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| 7 heures |
ou comment annoncer la pluie avec faste
Lu
Je suis Romane Monnier de Delphine de Vigan
Les dents de lait d’Hélène Bukowski
Péquenaude de Juliette Rousseau
À la lecture de mon dernier livre, les larmes aux yeux, ma tante me confie « en te lisant, j'ai retrouvé les sensations de la ferme de pépère ». Pourtant je n'ai pas connu pépère. Ni la ferme, ni le bocage, ni le gallo vivant et incarné, ni les bêtes compagnes. Je n'ai pas connu le bœuf, autour duquel toute la famille posa fièrement un jour. Comme toute ma génération, j'ai seulement hérité des absences et du poids d'une fable : longtemps, j'ai cru aux mirages qu'un certain nationlisme breton avait pondu en nous. Je croyais que mes aieux étaient brittophones, que les festoù-noz étaient traditionnels chez nous aussi. Le Gwenn-ha-du brandi au loin dans une foule me rassurait. De la plouquerie, je me pensais un peu sauvée.
À l'extérieur, dire « je suis bretonne » vaut toujours un certain prestige, ça respire l'iode, les crêpes au beurre et l'orgueil des Celtes. Ça ne sonne pas comme la Beauce et pourtant, vu d'ici, ça y ressemble beaucoup plus qu'à Belle-Île ou Saint-Malo. J'ai grandi avec la honte de mon village et la fierté de ma région. Cette distorsion est répandue car la Bretagne, peut-être plus que toute autre région française, a su savamment lier développement agro-industriel foudroyant et roman régionaliste. On te retire un monde, certes, mais en retour on te donne un nom dont tu puisses être fière. (p 41, 42)
Nous voilà maintenant saisis dans une époque entièrement tournée vers sa propre agonie, dans l'étrange négation d'une finitude qu'elle a pourtant ardemment désirée, à laquelle elle a travaillé sans relâche. Le temps cyclique des saisons nous apprend que nulle fin ne dure, mais le capitalisme lui, n'a eu de cesse de rompre avec ce temps-là, pour provoquer la sienne. Vu d'ici, le mythe de la fin du monde tel que nous le connaissons est d'autant plus facile à envisager que le paysage qui fut le nôtre pendant plusieurs milliers d'années a été mis à sac en l'espace de quelques décennies. D'une certaine manière, notre fin est déjà arrivée. Et ce n'est pas seulement que le paysage en lui-même a changé, c'est que nous avons collectivement perdu notre lien à lui, notre capacité à le façonner, le maintenir, à y subsister et s'en satisfaire. Il a pris la forme que les machines lui donnent, lesquelles sont venues soulager les humains des tâches collectives qui leur incombaient jusque-là.
Avec l'aplanissement du territoire, c'est la foi dans le temps long et cyclique d'un éternel retour, dont il faut prendre soin pour le transmettre, qui nous a finalement été dérobée.(p 47)
Vu
Cinéma
Fjord de Cristian Mungiu
Chicas tristes de Fernanda Tovar
Bombes 2 bal, concert, bal, oc « 6 musiciens et 2 danseurs-initiateurs qui vous embarquent au cœur de la piste : en ronde, en chaîne, en couple... tous les styles se mêlent dans une ambiance survoltée. »
Léa eta Anuxka
Ce duo souletin à deux voix et une guitare, mêle avec émotion chants basques traditionnels, reprises contemporaines et compositions. De reprises revisitées comme The Sound of Silence en basque à leur album Oroitzapenak,
Dus au Casau, concert bal paillettes
au fil des ans, les avoir vues souvent marcher ensemble, le pas vif, le pas un peu moins vif, elles ont été mariées l’une ici, l’autre là, veuvage divorce, les voilà à nouveau réunies, des semaines à n’en voir qu’une, elles ressurgissent habillées pareil, plus que jamais leur côté deux gouttes d’eau, une réminiscence d’enfance qui sait |
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| Pau, place de la Libération, 10 heures |
depuis peu, des panneaux explicatifs
Le parc du Château de Pau
Une forêt ancienne
Le parc boisé du Chateau de Pau est un domaine national protégé au titre des monuments historiques administré par le ministère de la culture. Il abrite une forêt ancienne de chênes et de hêtres. Les vieux arbres, les bois morts et les cavités sont indispensables à de nombreuses espèces.
Véritable îlot de biodiversité en pleine ville
Un site à préserver
Ce milieu exceptionnel accueille des insectes rares liés au bois, comme le Pique-prune, le Lucane cerf-volant ou le Grand capricorne, ainsi que plusieurs chauves-souris protégées.
Ces richesses font du parc un réservoir de nature unique pour l'agglomération paloise.
La préservation des grands arbres, du bois mort, des abris pour la faune et des milieux ouverts est essentielle pour maintenir cette biodiversité, tout en conciliant protection de la nature, sécurité et accueil du public.
Natura 2000
Un équilibre entre préservation de la biodiversité et activités humaines Natura 2000 est un outil européen qui vise à protéger les milieux naturels et les espèces les plus remarquables, tout en permettant des usages respectueux de la nature.
Le parc est inscrit au réseau de sites Natura 2000 en tant que "Parc boisé du Château de Pau".
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| 28 déc 2025, 10 h, parc du château au fond |
chez nous il a juste fait un pipi de chat, à peine de quoi rafraîchir un peu, la pluie, c’est sûr, on aimerait mieux comme vache qui pisse
on ne rase plus, adieu aux tracteurs tondeuses, des ânes pour nettoyer les abords du parc du château de leurs refuts.
Basse-Plante, commodément assis face au château, un homme plongé dans sa lecture par un frais dimanche matin
sur le papier d’emballage de l’artisan charcutier, l’image d’une gentille petite famille de cochons, ils sont trois, deux charmants rejetons rieurs à quatre pattes et le chef de famille, debout, penché sur eux, écriteau à la main, personnifié donc Chez moi, tout est bon, chez lui, où, à la porcherie sans doute
grosse averse à la sortie d’un cours, retour à pied impossible ou saucée garantie, va pour l’arrêt de bus, pile il vous en file sous le nez, attendre le suivant, soudain la magie d’un arc-en-ciel, courir sous la pluie téléphone à la main, saisir sa lumière fugace, et courir encore parmi les flaques pour ne pas rater le bus suivant
les entendre avant de les voir, des cris, des rires, des galopades, elles surgissent à bout de souffle, un certain âge, en collant de course à pied, petit sac à dos et tutu, autour du cou une carte pour parcours d’orientation, un enterrement de vie de jeune fille orchestré avec soin, métaphorique qui sait, elles s’amusent bien
à chaque fois, penser à elle qui vous la fit découvrir, les clochers de l’église Saint-Jacques, tel un bonnet d’âne, coiffent une maison
la lumière est belle, le printemps piaffe, les croiser tous les trois assez tôt un dimanche, deux hommes une femme, sourires joyeux dans le matin frais et lancer tout de go Pau, une belle ville, hein ? s’éloigner rapidement, l’un Comment vous savez qu’on n’est pas d’ici ? Oui, comment on sait, peut-être un regard qui flotte et hésite sur les choses, s’attarde aussi, peut-être
enfiler ses tennis et on y est, le parc Beaumont,