Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est Lu et v. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Lu et v. Afficher tous les articles

dimanche 19 avril 2026

Lu et vu (185)

Vu

Cinéma 

Bleu de Krysztof Kieslowski à L’Urania de Budapest 

À Budapest 

La Grande Synagogue 

Musée des Beaux-arts 

Jan van Horst vers 1572, Marché

une sélection d’œuvres de la collection privée Blocher a été présentée sous le titre « Desire for an Earthly Paradise » dont des œuvres du peintre et suisse Anker

Anker a abordé les personnalités et la vie intérieure des enfants avec une constance et une profondeur rares. Sur les quelques 800 œuvres de son œuvre, quelque 500 sont centrées sur les enfants, fournissant une source inépuisable de motifs et d'inspiration visuelle.

Son engagement envers ce sujet a été façonné en partie par une tragédie personnelle : ayant perdu deux frères et sœurs et plus tard deux fils, la vie - en particulier la vie des enfants - avait une signification particulière pour lui.

Théologien devenu peintre, Anker s'engageait fréquemment dans des débats théologiques dans sa correspondance, invoquant souvent un verset biblique, d'où il a dérivé son credo artistique : "Voyez, la Terre n'est pas maudite !" Ce credo parcourt tout au long de son œuvre, qui accorde une importance particulière à la représentation de l'enfance, conçue comme étant la plus proche de la bonté et de l'innocence initiales de l'existence humaine.


à l’Ernst Museum 


en haut des marches, André Kertész The sentimentalist 

… et Capa pour Conversation à Budapest, 1948 

"Capa est une invention", a écrit John Hersey dans sa critique contemporaine de Slightly Out of Focus. En effet, avec le nom qu'il a adopté à Paris en 1936, l'ancien Endre Friedmann a créé son propre mythe de son vivant. Après sa mort prématurée et tragique, un prix important a été nommé à son nom : la médaille d'or pour le meilleur reportage photographique publié de l'étranger nécessitant un courage et une entreprise exceptionnels. En même temps, ses écrits survivants se lisent comme des épisodes d'un roman picaresque, dans lequel le héros nommé Capa plie la réalité. 

à Vienne 

L’Albertina

Monnet et Picasso

Honoré Daumier, Miroir de la société

L'artiste français Honoré Daumier (1808-1879) fascine en tant qu'observateur astucieux, brillant dessinateur et narrateur incisif. Outre ses peintures et sculptures, ses plus de 4 000 lithographies, qu'il a conçues pour diverses magazines parisiens, sont particulièrement bien connus. Grâce à ses caricatures engagées, il est devenu la conscience d'une époque de bouleversements. Des événements marquants tels que les révolutions de 1830 et 1848 et la guerre franco-prussienne de 1870-71 ont façonné son siècle, tout comme un profond changement social. Daumier a accompagné le long voyage de la France de la monarchie à la république avec une vision critique mais profondément humaine des circonstances de l'époque. Il s'est concentré sur les événements politiques, le pouvoir judiciaire et la culture. Avec un humour subtil, il a également commenté la vie urbaine moderne dans une période de transformation et les problèmes quotidiens de la population.

En plus de son vaste corpus d'estampes, l'artiste a créé de nombreuses sculptures et, à partir du milieu des années 1840, un nombre croissant de dessins et de peintures indépendants qui témoignent de son énorme expressivité et sensibilité créatives.

L'examen par Daumier de questions fondamentales telles que la liberté d'expression, la liberté de la presse et l'engagement politique individuel rend son art pertinent même aujourd'hui.

L'exposition présente une sélection d'environ 200 œuvres de l'ensemble de son œuvre et de tous les genres artistiques, avec un nombre substantiel de prêts précieux complétant les propres avoirs du musée Albertina. De nombreuses expositions proviennent de la collection exceptionnelle de l'expert Daumier basé à Francfort Hans-Jürgen Hellwig, qu'il a donnée au Museums-Verein du Städel Museum en 2024. Avec des peintures sélectionnées d'autres prêteurs européens, ces œuvres véhiculent l'inventivité et l'esprit extraordinaires d'un artiste dont l'œuvre reste un miroir intemporel de la société.

le photographe Richard Prince

Care matters

UNE EXPOSITION DE LA COLLECTION VERBUND, CARE MATTERS, organisée par son directeur fondateur Gabriele Schor, présente une cinquantaine d'œuvres de trente-deux artistes autrichiens et internationaux sur le thème du sujet socio-politiquement pertinent du travail de soins. 
Beaucoup de ces œuvres n'ont été acquises que récemment par la COLLECTION VERBUND et sont exposées en Autriche pour la première fois.

"Care" est un terme complexe : nous nous soucions de quelqu'un, nous prenons soin de quelqu'un.

LA ERBUND COLLECTION a été fondée par le fournisseur d'énergie autrichien VERBUND AG en 2004 et possède plus d'un millier d'œuvres d'art de quelque deux cents artistes.

Kirsten Justesen Déjeuner 1975/2018

L'artiste danoise Kirsten Justesen est assise nue dans un caddie roulant à travers un paysage ouvert. Le déjeuner est mis en scène de manière ambiguë. La vue du paysage ouvert et le geste de ses bras tendus tout en se penchant en arrière suggèrent la libération des femmes des conventions sociales.

L'artiste apprécie visiblement cet acte d'autonomisation. En même temps, Justesen réfléchit de manière critique à cette mise en scène : la femme est dégradée en objet, apparaissant comme une marchandise dans un chariot.

L'artiste reprend ainsi un aspect essentiel de l'avant-garde féministe des années 1970 : l'ironie était souvent utilisée comme une arme par les femmes de ce mouvement dans leur lutte contre le patriarcat.


Travail REPRODUCTIF ENTRE LA POLITIQUE DE CLASSE ET LE RACISME

En examinant le travail de soins, il devient clair que non seulement le travail de reproduction non rémunéré, mais aussi le travail de reproduction rémunéré reste largement invisible. Ce travail souvent inéquis est principalement effectué par des femmes. En outre, une autre disparité est révélée : précisément là où le travail de reproduction est externalisé, des inégalités émergent qui découlent d'héritages racistes et coloniaux et illustrent le désavantage social.

Lorna Simpson aborde l'hypocrisie qui prévaut aux États-Unis, où il y a une demande de travail effectué par les Noirs, mais les personnes derrière elle sont méprisées. Mary Sibande examine le racisme dans le domaine du travail de soins rémunéré en Afrique du Sud. À Abya Yala - le nom précolonial pour le continent américain - des artistes du Pérou, de Colombie, du Panama et du Brésil illustrent comment les structures de pouvoir coloniales continuent de prévaloir dans le travail de soins. Nicole Wermers, d'autre part, met la femme de ménage qui effectue le travail de reproduction sur un piédestal. La représentation par Margot Pilz des femmes qui travaillent cinquante ans plus tôt est complètement différente : elle montre la femme qui travaille dur comme une ombre derrière son mari. 

Tous ces artistes démontrent que le travail reproductif rémunéré n'est souvent pas apprécié et ne donnent pas aux travailleurs des soins la visibilité et la reconnaissance qu'ils méritent.

Kunsthistorisches Museum 

Le sacrifice d’Isaac d’Andrea Mantegna

une exposition temporaire Canaletto Bellotto


Le parc de Schönbrunn


et celui du Palais du Belvédère 

dimanche 5 janvier 2025

Lu et vu (130)

 Lu

Ann d’Angleterre de Julia Deck

« Puisque la patiente, depuis deux semaines, s'obstine à ne pas mourir, on l'estime sortie de la zone de danger imminente. Sur le scanner de contrôle, le saignement paraît arrêté, mais l'hématome reste énorme. On distingue mal l'étendue des lésions. Je sais que ma mère ne remarchera pas. Après un tel accident, elle n'aura pas la force de se remettre debout. Il risque de lui arriver le pire cauchemar de l'imagination populaire, devenir un végétal, et un végétal conscient de son état, un végétal pensant. Je continue d'espérer qu'elle va mourir tout en me félicitant qu'elle vive, heureuse qu'elle me reconnaisse, d'avoir encore une mère, qu'à travers l'épuisement et la parole entravée, elle me témoigne une sollicitude, l'éternelle appréhension que j'épuise ma machine. Malgré tout ce qui a disparu avec l'accident, quelque chose de notre relation demeure intact. C'est une situation très particulière d'espérer les progrès d'une personne dont on espère aussi la mort. C'est une situation intenable, à laquelle il vaut mieux ne pas penser. » (p 37)


(…)  « Sur le quai, de jeunes actifs parlent dans des téléphones à cing cents euros en buvant des boissons dans des gobelets jetables. Ils flottent sur le toit du monde dans des baskets à deux cents euros livrées à leur porte en vingt-quatre heures, dépensent quinze euros pour un déjeuner à emporter dont la moitié atterrit à la poubelle. Ici, tout le monde a un travail, de beaux vêtements, des cappuccinos à volonté et des vieux dans des hôpitaux qui s'effondrent. » (p 88)


L’autre nom de Jon Fosse


(…) comme si sa douleur, ou sa souffrance, peut-être que le mot est meilleur, me poussaient à vouloir partir loin de lui, non pas parce que je ne voulais pas être avec lui mais parce que, non, je ne sais pas pourquoi, et peut-être que j'ai pensé que je risquais d'une certaine manière d'emporter sa douleur avec moi, de la traîner derrière moi, que je risquais de l'emporter loin de lui avec moi, si je continuais de rouler ? voilà en tout cas ce que je pense maintenant, comme une excuse pour être passé sans m'arrêter et ne pas être allé le voir mais au contraire avoir continué de rouler, car pourquoi (…) je ne suis pas passé le voir ? parce que je suis lâche ? parce que je n'arrivais pas à partager sa douleur ? partager sa douleur, mais qu'est-ce que je veux dire en pensant ça? car ce n'est qu'une façon de paler, partager la douleur, partager la souffrance, c'est une façon de parler, comme s'il était possible de partager la douleur, de partager la souffrance, je pense, et je me vois assis dans la voiture, et je regarde dehors, je regarde en direction du terrain de jeux au bas de l'allée, (…) p 34


Vu


En fanfare d’Emmanuel Courcol


Vingt Dieux de Louise Courvoisier 


Spectateurs d’Arnaud Desplechin


Ernest Cole, photographe de Raoul Peck

dimanche 30 juin 2024

Lu et vu (105)

 Lu

Muette d’Eric Pessan

Qui-vive de Valérie Zenatti 

*

   Je me suis remise de la mort de Leonard Cohen et de l'angoisse politique distillée par l'élection de Donald Trump, comme je m'étais remise du 11 septembre et de l'appel de ma mère, Manhattan, tu connais Manhattan, c'est pas là où tu habitais ? C'est la guerre, ils détruisent tout, ils attaquent l'Amérique. Remise du 21 avril et de l'excitation effrayée de 19 h 58, ce n'était pas possible, nous n'allions pas voir s'afficher le visage de Le Pen qualifié pour le second tour, que faire de ces deux minutes où l'on devinait l'évidence en refusant d'y croire ? Remise des 7 et 9 janvier où des hommes de trente-deux et trente-quatre ans avaient pu surgir au milieu d'une salle de rédaction, dans un magasin casher, et décider qui vivrait hanté par le carnage, qui mourrait sous les balles. Remise du 13 novembre et du bandeau rouge au bas de l'écran où rien ne semblait pouvoir arrêter la progression du nombre de victimes, à croire que ceux qui avaient choisi de sortir ce soir-là dans l'Est parisien allaient y passer jusqu'au dernier. Remise du 14 juillet et de la vidéo visionnée sur Internet en tremblant avant qu'elle soit effacée, un travelling sur les trottoirs de la promenade des Anglais imbibés de sang, jonchés de corps gémissants ou morts sous des couvertures de survie dorées, et une voix hors champ qui disait, Regardez, regardez, c'est pas possible.

   Mais si, cela avait été possible, et c'était donc réel.


   La sidération s'était estompée chaque fois, quoi que j'en aie pensé à la seconde où j'en avais le cœur retourné. Je me répétais, la beauté d'un chant et le désir de destruction se superposeront toujours, il ne faut pas céder à la panique, même si je poussais parfois une porte dérobée pour fuguer vers un autre temps, là où le tissu de l'Histoire était une seconde peau.

Je continuais de croire en mon métier quand je rencontrais mes élèves en début d'année. On va tâcher d'y voir clair dans ce capharnaim qu'on nomme l'histoire de l'humanité, leur disais-je. Je continuais de classer des articles de journaux pour conserver les traces de notre époque et commençais à manquer de place. (…) À quoi ça sert d'entasser des papiers comme ça, alors que tout est sur le Net ?

   Vous ne connaissez pas le frisson de feuilleter un journal daté de 1989 ou 2003, et de découvrir rétrospectivement l'importance exagérée ou minuscule accordée aux événements ; les erreurs d'analyse, les aveuglements des uns, la lucidité des autres. On se réjouit un jour d'une révolution qui se transforme le lendemain en massacre. On estime une rencontre historique alors qu'elle ne mène nulle part et tombe vite aux oubliettes.(…)

   

*

J'écoutais plus souvent Leonard Cohen depuis sa disparition, tout en nourrissant le regret de ne jamais l'avoir vu sur scène, parce que les billets m'avaient paru trop chers lors de son dernier passage à Paris. Il fallait que je prenne garde à ne plus passer à côté des choses importantes, celles qui exhaussent la vie vers la joie pure, mais c'est une entreprise titanesque d'être attentif à tout lorsque l'on slalome entre les jours, entre contraintes, assurance et oubli, et je défie qui que ce soit de soutenir que notre trajectoire est une ligne droite plutôt qu'une errance, j'en détiens la preuve. (p 14 à 17)

dimanche 21 avril 2024

Lu et vu (97)

Lu

Né d’aucune femme de Franck Bouysse

Vu

Arnasa betean a pulmón de Bertha Gaztelumendi, Rosa Zufía (Yannick Bellon citée à au moins deux reprises)