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lundi 16 février 2026

chez le fleuriste

une tape sur l’épaule, se retourner, un temps pour la reconnaître hors de son cadre professionnel, se sourire, dans ses mains une corbeille de pétales, penser mercredi, pas un jour de mariage, les désigner et dire pourtant Un heureux événement ? Pas exactement, une rougeur subite, les yeux s’embuent, la caisse et elle sort, le fleuriste Ça se fait maintenant pour les enterrements, on les jette au moment de l’inhumation. 

dimanche 15 février 2026

Lu et vu (177)

 Lu

Contes du Chemin de Fer de Hamid Ismaïlov

Ce qui gît dans ses entrailles de Jennifer Haigh

Vu

Chronique des années de braise de Mohamed Lakhdar Hamina

samedi 14 février 2026

Carnaval béarnais/Carnaval biarnès, la Sèga

 

un nuage

sur le site de la Ville de Pau

  • Sèga e serada de Carronha

Sent Pançard entre dans la ville et déambule dans différents quartiers historiques jusqu'à la Sèga, une barricade réalisée par deux camps : la société de l'ordre et des notables et la société du désordre et du sauvage. 

A 19h45, retrouvez la Sèga, proposé sous le chapiteau du Hédas, place Récaborde, en raison de la pluie annoncée ce vendredi soir. 

proposé par la Compagnie Jour de Fête.



emblème du Béarn, deux vaches

du pour de rire, une farce, en occitan, en français, de la beauté, des chants, l’orchestre de musique ancienne du conservatoire, du grotesque, des éclairages. des pluies de confettis, mise en scène du pouvoi, ceux qui plient, ceux qui protestent, on comprend tous, les enfants sont assis devant en rangs serrés, les plus jeunes dans les bras de leurs parents, ne rien en perdre, figure du vétérinaire, il y a eu Donald Trump, Emmanuel Macron… un vétérinaire donc, le relais d’une parole officielle honnie La moitié du drapeau est malade, il faut brûler tout le drapeau, dernier avatar d’épidémies sur volailles canards oies ovins, la dermatose nodulaire vient de toucher les bovins, huées et rires, bonheur vivifiant à rire ensemble, la foule trépigne de joie

vendredi 13 février 2026

chevelure

 


des noeuds, un enchevêtrement, à débroussailler d’urgence à moins qu’une bonne coupe ou plus radical encore, tout ratiboiser 

jeudi 12 février 2026

l’Adour

 

4 février, 18h15

le pont Saint Esprit, l’arc d’un nuage nacré, ses reflets irisés, l’autre rive, la silhouette de la cathédrale, Bayonne au crépuscule 

mercredi 11 février 2026

Saint-Sébastien


la Concha, 21 décembre 25, 17h45

à la Santo Tomás, le pied léger et dansant, le soleil bascule déjà derrière le Monte Igueldo, vite, accueillir l’éclaircie

mardi 10 février 2026

petites choses (137) qui amusent

Quand on se chamaille, souvent elle [sa fille] m’offre après une paire de boucles d’oreille, j’en ai une pleine boîte denak korrapilatuak tout emmêlées, elle rit, quatre-vingt-quinze ans, son regard pétille, Tu veux voir ? pas tant de disputes que ça au fond, toute une vie

lundi 9 février 2026

à pied (39) par les crêtes

 

brebis manech sur la ligne d’horizon 

à droite, le Baigura

à gauche, la chaîne pyrénéenne 

dimanche 8 février 2026

Lu et vu (176)

Lu

Le Sermon de la chute de Rome de Jérôme Ferrari

Vu

Musée Bonnat-Helleu, Bayonne 

L'Oublié  Émile Betsellère 1872 huile sur toile 

L'image de ce soldat laissé pour mort sur un champ de bataille, lors de la guerre franco-allemande de 1870-71, évoque l'histoire d'un jeune Bayonnais : Théodore Larran. Ému par son récit, le peintre Émile Betsellère, qui a lui-même douloureusement vécu le conflit, fait de son tableau un hommage aux engagés et aux victimes de la guerre.



Philippe JOLYET

Pierre-en-Bresse 1832 - 1908 Nay

La Fille de l'antiquaire

1891

Huile sur toile


PAUL HELLEU, ARTISTE DE LA BELLE ÉPOQUE

Né à Vannes en 1859, Paul Helleu élève à l'Ecole des Beaux arts se détourne rapidement de la manière de peindre enseignée, jugée trop académique. Il s'enthousiasme très tôt pour l'impressionnisme, et se forme en autodidacte auprès de ses amis Claude Monet, John Singer Sargent et Giovanni Boldini. Dès 1884, il attire l'attention au Salon grâce à son talent de pastelliste, année où il rencontre aussi sa future épouse, Alice, omniprésente dans son œuvre.

Figure de dandy, Helleu soigne son apparence autant que ses intérieurs.

Initié par James Tissot à la pointe sèche, technique de gravure qui permet un dessin d'une grande finesse, il séduit rapidement les collectionneurs. Son cercle comprend le poète Robert de Montesquiou-Fezensac, qui le fait connaître dans les milieux littéraires, et l'écrivain Marcel Proust, qui s'inspire de lui pour créer le personnage du peintre Elstir dans À la recherche du temps perdu.

Autour de 1900, le Tout-Paris s'enthousiasme pour cet artiste mondain aux portraits virtuoses. Sa renommée dépasse bientôt les frontières: traversant la Manche puis l'Atlantique, il peint notamment en 1912 le plafond de la gare Grand Central à New York.



Paul HELLEU

Vannes 1859 - 1927 Paris

Alice Helleu lisant sur la plage de Deauville

1892-1896

Huile sur toile

vendredi 6 février 2026

traces




 champs et prairies,


couturés de barbelés, 

un rêve d’herbe plus verte à côté, 


et au bord de la rivière, 

elles se faufilent et passent, 

obole d’un brin de laine arraché, 

pas à ça près, 

irréductibles petites manechs

jeudi 5 février 2026

un soir au Pays Basque

 

Labastide-Clairence, Pessarou, 18h15



mercredi 4 février 2026

À Mérida, l’Alcazaba Cultural Center

 


lien sur l’Alcazaba Cultural Center 

dernier étage, la bibliothèque au sommet d’une sorte de rampe en colimaçon,  un drôle de petit ascenseur tube. rez-de-chaussée sur pilotis, visibles à travers de grandes baies des vestiges romains, avant même de pousser la porte un affichage et ces mots en particulier 


C'était le meilleur des temps, c'était le pire des temps, l'âge de la sagesse et aussi de la folie ; c'était le siècle de la raison, c'était l'âge de la foi, l'âge de la lumière et des ténèbres ; le printemps de l'espoir et l'hiver du désespoir. Nous avions tout et nous n'avions rien. En un mot, cette époque était si si semblablà l'époque actuelle que...

Charles Dickens.

Histoires des cités  (1859)

mardi 3 février 2026

vieillir (134)

 ancien médecin, on est allés la chercher à l’Ehpad, des troubles de la mémoire, pour un dernier au revoir à son mari, le cercueil est ouvert, elle se penche, lui prend le pouls, sort un stéthoscope imaginaire, le pose sur son cœur, gestes immémoriaux, lui rendre vie

lundi 2 février 2026

Augusta Emérita / Mérida


Pont romain sur le Guadiana, 15/I/2026, 17h1/4

Mérida, en Extremadura, la cité d’un concentré de vestiges romains et autres, wisigoths, islam…

Wikipédia : La colonia Augusta Emerita est une cité romaine fondée en 25 av. J.-C. par le légat romain Publio Carisio sur ordre d'Auguste pour cantonner les soldats démobilisés (émérites) qui avaient combattu dans les guerres cantabres. Vers 15 av. J.-C., elle devient la capitale de la nouvelle province romaine de Lusitanie. Puis, jusqu'au iiie siècle, elle devient la capitale du diocèse d’Hispanie.




… et partout dans la ville, à ciel ouvert, des panneaux explicatifs clairs, le pédagogique à son meilleur, en espagnol et anglais


… sans compter les richesses accumulées au musée romain 


Le dernier Loup de Lázló Krásznahorkai (p 35 à 38) 1ère édition, Hongrie 2009

(…) il s'en voulait terriblement d'avoir accepté cette invitation, et surtout de ne pas avoir clarifié sa situation immédiatement, car plus le temps passait, plus il s'enlisait, il était là, dans le meilleur hôtel de Cáceres et de toute l'Estrédamure, et tout en sachant qu'il ne pourrait rien écrire sur l'Estrémadure, qu'il ne jouait pas franc jeu, qu'il avait dupé les gens à qui il devait ce merveilleux voyage immérité, oui, merveilleux, il devait bien admettre que, si son attirance pour la région ne pouvait en rien atténuer sa profonde dépression, l'Estrémadure possédait un charme particulier, auquel, même s'il n'était là que depuis deux jours, il avait bien du mal à résister, et malgré l'écran de sa déprime et de sa mauvaise conscience, il trouvait, par exemple, que la nature était magnifique en Estrémadure, confia-t-il au barman hongrois, tout particulièrement la dehesa, ce paysage très légèrement ondoyant planté de chênes verts, des chênes verts appelés là-bas encina, qui ne couvraient pas l'intégralité du territoire mais, et c'était ça l'essentiel, se dressaient de façon éparse, déployant leur frondaison à une grande distance les uns des autres, c'est à cause de la sécheresse, lui raconta le chauffeur qui sortit subitement de son mutisme pour lui expliquer le sens du mot dehesa, l'eau est si rare ici que ces chênes ne peuvent pousser que sous cette forme, comme vous pouvez le voir, dit-il en désignant le paysage, il n'y a aucun fourré, aucune broussaille, il n'y a qu'une vaste étendue vert pâle, une immense plaine parsemée de quelques touffes d'herbe et de chênes disséminés, c'est ça la dehesa, vous comprenez ? oui, il comprenait, et sentait combien ce paysage le touchait, car la dehesa, dit-il, était à l'image de son âme, à l'image de quoi ?! s'exclama le barman derrière son comptoir, laissez tomber ! fit-il en trempant ses lèvres dans la bière, il voulait seulement dire que l'Estrémadure était fascinante, car non seulement la nature lui semblait merveilleuse, mais également les habitants, qui étaient, comment dire, disons tout simplement : des gens bien, des gens bien ?! haussa les sourcils le barman hongrois, oui, des gens bien, et il trouvait cela merveilleux, merveilleux et affreux à la fois, à cause de ce qui les attendait, car toutes ces nouvelles autoroutes, ces nouveaux quartiers à Cáceres, et Plasencia, et Trujillo et Badajoz, indiquaient déjà que le monde allait d'une minute à l'autre se fracasser ici aussi, car voyez-vous, dit-il en se penchant en avant et en élevant légèrement la voix pour permettre au Hongrois d'entendre distinctement ce passage malgré la musique assourdissante, voyez-vous, tout cela, cette Estrémadure se trouve en dehors du monde, Estrémadure se dit en espagnol Extramadura, et Extra signifie à l'extérieur, en dehors, vous comprenez ? et c'est pourquoi tout y est si merveilleux, aussi bien la nature que les gens, mais personne n'a conscience du danger que représente la proximité du monde, ils vivent sous la menace d'un terrible danger en Estrémadure, vous savez, ils n'ont pas la moindre idée de ce qui les guette s'ils laissent faire les choses, de ce à quoi ils s'exposent s'ils laissent les autoroutes et les magasins envahir leurs terres, la misère ici était épouvantable, j'ai vu des photographies montrant comment c'était autrefois, et effectivement la misère était vraiment épouvantable, il fallait y mettre fin, ils y ont mis fin, et ils vont poursuivre en ce sens, mais ce qui est dramatique, c'est que le seul moyen dont ils disposent pour cela, c'est de laisser le monde s'introduire, et de laisser ainsi la malédiction s'introduire, car tout, aussi bien la nature que la population de l'Estrémadure, sera frappé de malédiction, et ils ne se doutent de rien, ils ne savent pas ce qu'ils font, ni ce qui les attend, mais lui, dit-il en se désignant, il le savait, et il n'en avait pas dormi de la nuit, il était resté éveillé dans son élégante chambre d'hôtel, à se demander comment il pourrait expliquer cela aux hommes de la Fondation, il était sûr qu'ils ne comprendraient pas de quoi il parlait, et puis il ne saurait pas trouver les mots justes, c'est pourquoi, le lendemain, tout se passa exactement comme les jours précédents, (…)

dimanche 1 février 2026

Lu et vu (175)

 Lu 

Petit fruit de Marion Fayolle


Un gars s'approche du stand, brandit un papier avec des signatures. Il explique que la municipalité a décidé d'arracher les arbres de la cour d'école, qu'ils veulent tout bétonner, enlever l'herbe, la terre et les cailloux pour construire des jeux sur des sols synthétiques. Ces messieurs dames font des réunions, ont des subventions pour créer des zones de biodiversité. Ils plantent trois arbustes pour se donner bonne conscience, gagner quelques électeurs, tout ça après avoir déraciné les platanes de la place du village. Et maintenant ceux de l'école ! Mais les enfants ça veut jouer dans la boue, collectionner les pierres, ramasser les feuilles des arbres, ils en ont rien à foutre de leurs mobiliers colorés, de leurs dalles amortissantes. Ensuite, il faudra mettre des clims, ils se plaindront qu'ils ont trop chaud. Sa colère lance des postillons sur les bocaux. On marche sur la tête. On ne va pas les laisser faire, on restera dans la cour de l'école, on défendra les arbres et nos gosses. La femme s'empresse de signer la pétition, elle admire ce genre de personne, capable de mener des luttes, de résister à l'autorité et à ses injustices. Son mari signe aussi, bien sûr. Il propose de les rejoindre pour expliquer aux élus l'importance du vivant. 

     Un groupe de femmes s'approche. Nous, on ne veut pas d'enfants, on ne sait même pas où est l'école, par contre on est d'accord pour signer. Elles apposent leur nom en bas de la liste avant de poursuivre leur discussion, juste devant leur étal. La grande rousse s'accoude même sur la table. Elle parle fort comme si elle ne s'adressait pas uniquement à ses copines, qu'elle voulait que tout le marché en profite. Il faut de l'inconscience pour faire des gosses dans un monde pareil, notre société va droit dans le mur. Moi, j'ai demandé à mon mari de faire une vasectomie comme ça je suis tranquille. Le mien n'a pas voulu. Je te jure, ça me rend dingue. C'est à moi de prendre la pilule, de m'empoisonner. C'est aussi pour ça que j'en veux pas, il a beau me dire qu'il s'en occuperait, je sais bien que ça me retomberait dessus, que c'est toujours les femmes qui prennent cher. Tu n'as qu'à le quitter et faire comme moi. La plus petite du groupe explique qu'elle a tiré un trait sur les hommes, qu'ils sont tous les mêmes, et que la vie de couple c'est rien d'autre qu'une injonction sociale. Elle ne veut pas d'enfant, elle non plus. Non, franchement, c'est égoïste de vouloir des gamins aujourd'hui, il y a déjà trop d'humains sur la terre. Si vous n'achetez rien, est-ce que vous pouvez vous décaler un peu ? C'est pas contre vous mais les gens qui veulent venir à nous n'arrivent pas à se faufiler. Les trois copines emportent leurs grands discours quelques mètres plus loin devant le camion du fromager. (p 75, 76)

Le dernier loup de Lázló Krasznahorkai

(…) comment aurait-il pu leur parler du poids oppressant sa poitrine, comment aurait-il pu leur expliquer que depuis qu'il avait renoncé à la pensée il avait ouvert les yeux, et compris que tout ce que nous percevions de l'existence n'était qu'un gigantesque mémorial célébrant la vanité des choses, se reproduisant à l'infini, jusqu'à la nuit des temps, que ce n'était pas le hasard qui, avec sa force irréductible, triomphale, invincible, orchestrait la naissance et la déchéance des choses, non, mais plutôt une intention obscure et démoniaque, profondément enracinée dans la substance intrinsèque des choses, une intention nauséabonde, qui imprégnait tout de sa puanteur, le monde est une malédiction, l'œuvre du mépris, voilà ce qui frappait l'esprit de celui qui se mettait à penser et voilà pourquoi il ne pensait plus, avait appris à ne plus penser, ce qui, naturellement, ne l'avait mené nulle part puisque cette puanteur, il la sentait, il avait beau regarder ailleurs, détourner la tête, elle était là, partout, car le châtiment, autrement dit le monde, condamnait celui qui se mettait à penser à être conscient de la vanité et du mépris cachés derrière cette intention, à en être conscient sans cesse, à chaque instant, mais renoncer à la pensée, et ouvrir les yeux, donnait naissance à une autre forme de pensée, autrement dit, il était impossible de sen libérer, l'homme, qu'il pense ou pas, était prisonnier de la pensée, et cette horrible puanteur le prenait à la gorge, que pouvait-il faire ? (..) p 27, 28

Vu

Ciné

Le chant des forêts de Vincent Munier

Une si longue lettre d’Angela Diabang

La vie après Siham de Namir Abdel Messeeh

Spectacle 

La Folle journée ou le Mariage de Figaro de Beaumarchais, adaptation et mise en scène de Léna Bréban

samedi 31 janvier 2026

à Pau, boulevard des Pyrénées

 


un ciel bas, des trottoirs luisants de pluie et dès les premiers reliefs euria zaldiz la pluie à cheval soulevée par un vent venu de l’ouest du sud qui tourbillonne, nuages qui s’effilochent, crinières, dévoilent, se recomposent et filent avant de disparaître, tout au fond la chaîne enneigée, guetter l’Ossau, cache-cache habituel 

vendredi 30 janvier 2026

du côté des mères (6)

à Saint-Sébastien, une boulangerie salon de thé bondée en ce samedi après-midi animé, à défaut près du comptoir une grande table à compléter, prendre place, en face, une mère couve des yeux ses deux petites, l’une a le nez plongé dans un chocolat bien crémeux, l’autre grignote un bout de tortilla, puis elles échangent, en laissent un peu, sur le comptoir des carafes d’eau des verres, on va chercher si on en veut, juste de l’eau devant la mère, elle n’a rien pris pour elle, finit leurs restes, les petites sont contentes, elle aussi, sourires croisés, elles se lèvent et sortent

jeudi 29 janvier 2026

à Lisbonne, sortie de messe

 

Baixa Chiado, 13 heures 

d’un pas vif, gilet au crochet maison, grande jupe pour elle, leurs couleurs à tous deux se font discrètement écho, élégance d’un couple, 


sur leur gauche un peu plus haut, le café À Brasileira, que fréquenta dit-on Fenando Pessoa, 


à droite, la librairie Bertrand, la plus ancienne elle l’assure du Portugal, son coin café tout au fond, Pessoa encore et encore tel un produit dérivé

mercredi 28 janvier 2026

à Lisbonne, un dimanche après-midi

dimanche 11 janvier 26, 16 heures 

 le dimanche s’alanguit, 

d’´une fenêtre entrouverte une voix de femme, 

fado,


assis sur le rebord, adossé au montant, un homme fume,

volutes bleus dans le jour gris, 

son regard vague vers la rue déserte,

désœuvrement 

il s’ennuie

palpable, 


une mélancolie,

une douceur aussi,

éviter de le dévisager plus, 

écouter



mardi 27 janvier 2026

à Evora


12 janvier, 15h30

Chapelle des Os, y aller vraiment ? Si l’on était tenté de l’oublier « Vanité, tout est vanité », un solide rappel. 



Wikipedia : à l'entrée, Nós ossos que aqui estamos pelos vossos esperamos  « Nous, les os ici présents, attendons que les vôtres nous rejoignent »

La phrase Melior est dies mortis die nativitatis « Le jour de la mort vaut mieux que celui de la naissance » tirée de l’Éclésiaste (7.1-6) est inscrite au plafond.

lundi 26 janvier 2026

d’une langue à l’autre (3)

songer au Zer berri Quoi de neuf peu utilisé en famille au profit de Ze xehetasun berri Quelles petites nouvelles, quels détails, goût donc xehetasunendako pour les détails, les petites choses, le minuscule, un goût venu de loin

dimanche 25 janvier 2026

Lu et vu (174)

 Lu

Histoire de Tölne de Mario Rigoni Stern

Hors-champ de Marie-Hélène Lafon

La servante écarlate de Margaret Atwood 

       Histoires dans le monde Discours prononcé par Margaret Atwood le 15 octobre 2017 à Francfort, à l'occasion de sa réception du prix de la Paix des libraires allemands, et traduit de l'anglais (Canada) par Patrick Dusoulier.

Ainsi donc, quelle est l'histoire que nous nous racontons à propos du moment actuel et de ses péripéties ? Quelle que soit la cause de ce bouleversement que nous vivons, c'est le genre de moment où les lapins dans le pré dressent les oreilles, parce qu'un prédateur a fait son entrée.

Bientôt va venir un loup revêtu d'une peau de mouton, ou même un loup habillé en loup, et ce loup va dire : « Lapins, vous avez besoin d'un dirigeant fort, et je suis justement celui qu'il vous faut. Je vais faire apparaître comme par magie le monde parfait du futur, et des cornets de glace pousseront sur les arbres. Mais d'abord, nous devrons nous débarrasser de la société civile - elle est trop molle, elle est dégénérée -, et il nous faudra abandonner ces normes de comportement qui nous permettent de nous promener dans la rue sans nous flanquer des coups de couteau. Et ensuite, nous devrons nous débarrasser de ces gens. C'est alors, et alors seulement, qu'apparaîtra la société parfaite!»

L'identité de ces gens varie d'un lieu à l'autre, et d'une époque à l'autre. Il a pu s'agir de sorcières ou de lépreux, qui les unes comme les autres ont été tenus pour responsables de la peste noire. Cela a pu être des huguenots, dans la France du XVII ème siècle. Cela a pu être des mennonites. (« Mais pourquoi vous ? ai-je demandé à un ami mennonite. Vous semblez si inoffensifs ! - Nous étions pacifistes, m'a-t-il répondu. Dans un continent en guerre, nous donnions un mauvais exemple. »)

Bon, toujours est-il que le loup conclut : « Faites ce que je dis, et tout ira bien. Défiez-moi, et grrr grrr, miam miam, vous serez croqués menu. »

Les lapins sont pétrifiés, parce qu'ils sont terrifiés et désorientés, et le temps qu'ils comprennent qu'en fait, le loup ne leur veut pas du bien, mais qu'il a tout organisé au seul bénéfice des loups, il est trop tard.

Oui, allez-vous me dire, nous le savons bien. Nous avons lu les contes, nous avons lu de la science-fiction, nous avons été mis en garde, souvent. Mais cela n'empêche pas toujours cette histoire de se rejouer dans des sociétés humaines, encore et encore. (p 18, 19)


J’aimerais croire que c'est juste une histoire que je raconte. J'ai besoin de le croire. Je dois le croire. Les gens qui ont la faculté de croire que de telles histoires ne sont que des histoires ont plus de chances de s'en tirer.

Si c'est une histoire que je raconte, j'ai donc un pouvoir sur son dénouement. Elle aura alors un dénouement et la vie réelle s'ensuivra. Je pourrai reprendre les choses là où je les ai laissées.

Ce n'est pas une histoire que je raconte.

Dans ma tête, c'en est une aussi, au fur et à mesure.

Je la raconte, je ne l'écris pas, parce que je n'ai rien pour écrire et que de toute façon il est interdit d'écrire. Mais si c'est une histoire, même dans ma tête, il faut que je la raconte à quelqu'un. On ne se raconte pas une histoire pour son seul bénéfice. Il y a toujours quelqu'un d'autre.

Même quand il n'y a personne.

Une histoire, c'est comme une lettre. Je dirai : Cher toi ou À toi. Rien que toi, sans prénom. Attacher un prénom attache le toi au monde réel, ce qui est plus risqué, plus dangereux : va savoir quelles y sont les chances de survie, tes chances, bien à toi? Je dirai : toi, toi, comme dans une vieille chanson d'amour. Toi peut faire référence à plus d'une personne.

Toi peut faire référence à des milliers.

Je ne cours pas de danger imminent, te dirai-je.

Je ferai comme si tu pouvais m'entendre.

Mais ça ne sert à rien, parce que je sais que tu ne

peux pas. (p 93, 94)


Vu

Spectacle 

Nos matins intérieurs par le Collectif Petits Travers, mise en scène de Nicolas Mathis, texte et directeur d’acteur Jean-Charles Massera

samedi 24 janvier 2026

Les nuits de la lecture, dixième édition

 
Salle des Fêtes d’Arudy, 23 janvier 2026, 18h25

sur le thème Villes et Campagnes, aux mêmes dates, ça s’est trouvé comme ça, que la fête programmée pour les cinq ans de La Curieuse, trois écrivaines invitées respectent l’engagement pris ça fait un bout de temps, Violaine Bérot la veille à la BPI de Beaubourg, Marie-Hélène Lafon marraine (avec Laurent Gaudé) de l’édition et Elsa Sanial, des inscriptions encore et encore, trop petite la Médiathèque, refuser du monde, pas question, la communauté des communes de la Haute Vallée d’Ossau offre la salle des fêtes, une armada se met en ordre de bataille, cette librairie leur lieu à eux, les gens du coin, un lieu de désir, nécessaire, vitale, sur le pont  Marianne Lassus, la libraire, orchestre, fédère, encourage, la queue s’allonge, pas bien chaud dehors, on patiente, quelqu’un On a vu de la lumière alors… on rit, ça papote, parle de neige qui monte, qui redescend, du coup de vent de mercredi, ce vent du sud qui rend fou et décoiffe les sommets, de tout de rien, on est ensemble et c’est déjà bon, 

on rentre peu à peu, la salle est grande, pas forcément hospitalière, un peu froid dedans aussi, pas que dehors, ça se remplit et soudain c’est lancé, dans le vif même si ça hésite cherche sa voie on dirait, puis très vite ça décolle, les échanges se font fluides, ça rebondit, ricoche, lectures croisées entre les auteures, Violaine Bérot lit Marie-Hélène Lafon qui lit Elsa Sanial laquelle lit Violaine Bérot, tressées d’autres venues du public, entre les auteures ça prend, à l’œuvre une alchimie souterraine, on le sent, on le voit, on le vit, et ça se cimente, se sédimente, se dépose en nous, c’est fort, une communauté éphémère prend corps, puissante et fragile, c’était pas gagné, un côté bonne franquette pour plats uniques et inoubliables, vous revient le On a vu de la lumière suivi du machinal alors on est rentrés, oui, la lumière est bien là, « la chaleur que tisse la parole » aussi, on sourit des lèvres des yeux du cœur à sa voisine de chaise, en retour son sourire des lèvres des yeux du coeur, une autre fois, entre  vous, ça, une première pierre, ça flotte, du vibratile, moment où vous vous êtes sentis plus aimants, plus accueillants, cent soixante-dix personnes on entend, à n’y pas croire, des applaudissements, les chaises grincent un peu, sortir d’une sorte d’engourdissement rêve éveillé, du monde déjà s’avance vers chacune des tables, le moment des dédicaces, Marianne On se retrouve  pour un cap a cap avec elles, d’accord ?

vendredi 23 janvier 2026