemblés pour cette installation font référence aux différents métiers qui ont utilisé cet outil. Aujourd'hui, beaucoup d'entre eux ont été remplacés par des machines ou ont tout simplement disparu, mais leur fonction symbolique, voire mémoristique, perdure.

Les « dire comme des clous », malgré la perte de l'utilisation de l'outil ou la disparition du métier, survivent dans le discours familier.

samedi 7 mars 2026

Conversation (58) dans le bus

 trois jeunes gens, ils parlent fort, grands gestes, au Ah ! non pas la purée, ça colle au palais, Je te dénigre pas la morue mais et ses yeux brillent. je l’aime que dans les acras, les deux autres approuvent, l’un Oui, alors, les acras, ça fracasse, une journée de Ramadan les attend, ils descendent au lycée