Même si
"Le dire ne console pas de ce qui reste à dire."
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lundi 9 février 2026
sur le crête
dimanche 8 février 2026
Lu et vu (p 176)
Lu
Le Sermon de la chute de Rome de Jérôme Ferrari
Vu
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| L'Oublié Émile Betsellère 1872 huile sur toile |
L'image de ce soldat laissé pour mort sur un champ de bataille, lors de la guerre franco-allemande de 1870-71, évoque l'histoire d'un jeune Bayonnais : Théodore Larran. Ému par son récit, le peintre Émile Betsellère, qui a lui-même douloureusement vécu le conflit, fait de son tableau un hommage aux engagés et aux victimes de la guerre.
Pierre-en-Bresse 1832 - 1908 Nay
La Fille de l'antiquaire
1891
Huile sur toile
PAUL HELLEU, ARTISTE DE LA BELLE ÉPOQUE
Né à Vannes en 1859, Paul Helleu élève à l'Ecole des Beaux arts se détourne rapidement de la manière de peindre enseignée, jugée trop académique. Il s'enthousiasme très tôt pour l'impressionnisme, et se forme en autodidacte auprès de ses amis Claude Monet, John Singer Sargent et Giovanni Boldini. Dès 1884, il attire l'attention au Salon grâce à son talent de pastelliste, année où il rencontre aussi sa future épouse, Alice, omniprésente dans son œuvre.
Figure de dandy, Helleu soigne son apparence autant que ses intérieurs.
Initié par James Tissot à la pointe sèche, technique de gravure qui permet un dessin d'une grande finesse, il séduit rapidement les collectionneurs. Son cercle comprend le poète Robert de Montesquiou-Fezensac, qui le fait connaître dans les milieux littéraires, et l'écrivain Marcel Proust, qui s'inspire de lui pour créer le personnage du peintre Elstir dans À la recherche du temps perdu.
Autour de 1900, le Tout-Paris s'enthousiasme pour cet artiste mondain aux portraits virtuoses. Sa renommée dépasse bientôt les frontières: traversant la Manche puis l'Atlantique, il peint notamment en 1912 le plafond de la gare Grand Central à New York.
Paul HELLEU
Vannes 1859 - 1927 Paris
Alice Helleu lisant sur la plage de Deauville
1892-1896
Huile sur toile
vendredi 6 février 2026
traces
champs et prairies,
couturés de barbelés,
et elles passent,
jeudi 5 février 2026
mercredi 4 février 2026
À Mérida, l’Alcazaba Cultural Center
lien sur l’Alcazaba Cultural Center
dernier étage, la bibliothèque au sommet d’une sorte de rampe en colimaçon, un drôle de petit ascenseur tube. rez-de-chaussée sur pilotis, visibles à travers de grandes baies des vestiges romains, avant même de pousser la porte un affichage et ces mots en particulier
C'était le meilleur des temps, c'était le pire des temps, l'âge de la sagesse et aussi de la folie ; c'était le siècle de la raison, c'était l'âge de la foi, l'âge de la lumière et des ténèbres ; le printemps de l'espoir et l'hiver du désespoir. Nous avions tout et nous n'avions rien. En un mot, cette époque était si si semblable à l'époque actuelle que...
Charles Dickens.
Histoires des cités (1859)
mardi 3 février 2026
vieillir (134)
ancien médecin, on est allés la chercher à l’Ehpad, des troubles de la mémoire, pour un dernier au revoir à son mari, le cercueil est ouvert, elle se penche, lui prend le pouls, sort un stéthoscope imaginaire, le pose sur son cœur, gestes immémoriaux, lui rendre vie
lundi 2 février 2026
Augusta Emérita
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| Pont romain sur le Guadiana, 15/I/2026, 17h1/4 |
Mérida, en Extremadura, la cité d’un concentré de vestiges romains et autres, wisigoths, islam…
Wikipédia : La colonia Augusta Emerita est une cité romaine fondée en 25 av. J.-C. par le légat romain Publio Carisio sur ordre d'Auguste pour cantonner les soldats démobilisés (émérites) qui avaient combattu dans les guerres cantabres. Vers 15 av. J.-C., elle devient la capitale de la nouvelle province romaine de Lusitanie. Puis, jusqu'au iiie siècle, elle devient la capitale du diocèse d’Hispanie.
Le dernier Loup de Lázló Krásznahorkai (p 35 à 38) 1ère édition, Hongrie 2009
(…) il s'en voulait terriblement d'avoir accepté cette invitation, et surtout de ne pas avoir clarifié sa situation immédiatement, car plus le temps passait, plus il s'enlisait, il était là, dans le meilleur hôtel de Cáceres et de toute l'Estrédamure, et tout en sachant qu'il ne pourrait rien écrire sur l'Estrémadure, qu'il ne jouait pas franc jeu, qu'il avait dupé les gens à qui il devait ce merveilleux voyage immérité, oui, merveilleux, il devait bien admettre que, si son attirance pour la région ne pouvait en rien atténuer sa profonde dépression, l'Estrémadure possédait un charme particulier, auquel, même s'il n'était là que depuis deux jours, il avait bien du mal à résister, et malgré l'écran de sa déprime et de sa mauvaise conscience, il trouvait, par exemple, que la nature était magnifique en Estrémadure, confia-t-il au barman hongrois, tout particulièrement la dehesa, ce paysage très légèrement ondoyant planté de chênes verts, des chênes verts appelés là-bas encina, qui ne couvraient pas l'intégralité du territoire mais, et c'était ça l'essentiel, se dressaient de façon éparse, déployant leur frondaison à une grande distance les uns des autres, c'est à cause de la sécheresse, lui raconta le chauffeur qui sortit subitement de son mutisme pour lui expliquer le sens du mot dehesa, l'eau est si rare ici que ces chênes ne peuvent pousser que sous cette forme, comme vous pouvez le voir, dit-il en désignant le paysage, il n'y a aucun fourré, aucune broussaille, il n'y a qu'une vaste étendue vert pâle, une immense plaine parsemée de quelques touffes d'herbe et de chênes disséminés, c'est ça la dehesa, vous comprenez ? oui, il comprenait, et sentait combien ce paysage le touchait, car la dehesa, dit-il, était à l'image de son âme, à l'image de quoi ?! s'exclama le barman derrière son comptoir, laissez tomber ! fit-il en trempant ses lèvres dans la bière, il voulait seulement dire que l'Estrémadure était fascinante, car non seulement la nature lui semblait merveilleuse, mais également les habitants, qui étaient, comment dire, disons tout simplement : des gens bien, des gens bien ?! haussa les sourcils le barman hongrois, oui, des gens bien, et il trouvait cela merveilleux, merveilleux et affreux à la fois, à cause de ce qui les attendait, car toutes ces nouvelles autoroutes, ces nouveaux quartiers à Cáceres, et Plasencia, et Trujillo et Badajoz, indiquaient déjà que le monde allait d'une minute à l'autre se fracasser ici aussi, car voyez-vous, dit-il en se penchant en avant et en élevant légèrement la voix pour permettre au Hongrois d'entendre distinctement ce passage malgré la musique assourdissante, voyez-vous, tout cela, cette Estrémadure se trouve en dehors du monde, Estrémadure se dit en espagnol Extramadura, et Extra signifie à l'extérieur, en dehors, vous comprenez ? et c'est pourquoi tout y est si merveilleux, aussi bien la nature que les gens, mais personne n'a conscience du danger que représente la proximité du monde, ils vivent sous la menace d'un terrible danger en Estrémadure, vous savez, ils n'ont pas la moindre idée de ce qui les guette s'ils laissent faire les choses, de ce à quoi ils s'exposent s'ils laissent les autoroutes et les magasins envahir leurs terres, la misère ici était épouvantable, j'ai vu des photographies montrant comment c'était autrefois, et effectivement la misère était vraiment épouvantable, il fallait y mettre fin, ils y ont mis fin, et ils vont poursuivre en ce sens, mais ce qui est dramatique, c'est que le seul moyen dont ils disposent pour cela, c'est de laisser le monde s'introduire, et de laisser ainsi la malédiction s'introduire, car tout, aussi bien la nature que la population de l'Estrémadure, sera frappé de malédiction, et ils ne se doutent de rien, ils ne savent pas ce qu'ils font, ni ce qui les attend, mais lui, dit-il en se désignant, il le savait, et il n'en avait pas dormi de la nuit, il était resté éveillé dans son élégante chambre d'hôtel, à se demander comment il pourrait expliquer cela aux hommes de la Fondation, il était sûr qu'ils ne comprendraient pas de quoi il parlait, et puis il ne saurait pas trouver les mots justes, c'est pourquoi, le lendemain, tout se passa exactement comme les jours précédents, (…)



















