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mardi 18 juin 2024

vaille que vaille

 


se faire une place au soleil, frêle mais vivace, valeureuse petite fleur, tout est contre elle, elle pousse

dimanche 16 juin 2024

Lu et vu (104)

 Lu

Les heures silencieuses de Gaëlle Josse

Ouragan de Laurent Gaudé

Le chasseur d’histoires d’Eduardo Galeano

La connaissance et l’extase d’Eric Pessan, éd. l’Attente

« (…) Mais un type accoudé au comptoir d'un bar, un type qui attend le versement de sa retraite en éructant sa haine, on fait quoi avec un type comme ça?

Un type qui souhaite la mort des musulmans, l'expulsion de tous les Français issus de l'immigration.

On l'aide comment?

Un type qui veut voir mourir les juifs, les hommes et femmes de gauche et de droite, comme les artistes, les musiciens, les comédiens, les écrivains, les danseurs et les peintres.

Quelle marge de manœuvre on a avec lui?

Un type qui aime l'idée de la mort de David Bowie.

On lui explique qu'il se trompe?

On lui dit qu'il a tort?

On lui fait lire l'Ancien Testament?

On lui fait lire le Coran?

On lui fait lire le Nouveau Testament?

On commence par l'asseoir pour lui parler?

On crie plus fort que lui?

On le frappe d'abord et on lui dit que l'on ne cessera de cogner qu'à condition qu'il change sincèrement d'avis?

Elle est où, la marge de manœuvre?

On monte un spectacle qu'il n'ira pas voir pour que des acteurs qu'il exècre incarnent les mots qu'il ne lira pas?

C'est quoi la solution?

L'art?

La littérature?

L'électricité?

La pince coupante?

Le croc?

Les couilles dans un étau?

L'incarcérer au secret, un sac sur les yeux, une cave de deux mètres par deux en terre battue, sans chaise ni lit ni seau où se soulager; on diffuse Boulez à plein pot et on le force à regarder des documentaires sur les bienfaits de l'action culturelle? (p 16-17)


Ça étonnerait plus d'un être humain d'apprendre que l'une des caractéristiques de l'être humain est de nier la condition d'être humain à d'autres êtres humains.

La bêtise est une tragédie.

La simplification est une tragédie.

La fermeture est une tragédie.

Le refus des mots, des partages, du langage commun et du langage possible est une tragédie.

Un homme qui réclame dans un café que l'on tue d'autres hommes c'est une tragédie.

Que des hommes approuvent cet homme est une tragédie.

Que je ne me sois pas levé pour lui demander de se taire est une tragédie.

Ce matin-là, tout le monde dans ce café, tous les visages apparus à la télévision, tous les visages imprimés sur les pages de titre des journaux appartenaient à la communauté humaine. Des êtres différents, énigmatiques à autrui comme - parfois - à eux-mêmes, divers, dissemblables, étrangers, autres mais humains. (p 80-81)

samedi 15 juin 2024

Conversation (30) caisse de supermarché (3)

vagues souvenirs de salle de prof, la maison d’Hossegor, la maison de Pau, les études brillantes du fils, le fils médecin, le mariage du fils médecin… une vraie scie, honnie par élèves, à mots couverts son arbitraire, la retraite, bien quinze ans sans la revoir, dans le magasin juste s’effleurer du regard, au moment de payer deux personnes et, carte bleue en main, elle encore, une plainte continue, grise de lassitude la caissière écoute,  j’ai tout perdu, la locataire… la queue s’allonge, le York tire sur sa laisse quatre ans et demi…le bourdon de sa voix… impossible de la mettre dehors puis presque dans un cri, élan de la conclusion On va enfin arrêter de protéger cette vermine, gagnée à sa cause, la caissière,  Ô oui alors, vous avez raison, dans la queue après une impatience polie, un effroi palpable, se regarder profond et prendre appui, le matin s’est fait glacé, ne pas rester seul

jeudi 13 juin 2024

Un bien bel édito pour

la quatrième édition du festival Le Murmure du Monde, à Arras-en-Lavedan, dans les Hautes-Pyrénées du 13 au 16 juin 24. 


Était-ce l’aube ou le crépuscule ? Dans la forêt, nous tendions l’oreille. La neige et le froid s’étaient fait attendre. Silence. La chouette avait changé de domicile. Reviendrait-elle ?

Alors que nous assistons médusé·es à la disparition de l’hiver, alors que nous éprouvons autant que nous l’observons ce basculement du monde et que le désespoir guette, le festival crée une communauté tout à la fois préoccupée et déterminée à donner du sens, à entendre et inventer de nouveaux récits pour le monde.


Car le festival ne prétend pas alerter mais raconter. S’il est une sentinelle, c’est qu’il cherche au plus près de la création contemporaine les indices du changement à l’œuvre. Il fait entendre les voix qui s’élèvent plus ou moins timidement pour raconter ce qui se joue au fond des bois comme au fond de chacun·e.

Une quarantaine d’invité.es viennent cette année encore nous sortir de notre torpeur et de notre inclination à l’anxiété. Le festival est un rendez-vous qui n’est pas triste et le public, de plus en plus nombreux, le sait bien.

Sommes-nous à l’aube ou au crépuscule ? L’affiche de Marine Schneider ne tranche pas. C’est à nous de choisir.

Mathilde Walton, Directrice et programmatrice

et un papier de La Nouvelle République des Pyrénées 

et sur ce blog, il y a deux ans, pour la deuxième édition de ce festival 

mercredi 12 juin 2024

À pied (20) de Sévignacq-Méracq à Oloron Sainte-Marie

 

Arudy depuis Bescat vers 8h1/2, le 6/6/24

béarnaises


lundi 10 juin 2024

Petites choses (73) qui surprennent

 


être souvent passée par là, avoir même eu une amie qui y habitait et n’avoir jamais relevé ce  « Impasse La Foi »

dimanche 9 juin 2024

Lu et vu (103)

 Lu

Entre ciel et terre de Jón Kalfmán Stefánsson

Maddi d’Edurne Portela 

De vives voix de Gaëlle Josse

Le Livre des Étreintes d’Eduardo Galeano (éd La Différence)



LA GUIGNE


Tant que dure la guigne, je perds tout. Les choses me tombent des poches et de la mémoire : je perds mes clefs, mes crayons, mon argent, mes documents, les noms, les visages, les mots. Et je sais s'il s'agit d'un mauvais sort, jeté par quelqu'un qui ne m'aime pas ou me veut du mal, ou d'un pur hasard, mais parfois, la dépression tarde à me laisser et je vais de perte en perte, je perds ce que je trouve, je ne trouve pas ce que je cherche, et je ressens l'angoisse profonde de voir la vie tomber de moi par distraction.(éditions La Différence, p 168)


Vu


Spectacles 



Compagnies IT Dansa


Akram Kahn
Gustavo Ramírez Sansano
Ohad Naharin

Kaash / Lo que no se ve
Minus

samedi 8 juin 2024

à pied (19) : de Sévignacq-Méracq à Oloron-Sainte-Marie




pour finir sur plusieurs kilomètres, marcher à l’ombre des grands arbres, murmure de l’eau, oiseaux à qui mieux-mieux, 


le gave d’Ossau dévale la vallée à la rencontre du gave  d’Aspe pour devenir à Oloron, le gave d’Oloron

Oloron, depuis Sainte-Croix, 6 juin, 4 h

vendredi 7 juin 2024

à pied (18) de Sévignacq-Méracq à Oloron-Sainte-Marie

 

Ogeu-les-Bains, 6 juin 24, vers midi 

un bruissement, le champ ondoie, la moisson sera belle

jeudi 6 juin 2024

À pied (17) de Sévignacq-Méracq à Oloron-Sainte-Marie

 

Herrère, ce jour, 12h50

Penser à revenir par ici un automne 


Forêt domaniale d’Escou, 12h40

mardi 4 juin 2024

de l’art de la répartie

 


64 Music Box, Médiathèque de Pau, Thierry Biscary J’ai besoin de voir mon public, faites-moi un peu de lumière sur la salle, ah ! quelques têtes blanches… l’un des six enfants devant au premier rang Et nous, des têtes colorées ?

lundi 3 juin 2024

par les sous-bois (9)

 


il a gémi, un cri, il était mort


dimanche 2 juin 2024

Lu et vu (102)

Lu

Le livre du large et du long de Laura Vasquez

Comment tout a commencé de Pete Fromm

Un fils perdu de Sacha Filipenko

Gouverneurs de la rosée de Jacques Roumain 

extrait : 

« La vieille Délira, effrayée, se signa.

—Je ne déparle pas, maman. Il y a les affaires du ciel et il y a les affaires de la terre : ça fait deux et ce n'est pas la même chose. Le ciel, c'est le pâturage des anges; ils sont bienheureux ; ils n'ont pas à prendre soin du manger et du boire. Et sûrement qu'il y a des anges nègres pour faire le gros travail de la lessive des nuages ou balayer la pluie et mettre la propreté du soleil après l'orage, pendant que les anges blancs chantent comme des rossignols toute la sainte journée ou bien soufflent dans de petites trompettes comme c'est marqué dans les images qu'on voit dans les églises. Mais la terre, c'est une bataille jour pour jour, une bataille sans repos : défricher, planter, sarcler, arroser, jusqu'à la récolte, et alors tu vois ton champ mûr couché devant toi le matin, sous la rosée, et tu dis : moi untel, gouverneur de la rosée, et l'orgueil entre dans ton cœur. Mais la terre est comme une bonne femme, à force de la maltraiter, elle se révolte: j'ai vu que vous avez déboisé les mornes. La terre est toute nue et sans protection.

Ce sont les racines qui font amitié avec la terre et la retiennent: ce sont les manguiers, les bois de chênes, les acajous qui lui donnent les eaux des pluies pour sa grande soif et leur ombrage contre la chaleur de midi.

C'est comme ça et pas autrement, sinon la pluie écorche la terre et le soleil l'échaude: il ne reste plus que les roches. Je dis vrai: c'est pas Dieu qui abandonne le nègre, c'est le nègre qui abandonne la terre et il reçoit sa punition : la sécheresse, la misère et la désolation.

—Je ne veux plus t'entendre, fit Délira secouant la tête. Tes paroles ressemblent à la vérité et la vérité est peut-être un péché. » (Zulma poche, p 34,35) 

Vu 

Cinéma

Fainéant.es de Karim Dridi

Spectacle 

Thierry Biscary

samedi 1 juin 2024

Pau, quartier Saragosse

 


pour un peu de rouge sur tour grise