l'émotion affleure, elle se reprend, sourit à samedi
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jeudi 4 octobre 2012
rendez-vous aux Halles "on marchait au pas des bêtes"
vendredi 8 juin 2012
lundi 30 avril 2012
mercredi 9 novembre 2011
vieil appentis
se souvenir, puis lire "la faneuse" et se rappeler aussi, la pirouette, le soleil, les andains, c'était joli, c'était l'été, l'enfance, nostalgie
(...) Enfin Victor fit sortir de la cave les fûts de cent et de cinquante litres qui restaient, lesquels, mis « su bout », avec un peu de ventre, ne montèrent qu'à la fin. (A regret le cidre de l'an passé avait été transvasé dans une barrique de Rouvier, le « berouetter » sur les routes l'aurait gâté. )
Avec des planches pour faire un pont en pente au cul de la charrette (...) Victor a réussi à faire grimper successivement ses outils de champs plus ou moins démontés : brabant, rouleau, herse de fer articulée, semoir, faneuse, râteau, lieuse pour les céréales.
Ferraille rouge, grande roue à aubes de bois dont la peinture blanche s'usait en abattant les tiges que la scie coupait au pied, attelage à deux juments de front et une devant celle de gauche: la Mac Cormick avait gagné notre campagne, évitant aux cultivateurs de lier les gerbes à la main, on ne le faisait plus que pour « les perces », sur le tour du champ, qui facilitaient à la mécanique l'entrée dans le flot céréalier.
J'allais oublier encore le cultivateur, que chez nous on nomme « diabe », on dit « diabeu » pour un premier grattage du sol, arrachant mauvaises herbes et chaume qui seront, après, enfouis par le labour."
mardi 2 novembre 2010
jeudi 26 mars 2009
mots oubliés (1) : machine à égrener le maïs, commode en camphrier, trépied
Morellienne Julio Cortazar
Marelle
105
Je pense aux gestes oubliés, aux multiples gestes et propos de nos ancêtres, tombés peu à peu en désuétude, dans l'oubli, tombés un à un de l'arbre du temps. J'ai trouvé ce soir une bougie sur une table, et pour m'amuser je l'ai allumée et j'ai fait quelques pas avec elle dans le couloir. Elle allait s'éteindre quand je vis ma main gauche se lever d'elle-même, se replier en creux, protéger la flamme par un écran vivant qui éloignait les courants d'air. Tandis que la flamme se redressait, forte de nouveau, je pensai que ce geste avait été notre geste à tous (je pensai tous et je pensai bien, ou je sentis bien) pendant des milliers d'années, durant l'Age du Feu, jusqu'à ce qu'on nous l'ait changé par l'électricité. J'imaginai d'autres gestes, celui des femmes relevant le bas de leurs jupes, celui des hommes cherchant le pommeau de leur épée. Comme les mots disparus de notre enfance, entendus pour la dernière fois dans la bouche des vieux parents qui nous quittaient l'un après l'autre. Chez moi personne ne dit plus « la commode en camphrier », personne ne parle plus des « trépieds » . Comme les airs de l'époque, les valses des années vingt, les polkas qui attendrissaient nos grands parents.Je pense à ces objets, ces boîtes, ces ustensiles qu'on découvre parfois dans les greniers, les cuisines, les fonds de placards, et dont personne ne sait plus à quoi ils pouvaient bien servir. Vanité de croire que nous comprenons les œuvres du temps : il enterre ses morts et garde les clés. Seuls les rêves, la poésie, le jeu —allumer une bougie et se promener avec elle dans le couloir—nous font approcher parfois de ce que nous étions avant d’être ce que nous ne savons pas si nous sommes.
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