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dimanche 31 mai 2026

Lu et vu (191)

 Lu

Aimer de Sarah Chiche 

Très brève théorie de l’enfer de Jérôme Ferrari 

Les orphelins d’Eric Vuillard

Vu

Cinéma 

Little trouble girl de Urska Djukic

Bus Stop de Joshua Logan

Exposition

Gilles Caron Le monde d’hier au Parvis de Pau

Né en 1939 à Neuilly-sur-Seine, disparu en 1970 près de Saâng, Cambodge. La brièveté de cet énoncé dit tout. Gilles Caron fut un météore génial qui se plaça d'entrée dans le groupe des meilleurs photographes de son époque.

En seulement cinq années de carrière, il réalise plus de 500 reportages pour les plus grands magazines et pour l'agence Gamma, dont il est l'un des fondateurs. Aux côtés de Don McCullin ou Raymond Depardon, il s'impose comme l'un des plus grands photographes de presse du XX* siècle.

Reporter de guerre, observateur des mouvements sociaux, photographe de cinéma, de mode ou de rue, Gilles Caron saisit avant tout l'humain au contact de l'actualité la plus immédiate, la plus glamour, comme la plus tragique.

Mais c'est peut-être comme photographe de guerre qu'il est le plus impressionnant. Ses images ne montrent pas seulement la violence des événements : elles révèlent les regards, les gestes, la fragilité et le courage des hommes face à l'histoire. (…)


Lecture musicale au Parvis Leclerc d’extraits de Les hauts de Hurlevent par Julie Depardieu accompagnée du mandoliniste Julien Martineau 


À Vitoria

au musée d’art contemporain Artium Museoa



L'artiste d'Alava Raisa Álava (Zuaza, 1990) inaugure un cycle de  présentations consacré aux pratiques liées à l'illustration et aux processus éditoriaux. 



En dialogue avec l'iconographie et les processus de son travail, l'exposition rassemble du matériel graphique et éditorial - affiches, fanzines, cahiers de notes et bandes dessinées - réalisés au cours des cinq dernières années.



Tant dans son travail personnel que dans celui développé dans différentes collaborations, Álava établit un lien entre les expériences vécues et imaginées. La mémoire collective et les processus aléatoires forment des images saturées d'informations, construites à partir de perspectives forcées et mettant en scène des figures déformées.


Parmi ses dernières collaborations figurent celles réalisées pour Bloomberg Businessweek, The New Yorker ou The New York Times, ainsi que des affiches telles que celle qui a fait la promotion du Tour de France dans son édition 2023 et celle de l'Azkena Rock Festival de Vitoria-Gasteiz.


le musée des Beaux-Arts 


Aurelio ARTETA

Bilbao, 1879 - Ciudad de México, 1940

Triptyque de la guerre. Le front. L’exode. L’arrière-garde ,

vers 1937-1938

huile sur toile



détail 

détail 


Ignacio Díaz Olano a peint cette huile de grand format en 1899 et l'a présentée en 1901 à l'Exposition nationale des beaux-arts, sous le titre de Midi. Il est actuellement connu sous le nom de Prière de l’Angelus (…)
L'œuvre est un hommage exceptionnel au travail dans les champs, sans oublier la coutume religieuse qui paralysait le travail à midi pour prier. Le peintre a réalisé de nombreux croquis préparatoires à Estarrona, une petite ville près de Vitoria, pendant l'été 1899. On observe dans la peinture un intérêt particulier pour la réflexion sur la lumière du soleil de midi ; nous apprécions son incidence sur la paire de bœufs et sur le paysan lui-même, dont les ombres sont projetées sur la terre nouvellement labourée 
Le peintre cherche à représenter des scènes quotidiennes dans un environnement rural, avec des personnages réels effectuant les activités habituelles et en les transférant sur la toile, il obtient que celles-ci soient dignes. 

Ramiro Arrue

une exposition temporaire ESTAMPES DE GOYA DANS LA COLLECTION DU MUSÉE DES BEAUX-ARTS D'ALAVA

Les quatre grandes séries d'estampes de Francisco de Goya (1746-1828), Caprichos, Desastres de la guerra, Tauromaquia et Disparates, sont incorporées à la collection du Musée des Beaux-Arts d'Álava en 2022 provenant de la Fondation Juan Celaya Letamendi, en tant que don ou paiement en nature de dettes fiscales à la Diputación Foral d'Álava.


Ez dute nahi / Elles ne veulent pas


Le regard de Goya sur le monde qui l'entourait et la manière dont il l'a capturé dans ses gravures, forme un univers dans lequel la réalité et l'invention se combinent de manière indissoluble.


On ne peut pas regarder 


L'intérêt pour son œuvre réside non seulement dans la qualité artistique, mais aussi dans l'actualité des thèmes qu'il nous montre et dans la façon dont il nous les montre : l'irrationalité de l'être humain, la violence qui semble inhérente à lui, les conséquences néfastes des guerres, les abus d'autorité, l'injustice des puissants, l'inégalité sociale, les problèmes générés par la mauvaise éducation des jeunes ou la croyance aveugle dans les mensonges divulgués à la population par le pouvoir.


Barbares, eau-forte, gouache polie et pointe sèche


DÉSASTRES DE LA GUERRE


Ce recueil de 80 estampes s'inspire de la Guerre d'Indépendance (1808-1814). Elles représentent des scènes de violence et d'atrocités typiques de tout conflit armé ; des images saisissantes d'une grande force dramatique, où la mort est le thème central.

Goya laissa cette série inédite en raison du contexte politique qui suivit le retour de Ferdinand


vendredi 29 mai 2026

Conversation (63) au marché

avec une viticultrice du Jurançon En marchant du côté de Getaria après Saint-Sébastien, quelqu’un tout de blanc vêtu, la tête protégée par un casque, aspergeait sa vigne au volant de son tracteur, on aurait dit un cosmonaute ou bien un apiculteur Elle, pas Au moins ils se protègent ou Ce qu’elle prend la terre mais Ça m’étonne pas, en Espagne, ils font ce qu’ils veulent, ils ont le droit 

mercredi 27 mai 2026

petites choses (154) qui réjouissent le cœur


 9h30, un dimanche matin à San Sebastián, sa commande, et sans perdre un instant, il s’installe, une fébrilité, ouvrir le sac à dos et vite dans la main gauche son livre, une tartine dans la droite, manger, lire,  apaiser ses faims

mardi 26 mai 2026

lundi 25 mai 2026

à pied (40)

 


grotesque au fil du temps 

dimanche 24 mai 2026

Lu et vu (190)

Lu

Lutte des classes de Ascanio Celestini

Vu

Cinéma

La grande vadrouille de Gérard Oury

Yo no me moriré de amor de Marta Matute

Spectacle

Chambre d’Amour de la Compagnie de danse Malandain

Exposition 

Para contar mi historia au centre culturel Okendo de Donosti

Photographies des archives de The Palestinian Museum Digital Archive, 1948-2023

« Si je dois mourir, tu dois vivre pour raconter mon histoire. » Refaat Alareer

Le titre de l'exposition part du poème de l'écrivain palestinien Refaat Alareer : raconter une histoire de la vie quotidienne des Palestiniens, au-delà des images d'horreur avec lesquelles ils sont généralement montrés au monde. Et le faire à travers les photographies familiales qu'ils ont eux-mêmes déposées dans le musée, ce qui permet une approche directe et simple de leur propre histoire. 

C'est l'intention du projet, pour lequel cent vingt photographies du Musée palestinien ont été sélectionnées Digital Archive (PMDA), parmi ses énormes archives de près de vingt mille images. Une archive recueillie de manière patiente pour préserver la mémoire harcelée du peuple palestinien - la destruction n'affecte pas seulement la vie, les bâtiments et les infrastructures, mais aussi la documentation qui atteste de sa simple existence. 

La plupart du matériel provient de dons faits par des familles palestiniennes, qui photographient leur quotidien depuis avant 1900, un témoignage clé pour connaître la réalité d'une société qui, au-delà de la violence quotidienne à laquelle elle est soumise, jouit et s'occupe des mêmes choses que la plupart des personnes de n'importe quel pays du monde : les cérémonies, les écoles et l'université, les fêtes, la vie dans la rue, les spectacles... Thèmes tous présents dans l'exposition.

Berger et troupeau quelque part en Palestine, daté après 1948 / The Ramallah Friends School Collection

L'exposition commence en 1948, l'année de la Nakba, l'expulsion de 800 000 Palestiniens de leur terre, et va jusqu'à nos jours.

Homme assis parmi les ruines de sa maison dans le camp de réfugiés de Jénine, deuxième intifada, des enfants jouant autour de lui, 2002 / Coll Joss Dray

Les photographies couvrent des thèmes différents et sont de techniques et de styles également différents, puisqu’il s'agit d'un ensemble d'origines multiples, où très peu d'auteurs sont professionnels. (…)

samedi 23 mai 2026

Conversation (62) à l’arrêt de bus

l’arbre au casse-croûte 

et vous me dites que vous voulez aller marcher par ce chemin, pas une ombre, c’est pentu, à votre place j’éviterais, prenez plutôt à droite, il y a même des bancs pour se reposer et beaucoup de monde qui passe Quién para darle la mano si le occurre algo ? qui pour vous donner (tendre) la main s’il vous arrivait quelque chose ? Il est patient, prévenant et mesurer dans le regard de cet homme d’une cinquantaine d’années combien il vous voit fragile et vulnérable, une très vieille dame à qui il faut faire entendre raison

vendredi 22 mai 2026

Plage de Zurriola à San-Sébastien

 


penché sur sa tablette, il écrit,

plus loin deux potes -on dit comme ça à leur âge, des gobelets de bière dorée et des foules assises sur le muret, adossées au muret, des glacières, des nappes étendues à même le sol, tous venus là assister au coucher de soleil pour ces premiers jours à goût d’été

jeudi 21 mai 2026

Petites choses qui attristent (153)



Budapest, 13 avril, 15h30

 déclinée ici aussi, l’idée de « ville hostile» abordée dans une série photo de Jon Gorospe à la Tabakalera / Kubo


   « Ce projet s'articule autour des formes et registres divers de l'architecture défensive contemporaine, une architecture ouvertement hostile qui se manifeste par des conceptions et des modifications privilégiant l'exclusion à l'inclusion. 
   Cette série met en lumière la délimitation
des usages en ville, les strates de décisions architecturales qui, silencieusement, ségrèguent et isolent. Ces modifications apportées aux bâtiments et à leurs éléments — que ce soit dès leur conception ou après leur construction — nient certains modes de vie (comme le nomadisme) ou démontrent que le repos et la pause ont été bannis des centres urbains.

   En confrontant la présence insidieuse de l'architecture hostile, ce projet artistique agit
comme un catalyseur d'une introspection sociale essentielle. Il met en évidence la valeur intrinsèque des espaces publics en tant que lieux démocratiques et inclusifs pour tous les citoyens. »

mercredi 20 mai 2026

à la ferme (20)

 

la rivière pour se promener en famille, 

ou boire un coup, 

et une passerelle pour qui préfère traverser à sec

lundi 18 mai 2026

Petites choses (152) qui surprennent

 


le croiser ce matin-là, pensif, il marche au bord du gave, une brise légère soulève son ample robe blanche, un très jeune moine, pas de bréviaire ni de missel, se retourner sur lui, dans ses mains croisées dans le dos, il égrène un chapelet 

dimanche 17 mai 2026

Lu et vu (189)

Lu

Le pays du passé de Guéorgui Gospodinov

Aller à la Havane de Leonardo Padura 

Bonne élève de Paula Porroni

Así en la Paz como en la guerra de Roberto San Geroteo

Quand il n’y a plus personne de Roberto San Geroteo

SINGULIER PLURIEL

      vu que parmi les hommes je ne sais pas vivre


Ingeborg Bachmann


Et moi qui bâillais de fatigue et de tristesse

 me voici couché de nouveau vivant inquiet

 j'ai caché la lumière derrière un oreiller

 fermé les paupières sous la peau blanche de ce bras

 la main gauche sur le cour les jambes relevées les genoux côte à côte les pieds au grand écart

 je sais le grand sommeil viendra quand il voudra il est l'heure d'entendre d'écouter d'interroger

le silence de la nuit ses moindres variations 

nous avons voulu apprivoiser l'impossible 

et failli dans les grandes largeurs et les détails 

j'ai éteint trompé la soif 

à défaut de la parole

le ver est dans le fruit à quoi bon le traiter 

si nous sommes si peu à ne pas y prendre goût.


(31 août 2023 « Once in a blue moon »)

ces deux derniers titres collection de l’umbo de Jean-Pierre Paraggio, sur une recommandation du blog Nos Consolations 

Vu 

Cinéma 

The New West de Kate Beecroft

La Vénus électrique de Pierre Salvadori

Spectacle 

Scènes de la vie conjugale mis en scène par Christophe Perton

vendredi 15 mai 2026

Petites choses (151) qui interrogent

 

sur le papier d’emballage de l’artisan charcutier, l’image d’une gentille petite famille de cochons, ils sont trois, deux charmants rejetons rieurs à quatre pattes et le chef de famille, debout, penché sur eux, écriteau à la main, personnifié donc Chez moi, tout est bon, chez lui, où, à la porcherie sans doute 

jeudi 14 mai 2026

Petites choses (150) qui font plaisir

 


grosse averse à la sortie d’un cours, retour à pied impossible ou saucée garantie, va pour l’arrêt de bus, pile il vous en file sous le nez, attendre le suivant, soudain la magie d’un arc-en-ciel, courir sous la pluie téléphone à la main, saisir sa lumière fugace, et courir encore parmi les flaques pour ne pas rater le bus suivant

mercredi 13 mai 2026

à la ferme (19)



tondues de frais dans la campagne, débarrassées de leur toison les brebis auront moins chaud l’été,

sur leur dos de grandes taches de couleur, 

C’est pour savoir quand on les a épongées, et ensuite mettre les béliers. Les agneaux naissent début novembre et sont prêts à partir pour Noël. Y a de la demande alors et la traite peut commencer. 


La synchronisation des chaleurs (extrait)


Les éponges [sortes de tampons] sont mises en place pour une durée de 14 jours (en saison sexuelle).

Le jour du retrait de l'éponge, on pratique une injection par voie intramusculaire de PMSG.

Après le retrait de l'éponge et l'injection de

PMSG, les premières chaleurs apparaissent au bout de 24 heures (…). En lutte naturelle, le bélier est placé deux fois en présence des femelles, 48 et 60 heures après le retrait de l'éponge.

mardi 12 mai 2026

Petites choses (149) qui font sourire

 

les entendre avant de les voir, des cris, des rires, des galopades, elles surgissent à bout de souffle, un certain âge, en collant de course à pied, petit sac à dos et tutu, autour du cou une carte pour parcours d’orientation, un enterrement de vie de jeune fille orchestré avec soin, métaphorique qui sait, elles s’amusent bien 

lundi 11 mai 2026

Petites choses (148) qui serrent un peu le cœur

le sud de Pau, beaucoup d’Espagnols, de Portugais aussi, se sont installés par là, une petite rue tranquille, de l’autre côté du grillage posée sur l’herbe haute, une toute petite maison ratatinée sur elle-même aux volets gris qui s’écaillent, la façade mériterait un bon coup de peinture aussi, trois marches, la porte d’entrée, au-dessus sur un panneau en bois qui se déplierait tel un parchemin, son nom Hermosa Belle, penser Fut un temps et aussitôt l’entendre elle Agian [peut-être] mais ceux qui ont ça ils sont pas sans rien elle disait 

dimanche 10 mai 2026

Lu et vu (188)

 Lu

Les habitantes de Pauline Peyrade

Vous ne connaissez rien de moi de Julie Héraklès

Retour à Balbec de Renaud Meyer

Trent-sis de Malika Moustadraf

Le jardinier et la mort de Guéorgui Gospodinov

Toute la littérature mondiale, et celle de Bulgarie ne fait pas exception, chante la mère et écrit des lettres kafkaïennes amères au père.


Un jour, alors qu'on lui demandait où travaillait son père, un camarade de classe a répondu : dans la fabrique à gifles. L'espace de quelques secondes, l'institutrice enregistra machinalement cette information comme crédible et commença à l'écrire dans le journal de classe. Tous les pères, à cette époque, travaillaient dans des fabriques: de porcelaine, de caoutchouc, de briques, pourquoi pas de gifles. Puis elle se rendit compte de ce qu'elle allait écrire et eut un regard noir, tandis que nous étions morts de rire.

Mais la fabrique à gifles ne faisait pas qu'exister, elle fonctionnait à plein régime. Et produisait des gifles à la chaîne. Je vais mettre en marche la fabrique à gifles, nous avertissait-on régulièrement, s'il nous prenait l'idée de faire quelque chose qui n'était pas permis. En général, c'étaient nos pères qui y travaillaient, ils étaient eux-mêmes des fabriques à gifles, même si les mères ne s'en abstenaient pas. Ni les instituteurs. Et ça a commencé bien avant notre naissance. On raconte que, dans le règlement de l'école de Gabrovo, en 1884, il était écrit : « Sont admis à l'école des enfants qui ont grandi avec des gifles et les supportent.»


Frapper quelqu'un sur la joue ou lui tirer l'oreille était tout à fait dans l'ordre des choses. Je vais te déchirer les oreilles n'était ni une métaphore ni une hyperbole, la prof principale de mon frère lui avait vraiment fendu légèrement le bas du lobe, comme le confirma le médecin de l'école. Je garde le souvenir d'avoir été visé par une craie ou frappé par une baguette, mais celle qui faisait le plus mal en giflant était la prof d'allemand avec sa bague en fer. (Les profs d'allemand sont-elles plus dures que celles de français, ou la langue n'a-t-elle rien à voir avec ça, me demandais-je alors.)

Malgré tout, la menace la plus sérieuse à cette époque-là était toujours : Je vais le dire à ton père ! Le père devait être l'épouvantail, le corps disciplinant. Et, dans la plupart des cas, il l'était. «Où est Kirtcho, ses parents le cherchent pour le battre», est demeuré l'une des répliques les plus populaires d'un film bulgare pour enfants. Certains de mes camarades de classe se vantaient même de la dérouillée qu'ils avaient reçue ou qui les attendait le soir. (p 161, 162)


Mon père était l'Atlas qui portait sur ses épaules des tonnes de passé. Et, maintenant qu'il s'en est allé, je sens tout ce passé se fissurer, s'écrouler silencieusement sur moi et me submerger de tous ses après-midi. Les après-midi de l'enfance qui s'écroulent silencieusement. Et je n'ai personne à qui demander de l'aide. (p 210)


Je continue à photographier des fleurs en train de se flétrir, à différents stades de flétrissure, de décoloration, des pétales qui tombent, des pistils et des étamines carrément dénudés, ceux de petites vieilles déjà, ayant dépassé leur fonction de séduction. Fleurs désertées par les abeilles, qui s'en vont... Il y a un chagrin et une beauté propres au flétrissement, mais sans le désespoir accompagnant le vieillissement chez les êtres humains et les animaux. C'est sans doute la raison pour laquelle je continue de prendre en photo des roses, des iris, des tulipes qui s'en vont, des pivoines qui se dépouillent, des arums et des violettes qui pâlissent... La botanique sait mourir en beauté, sans mourir. La botanique en sait encore un peu plus sur la mort. (p 215)


Vu

Cinéma 

Ève de Joseph L. Mankiewicz 

Spectacle 

Strano du cirque Trottola

vendredi 8 mai 2026

Conversation (61)

 Une photo d’identité en noir et blanc s’échappe d’un livre, vous, plus tard avec une amie, elle la tourne et retourne dans ses mains, Ça fait combien tu dis, plus de quarante, non, je te reconnais pas, elle s’essaie à préciser, tu ressembles pas à toi mais à quelqu’un d’autre, oui, à l’actrice d’une série que je regarde le vendredi soir, tu veux savoir comment elle s’appelle, c’est ça ? Coup d’œil rapide  au programme télé à portée de main Y a pas son nom, c’est un second rôle.

mercredi 6 mai 2026

Conversation (60)

un puits au centre du village, elle est assise sur la margelle, ample jupe fleurie et grand chapeau qu’elle ôte d’un geste vif, son crâne rasé, un choix J’en ai rêvé toute ma vie, je vais avoir quatre-vingts ans, c’était maintenant ou jamais, la coiffeuse d’ici ne voulait pas, j’ai dû aller jusqu’à Pau pour le faire, elle sourit, se caresse la nuque, j’ai prévu une grande fête pour mon anniversaire, ce sera le 10 octobre, j’ai déjà lancé les invitations, figurez-vous qu’il y en a une qui a répondu qu’elle n’était pas sûre de pouvoir parce qu’elle aurait peut-être les petits-enfants, non, mais vous vous rendez compte, comme si elle pouvait pas s’arranger et de but en blanc Vous avez des enfants, vous ? elle enchaîne,  l’amour, je dis pas, c’est pas pareil, deux ans qu’il est plus là, il me manque

lundi 4 mai 2026

à Budapest, une idée de la France

Palotanegyed, 23 avril, 10 heures 

 au service de la vente du café croissant. 

dimanche 3 mai 2026

Lu et vu (187)

 Lu

La collision de Paul Gasnier

Une chambre au-dessus d’un magasin d’Anthony Shapland

La révolte des pendus de B. Traven

Sans oublier qu’en plus c’est bien la fin du monde de Chloé Delaume, préface Lydie Salvayre


Ouin Ouin boogie


C'était un hétéro alpha

Un restau après le cinéma

Je souriais à ce spécimen

En me répétant Not all men

Il était à peine minuit pile

Il s'est changé en crocodile

Pleurant d'être persécuté

Par des folles et des mal baisées


Il m'a dit le patriarcat

Ma petite, ça n'existe pas

Prenons du recul un instant

Ici on n'est pas en Iran 

Si les femmes ne sont pas au pouvoir

C'est que depuis la préhistoire

On sait qu'elles n'ont pas les épaules 

Et c'est pas grave : chacun son rôle


Il chouinait on ne peut plus rien dire

Déconstruire ça veut dire détruire

Je n'en peux plus de cette maladie

Partout y a des féminazies

Le féminisme et ses maquerelles

Il nous pleut des nuées de sauterelles

Mamans toutes seules jamais putains

C'est comme un châtiment divin


Il m'a dit le patriarcat

Ma petite, ça n'existe pas

Prenons du recul un instant

Ici c'est pas l'Afghanistan

Si les femmes ne sont pas au pouvoir

C'est que depuis la préhistoire

Elles supportent mal la pression

Mais sont douées pour tenir une maison


Il criait vous pouvez voter

Faire des études, ce que vous voulez

L'égalité est déjà là

C'est juste vous qui n'assurez pas

Toutes vos histoires de charge mentale

D'inégalités salariales

De grandes invisibilisées

C'est un truc pour vous rassurer


Il m'a dit le patriarcat

Ma petite, ça n'existe pas

Prenons du recul un instant

Ici on n'est pas en Iran 

Je lui ai rappelé un pouvoir

Qu’on a depuis la préhistoire

Il hante petits et grands garçons

Le fantasme de castration 

(p 62, 63)


Vu

cinéma 

Yellow letters de Iker Çatak

Spectacle 

Le poids des fourmis Théâtre Bluff Philippe Cyr