Rechercher dans ce blog

dimanche 9 juillet 2017

"Karlosa" le célibataire

ils ont parfois eu des femmes, des femmes de la ville, mais la ferme, faut s'habituer, à moins que la mère, on sait pas, elle était peut-être dure, le pays bruissait à leur arrivée, bruissait encore quand elles s'en retournaient, on commentait, supputait, rumeurs à mots couverts,  puis c'est la mère qui s'en allait, à marche forcée, apprendre la soupe, le caddie dans les supermarchés, la machine à laver, on a sa dignité, du temps encore mais si vite, et c'était la retraite, encore plus de solitude dans la grande maison vide, un bout de jardin, trois vaches, quelques brebis, deux cochons, les cochons, on sait ça quand on est né là, ça aime pas être seul, il fallait bien s'occuper, on gardait l'utilitaire, Kango ou express et pour la compagnie on prenait un caniche

dimanche 2 juillet 2017

VISAGES Rainer Maria Rilke

Les cahiers de Malte Laurids Brigge 
                                      (fragments)
                                       1904-1910

VISAGES

     Je songe par exemple que jamais encore je n'avais pris conscience du nombre de visages qu'il y a. Il y a beaucoup de gens, mais encore plus de visages, car chacun en a plusieurs. Voici des gens qui portent un visage pendant des années. Il s'use naturellement, se salit, éclate, se ride, vieillit comme des gants qu'on a portés en voyage. Ce sont des gens simples, économes; ils n'en changent pas, ils ne le font même pas nettoyer. Il leur suffit, disent-ils, et qui leur prouvera le contraire ? Sans doute, puisqu'ils ont plusieurs visages, peut-on se demander ce qu'ils font des autres. Ils les conservent. Leurs enfants les porteront. Il arrive aussi que leurs chiens les mettent. Pourquoi pas ? Un visage est un visage.
     D'autres gens changent de visage avec une rapidité inquiétante. Ils essaient l'un après l'autre, et les usent. Il leur semble qu'ils doivent en avoir pour toujours, mais ils ont à peine atteint la quarantaine que voici déjà le dernier. Cette découverte comporte, bien entendu, son tragique. Ils ne sont pas habitués à ménager des visages ; le dernier est usé après huit jours, troué par endroits, mince comme du papier, et puis, peu à peu, apparaît alors la doublure, le non-visage, et ils sortent avec lui.
     Mais la femme, la femme ; elle était tout entière tombée en elle-même, en avant, dans ses mains. C'était à l'angle de la rue Notre-Dame-des-Champs. Dès que je la vis, je me mis à marcher doucement. Quand de pauvres gens réfléchissent, on ne doit pas les déranger. Peut-être finiront-ils encore par trouver ce qu'i1s cherchent.
     La rue était vide ; son vide s'ennuyait, retirait mon pas de sous mes pieds et claquait avec lui, de l'autre côté de la rue, comme un sabot. La femme s'effraya, s'arracha d'elle-même. Trop vite, trop violemment, de sorte que son visage resta dans ses deux mains.
     Je pouvais l'y voir, y voir sa forme creuse. Cela me coûta un effort inouï de rester à ces mains , de ne pas regarder ce qui s'en était dépouillé. Je frémissais de voir ainsi un visage du dedans, mais j'avais encore bien plus peur de la tête nue, écorchée, sans visage.


jeudi 29 juin 2017

vieillir (15) : l'ancienne

 Cent ans aujourd'hui. Enterré deux maris, un fils. Les bougies, le gâteau, des chants, des photos, on la fête. Son fauteuil roulant, un trône. Elle se tourne vers toi :
- Ta mère, elle a fait vite quand même.
Tu lèves un sourcil, les années maison de retraite, la voix enfuie, l'hémiplégie, vite, non, tu ne dirais pas comme ça.
Converser, s'accrocher, faire mine de s'intéresser. La voilà en orbite. Elle tient un fil. Elle ne le lâchera pas.
- Et quelle âge ça lui faisait quand elle est partie ? 86 ans, tu dis ? c'est quand même jeune pour partir.

jeudi 15 juin 2017

Ronde (23) : parfum (s)


La ronde est un échange périodique de blog à blog sous forme de boucle, mis en ligne le 15 du mois. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième et ainsi de suite. 

Sur le thème de Parfum(s),  j'ai le plaisir aujourd'hui d'accueillir Dominique A de La distance au personnage tandis que je me décale vers Métronomiques, le blog de Dominique Hasselmann.



 Un bien grand bonheur

 — Ça pique le nez, non ?
— Oui regarde, c’est la poussière, maintenant l’ombre s’accroît et c’est pour ça qu’on la remarque.
À l’intérieur, entre chien et loup tu crèves l’abcès de temps en temps, elle se lève dans le reste de lumière avant de se reposer à peu près au même endroit. La poussière est sacrée, on croit pouvoir s’en débarrasser, mais fondamentalement, elle demeure. Elle prend chair, avec l’âge. On en fait des statues dans nos jardins.




Je vous revois encore,

Pauvres fleurs dans les corbeilles des jardins à la française,
Elles ont l’air d’avoir peur de la police…
Mais si belles qu’elles fleurissent de la même façon
et qu’elles ont le même sourire antique
qu’elles eurent pour le premier regard du premier homme
qui les vit apparaître et les toucha légèrement
afin de voir si elles parlaient… *


— Votre goût des piments doux, celui des meubles pauvres. Un livre de recettes sans illustrations, les mots étaient précis et les phrases correctes. L’odeur de la bassine Gilac (plastique miracle), et celle de la savonnette inconnue, au repos ou au garde-à-vous sur l’évier de la cuisine. Vos mains qui nous lavent, notre seule richesse. Le goût acidulé du jus de fruit pam.pam et la danse des yeux en amande. Une abeille ivre au goulot de la bouteille de bière blonde. Un air frais porte les parfums du monde au milieu des jambes nues, c’est la terre qui tourne et l’enfer qui commence.
C’est un bien grand bonheur.






* Fernando Pessoa, in Le Gardeur de troupeaux


La ronde tourne dans le sens suivant :


Élise 

Dominique H. 

Giovanni

Hélène

Jacques

Jean-Pierre

Franck

Marie-Christine

Guy

Noël

Dominique A.
https://dom-a.blogspot.fr/2017/06/la-ronde-numero-23-parfums.html


mercredi 31 mai 2017

du côté (3) des mères : totalement hipster


Barceloneta, un air de vacances, pas ferme, elle va, vient, maillot de bain et escarpins, on la regarde, poussette à bout d'un bras, téléphone à l'oreille, silhouette musclée, joli maintien, les années danse et pourtant une tension des gestes, une impatience, rentabiliser le temps, bronzer, rester désirable, élever un enfant, qui à l'autre bout, l'échange s'éternise, visage crispé, sourcils froncés, sûr, elle passe des ordres, une commande, la femme de ménage, sa start up, maîtriser, tenir tous les fils, là, pas là, il est seul

dimanche 28 mai 2017

du côté (2) des couples

quand je me suis marié, je lui ai dit ensemble mais attention pas siamois ou je tiens pas six mois

mardi 16 mai 2017

parole (4) de fille

"trois enfants, instit', la retraite à cinquante-cinq ans, tu te rends compte la chance ? eh ! bien, non, faut pas croire, le problème ? lui ! quinze ans de moins que ma mère, alors forcément il travaille, et le week-end, il est fatigué, pas envie bouger, elle le trouve vieux"

samedi 13 mai 2017

Elle disait

ça demande trop d'entretien et puis faudrait arroser tous les jours, non, je peux pas les voir, les impatients au cimetière

mardi 2 mai 2017

vieillir (14)

acheter de la salade et se rappeler en ouvrant le frigo qu'il en restait dans le compartiment du bas,

porte-manteau de l'entrée, un tissu inconnu, une sorte de madras, le tirer vers soi, ni un foulard, ni un fichu, un parapluie, à qui et se rappeler in extremis, la pluie battante, l'amie qui d'autorité vous le prête

fond de placard, plonger à la recherche de sandales d'été, aviser une paire de bleues, à moi vraiment ?  pourtant, la marque confort habituelle et elles portent l'empreinte de votre pied

trier, éliminer du vieux courrier, dans les mains, une lettre, une vraie lettre, le ton familier d'un proche ou plutôt celui de quelqu'un qui a été proche, qui, retourner, labourer sa mémoire, combien comme ça vous ont quittée sans même laisser une trace

mercredi 26 avril 2017

vieillir (13) : plans sur la comète

soixante années et des brouettes ensemble, il lui disait, répétait, rabâchait, "du harcèlement" elle disait, "tu vas voir, le terrain, on va le vendre, à toi l'argent, à moi le cimetière", la voilà partie, à lui la maison de retraite

vendredi 14 avril 2017

mots oubliés (8) faire maigre

année 60, du mercredi des Cendres à Pâques, quarante jours, le Carême, faire maigre le vendredi, morue et pommes de terre bouillies à l'ail et persil, la viande, ce jour-là, un péché, plus tard, maigre seulement le Vendredi saint et plus tard encore Ça veut dire quoi "faire maigre"?

dimanche 2 avril 2017

une peur bleue,


des injonctions contradictoires, 
 à droite, à gauche, au centre,
vers où aller,
et c'est la clé des champs
ramener tout le monde,
une toute autre histoire




dimanche 19 mars 2017

la terre,


une pioche,
des semis, 
des promesses de printemps,
 l'écho du ressac, 
rien d'autre


mercredi 15 mars 2017

Ronde (22) : cuisine(s)

La ronde est un échange périodique de blog à blog sous forme de boucle, mis en ligne le 15 du mois. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième et ainsi de suite. .. 
J'ai le plaisir aujourd'hui d'accueillir  Frank. De mon côté, je suis accueillie par Céline.

 Deux contraintes cette fois :

un incipit  => Ils vont où les oiseaux
et 
un thème => cuisine(s) 

Frans SNYDERS
Anvers, 1579 - Anvers, 1657
- Ils vont où les oiseaux, Madame ?
- Eh bien posez-les délicatement sur la table mon Ami… dit-elle d’un ton légèrement excédé. Elle avait bien d’autres préoccupations que donner des ordres évidents à des aides encombrants. Enfin, le jour était venu de fêter dignement l’évènement par un dîner gastronomique dont le clou devait être la révélation de l’œuvre. Le dîner se devait d’être splendide. Madame Desplat souhaita se surpasser dans la confection du menu. Elle avait accepté, aussi incroyable que cela put paraître, la complicité de Carter qui s’était proposé de lui venir en aide, bien entendu en tant que simple commis parce qu’il avait tant à apprendre sur la cuisine française... On les vit, sous les halles au marché, choisir les ingrédients nécessaires pour la préparation du dîner. Ils s’attardèrent devant l’étal du volailler, à soupeser les bécasses, palper les foies de canard, inspecter la venaison chez le boucher, trier les meilleurs légumes chez le marchand de primeurs. Madame Desplat virevoltait d’un étal à l’autre, condamnait d’une sentence irrévocable le cuissot de chevreuil dont on avait, d’un geste irresponsable, dépecé la fourrure, mettait sous le nez d’un Carter attentif et appliqué la tête luisante et grêlée de brindilles d’un cèpe de Bordeaux, le retournant pour montrer la chair moussue et kaki où le doigt s’enfonçait, la fermeté rénitente de la queue attaquée par des limaces connaisseuses, autant de signes qui traduisaient la qualité du produit. Elle avait manifestement plaisir à instruire Carter de toutes les ficelles accumulées par des générations avant elle et transmises de bouche de mères à oreilles de filles. L’attention studieuse qu’il avait, la façon d’incliner la tête vers elle, de lui sourire en la relevant, de porter sans broncher les colis de plus en plus pesants qu’elle entassait sur ses bras, cette élégante humilité qui le faisait se retirer pour la laisser parader dans son rôle stimulaient son enthousiasme. Loin de lui l’idée de raconter ses longues années d’apprentissage dans les plus grandes maisons d’Europe et les grandes tables où il avait appris l’art culinaire ; il ne voulait pas rompre l’entrain qui saupoudrait de rose les joues de madame Desplat et lui seyait si bien. 
La préparation du repas les occupa toute la journée et ils ne tolérèrent aucune autre personne autour d’eux. Il obéit aux ordres enjoués de son chef, peler les carottes, vider les oiseaux après les avoir plumés, exactement comme elle lui avait montré, les mettre en broche après les avoir lardés et fourrés d’une noix de foie gras de canard, « juste pour remplacer le manque », préparer le bouillon de carcasse avec les os du canard, oignons, carottes, poireaux… Elle lui montra comment désarticuler les bécasses rôties, les parer, ôter la peau de la chair, les agencer dans la casserole, puis concasser les os et les restes à réserver ; comment préparer la sauce en faisant revenir dans du beurre, assaisonné d’une branche de thym et de laurier, quelques échalotes puis mouiller de bouillon et de vin rouge « attention, pas n’importe quelle piquette », sel, poivre, une pincée de muscade. Comment la faire réduire de moitié pour enfin y plonger ce qui a été pilé, faire chauffer, sans bouillir, et passer le tout à l’étamine, verser la « substantifique moelle » sur les morceaux de bécasses et faire chauffer le tout au bain-marie… Carter était rouge de plaisir et d’excitation derrière madame Desplat qui maniait poêlons et sauciers de main de maître. Les mains dans le dos, il fronçait les sourcils en observant tous les mouvements qu’elle réalisait avec précision et efficacité, malgré l’attention qu’elle sentait peser sur elle. Elle rayonnait sur son terrain de prédilection, fière de montrer au majordome toute la maitrise de son art, auréolée des vapeurs de cuisson, parfumée aux bouquets de gibier, les mains ornées de rubis de sang séché. Il souhaita que jamais ne cessa cet office païen où la puissante prêtresse sacrifiait goulument sous le tranchant de sa lame, tout ce qui passait entre ses mains, les cous déplumés, chapelets à la triste peau noire et ridée, les fanes tremblantes des carottes ligotées, les radicelles dressées sur la queue des poireaux, jusqu’aux transparentes et légères tuniques des oignons qui seuls, avaient pu tirer une larme de ses yeux exaltés.






















































La ronde tourne cette fois-ci dans le sens suivant, par ordre du tirage au sort (un clic sur le lien de son blog libère le nom de l’auteur) : 

Bonne lecture à tous au fil de la ronde !

mercredi 8 mars 2017

parole(3) de fils

on en est encore à marquer nos enfants à la culotte nos enfants que l'on doit en plus s'occuper des histoires d'amour de nos parents, oui, voilà que lui tombe raide dingue d'une jeunesse, elle, forcément, complètement à la ramasse, à pousser, tirer, finalement quand il a été si malade, s'il y était resté, c'était un immense chagrin mais on gardait une image de père généreux et combattif au lieu de quoi

mercredi 1 mars 2017

"C'était un vrai petit jardin où erraient les songes de maman. Un fil bleu ouvrait une porte sur le ciel."


Arioste L'Attentif de Yannis Ritsos
traduit du grec par Gérard Pierrat

Substitution

Maman avait un panier en osier rempli de bobines, de dés à coudre, d'aiguilles, de boutons, d'anneaux, d'agrafes. C'était un vrai petit jardin où erraient les songes de maman. Un fil bleu ouvrait une porte sur le ciel. Sur un fil vert marchaient des funambules, des feuilles, de petits perroquets, des paons, un oiseau avec une ombrelle rouge, un chagrin vespéral sans cause, jusqu'à ce qu'ils parviennent, à petits sauts répétés, sur le tambour à broder de maman tendu de satin. Moi, j'ôtais chaque jour une parcelle des arbres, de la lumière, de l'air, et je l'ajoutais à la broderie de maman, jusqu'à ce qu'il se produise, peu à peu, un échange secret entre notre maison et la campagne. Nos meubles cédaient leur place à des oiseaux, des sources, des buissons. Ainsi, la campagne se vidait progressivement de sa verdure pour se remplir de canapés, d'armoires, de miroirs et de rideaux. Papa, semble-t-il, ne se rendait pas compte de cette transformation car il continuait à secouer la cendre de sa cigarette au-dessus d'un lys - c’est-à-dire à l'endroit précis où se trouvait jadis le cendrier. Maman et moi, nous nous regardions à la dérobée et nous hochions la tête en souriant. C'est à cette époque que je me suis mis au tabac pour dissimuler mes yeux derrière la fumée. Plus tard, je vis un enfant qui tenait un panier identique et vendait des cerises. ]e l'ai aussitôt aimé. "Le panier de maman!" lui dis-je. L'enfant me regarde. Il tire deux cerises pour me les offrir. Maman n'est plus là pour que nous hochions la tête à l'unisson en souriant. "Merci", lui dis-je. ]e lui donne deux sous. "Mais je t'en fais cadeau, proteste-t-il, je ne veux pas d°argent!" Il a jeté les deux sous à mes pieds. ]e les ai ramassés. Je tiens les cerises dans ma main gauche. ]e me propose de planter leurs noyaux dans deux dés à coudre du panier de maman. C'est sûr qu'il y poussera deux cerisiers à l'endroit où ses mains brodaient. Ils auront cette expression clémente qui était bien à elle. "Merci", lui dis-je à nouveau. Car je l'aimais beaucoup et ne pouvais me fâcher.

dimanche 19 février 2017

conversation autour des tombes

chape d'un silence, s'habituer, impossible, chacune tendue vers les siens, geste de nos mères, gestes de toujours, arroser, redresser un pot, nettoyer les plaques, arracher une mauvaise herbe, s'affairer, bavarder aussi -Ta maman, je la revois encore, élégante et discrète, oui jusque dans son départ, vous l'aviez trouvée parmi les roses, son sécateur encore à la main, une belle mort on avait dit, elle se redresse, maintenant la maison est fermée, on ouvre un peu, mon frère passe un coup de tondeuse mais dans le jardin tu me croiras si tu veux, eh ! bien le rosier, elle suspend sa phrase, ménage un suspense, eh! bien, le rosier, il résiste

samedi 11 février 2017

dès potron-minet

elle est là, déjà là, et ce chaque jour, escaliers, couloirs, on est gris, moroses, le regard morne, fuyant, parfois anxieux, ce sera comment aujourd'hui, on baisse les yeux, regarde nos pieds, contourne son seau, son balai, elle sourit, salue, reprend sa tâche, inlassable, on la re-croise plus tard, d'autres escaliers, d'autres couloirs, oui, le béton peut briller, utile, on sait pas, juste que c'est mieux comme ça, dérisoire et beau, le prix d'une obstination, il brille, le béton brille

jeudi 9 février 2017

parole(2) de mère

avec les enfants c'est comme un tunnel, quand on voit de la lumière, c'est qu'un train arrive dans l'autre sens

dimanche 15 janvier 2017

ronde (20) : aube(s)

La ronde est un échange périodique de blog à blog sous forme de boucle, mis en ligne le 15 du mois. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit chez le troisième et ainsi de suite. .. elle tourne dans ce sens cette fois

chez Guy
chez Jacques
chez Elise
chez Noël
chez Hélène
chez Franck
etc.

Sur le thème Aube(s),  j'ai le plaisir aujourd'hui d'accueillir Jacques, Un promeneur
tandis que je me décale vers Noël Bernard



A la parole abandonnée la veille et qu’on reprend
Dans l’atelier où vont les mots usés que l’on répare
A la bouche de vérité où va la main
Au jour descendant qui nous rapproche de demain
A ce qui reste de printemps en nous toujours
Aux joues que l’on effleure
Aux lèvres jeunes

Au chant pour son passage par la gorge
Aux larmes
A ce qui traverse le cœur comme une balle

A l’âme lasse de fatigue
A l’inconnue qu’on devine compatissante
A l’asphalte qui boit si bien le sang
A l’improviste, cette auberge où on descend

Aux portes ni ouvertes ni fermées
A la partie perdue
Au temps qu’on a gagné sur la douleur

Au moment même
A l’aube dans l’été
Et même à l’hiver

dimanche 8 janvier 2017

ravie de la crèche

faire un pas, s'arrêter, regarder, une forme, un caillou, une lézarde, un nuage, une ombre, un rien dans la lumière, et c'était là, beauté, sa voix âpre, soudain rugueuse, "iduridun atzo sortua", "le "zu-vous" troqué pour "dun-tu", violence du tutoiement dans la langue maternelle,  le "xu-chou", vous adouci des moments tendresse reculait vertigineusement,  "On croirait que tu es née hier", se reprendre, une contenance

mercredi 4 janvier 2017

à la boulangerie

une institutrice  J'aurais besoin de dix galettes pour tirer les rois à l'école vendredi mais, rassurez-moi, les fèves ne sont pas des sujets religieux ?