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lundi 13 mars 2023

Petites choses qui (40) réchauffent le coeur

 

un petit troupeau de retraités, 

eux, le mari la femme, terres en location, la pension, les trois hectares autorisés, quelques bêtes C'est pas ce que ça nous rapporte mais on a toujours fait ça, alors tant qu'on peut, 

elles, les brebis, ce qu'il reste du grand troupeau, trop vieilles pour la vente, des onze douze ans, un agneau si elles peuvent encore, des soins patients au handicapé, 

mourir là

lundi 21 novembre 2022

sur le chemin des phares en Galice

 

zona de Especial Proteccion de los Valores Naturales Costa da Morte 26 sept 22

 

Masses marron posées sur les rochers à droite de la piste. 

Des vautours ? 

vers Fisterra

mises en garde insistantes,  

ne pas quitter le sentier, 

prudence,

avancer donc à pas menus,

 

 

et s'étonner des chèvres et des chevreaux, un petit troupeau paresse là dans la tiédeur du jour.

O Camiño dos Faros


mardi 16 août 2022

à la ferme

A l'étable, une vache en chaleur meugle. Passage de l'inséminateur. De retour des champs, à sa femme - Alors finalement, il a mis quoi, Jugnot ou Nadal ?

lundi 21 mars 2022

des mères

 - A ce qu'il paraît il a tellement de canes prêtes à couver qu'il leur a mis des œufs de poule. Méfie-toi, je lui ai dit.

- Ah ! pourquoi ? J'ai lu ou entendu quelque part que les animaux suivaient le premier vivant qu'ils voyaient à leur naissance.

- Ben, justement. Imagine que la cane parte vers la mare.

mercredi 19 septembre 2018

une victoire




Téléphone, sa voix, joyeuse, claironne "La Normande a fait un petit veau, une femelle. Notre première naissance sexée. 
- Sexée... ?! 
- Oui, ça coûte plus cher, avec l'insémination artificielle on peut maintenant choisir le sexe, ça va aussi venir pour les humains, c'est sûr."




mercredi 3 août 2016

de la sélection chez les Blondes d'Aquitaine

"il est beau, il a une jolie coupe mais on ne va pas le garder, les troupeaux ont blanchi, trop ! la mode est maintenant à ceux de rouges"

vendredi 2 octobre 2015

vendredi 18 septembre 2015

vendredi 6 février 2015

"resituer les écureuils de mes souvenirs"


Le-fou-Miguel-Delibes-Verdier-Romans-contemporains

 Le Fou Miguel Delibes
traduit par Dominique Blanc

 
(...) Ça ne m'a pas empêché, aussitôt que du train j'ai aperçu le vieux château d'Henri IV et ses jardins touffus, de resituer les écureuils de mes souvenirs, et, du même coup, quelque chose comme la nostalgie d'une enfance brusquement interrompue s'est agitée en moi. Simultanément j'ai constaté que Pau était, comme je l'imaginais, une ville grise, enveloppée d'une atmosphère grise et calme, et tranquille, comme si elle avait été abandonnée par ses habitants.



   J'avais sur moi l'adresse de l'hôtel, parce qu'auparavant j'avais écrit à la tante Candida et elle m'avait envoyé, également, l'adresse de notre ancienne maison dans cette ville. Si bien qu'en remontant le boulevard des Pyrénées, mon petit David, j'éprouvais la tranquillité d'une destination sûre. Aurita et moi nous marchions lentement, admirant tout sans nous préoccuper du qu’en-dira-t-on. Nous nous arrêtions aux carrefours et déchiffrions les plaques, et à l'entrée de la rue des Cordeliers nous avons demandé la rue Duplaa à un petit vieux qui nous a dit: « Tout droit jusqu'à Saint Jacques. Une fois là, renseignez-vous. » 

 

(...)
 La ville inconnue nous rapprochait l'un de l'autre et l'on aurait dit que les derniers nuages qui menaçaient la paix de notre maison s'étaient dissipés.
 


 Sur la place Albert Ier il y avait des petits massifs et des bancs de bois et, assis sur les bancs, des amoureux en chair et en os qui s'embrassaient et s'enlaçaient comme s'ils avaient froid. Au centre des massifs se dressait la statue d'Albert Ier, mais sans Albert Ier, parce que les Allemands avaient emporté son effigie pour la fondre. Le piédestal était assez ridicule avec son inscription Albert Ier, et tout semblait une plaisanterie de mauvais goût, comme si l'on voulait dire qu'Albert Ier n'avait été que du vent, un pauvre et triste rien-du-tout. Mais les amoureux tout autour n'étaient pas refroidis par cette idée et, en les voyant si enfiévrés, moi je me suis demandé, mon petit David, comment il était possible que ces derniers temps la population décroisse en France.
(...)
La rue Serviez était pratiquement parallèle à celle de la pension, et tout en m'y avançant je ressentais une émotion croissante, mon petit David, et je m'efforçais de revivre des faits passés et des émotions passées sans y parvenir. Je me disais: « Ceci me rappelle, ceci me rappelle. » Mais rien ne me rappelait rien, mon petit David, c'est la vérité, et si je me le disais c'était pour stimuler mon subconscient, quoique sans résultat. Plus je me rapprochais du numéro de notre maison, plus augmentaient l'atonie de mon ventre et la faiblesse de mes genoux. Devant un bar, je me suis arrêté et je l'ai observé avec attention. Je pensais: « Bon, ce bar... » Mais comme je n'arrivais à rien, sinon à accentuer mon inquiétude, j'y suis entré et j'ai commandé un cognac. À la radio, dans un coin, on entendait chanter La Seine. Toute la France chantait La Seine, mon petit David, parce que, même si cette musique est suave et nostalgique, elle pénètre chacun au plus profond.


avec mes remerciements chaleureux à Louis Watt-Owen de La main de singe qui m'a fait découvrir ce livre

vendredi 23 janvier 2015

samedi 17 janvier 2015

elle s'éloigne en rêvant


 l'une couve, l'autre pas
et le futur d'éclore ici et là


lundi 22 décembre 2014

Notre journal (9) : 18 décembre 1939 / 16 janvier 1940



 (...) la toison encore humide, les poils collés les uns aux autres forment des boucles plates. On dirait presque qu'il a froid.

 

 (...) Par moment il bêle d'une voix aigre, plaintive. Sa mère lui répond gravement comme pour l'encourager à marcher.


C'est aujourd'hui le marché de Labastide-Clairence. (...) maintenant qu'ils ont grandi, on les arrache aux brebis pour les vendre.


On leur attache les quatre pattes ensemble, on les pèse et on les jette, sans pitié, dans une corbeille.


(...) Sans écouter leurs cris, le paysan charge la corbeille sur le dos et va attendre sur la route l'autobus qui l'amènera au marché.

mercredi 10 décembre 2014

mercredi 3 décembre 2014

fenêtre (18) : dans le cadre

des prés, des collines et le ciel
son fauteuil poussé là
la forteresse de son silence
parfois un appel du dehors
le visage s'illumine alors
sa fébrilité à partager
suivre son regard,
chercher,
ce jour-là,
un merle dans le pommier en contrebas
une grâce légère
la vie est là

vendredi 9 mai 2014

jeudi 17 avril 2014

La République des Pyrénées (en ligne le 17 avril 2014)

Agriculture : la Confédération paysanne manifeste contre la Fromagerie des Chaumes

Par Laurence Fleury
Publié à 06h00
Mise à jour : 07h58


 Les brebis Lacaune utilisées pour le tournage d'un spot publicitaire, provoquent la colère de la Confédération paysanne.
 Les brebis Lacaune utilisées pour le tournage d'un spot publicitaire, provoquent la colère de la Confédération paysanne. (Laurence Fleury)

Une poignée de bergers paysans, membres de la Confédération paysanne, a fait le déplacement hier matin pour assister au tournage du film publicitaire qui avait lieu dans un pré, à proximité du petit village béarnais de Lys.
Les vedettes du spot étaient une douzaine de brebis de race Lacaune, mises en situation dans le piémont béarnais avec en arrière plan les splendides montagnes enneigées de la haute vallée d'Ossau. "C'est du mensonge ! s'indigne Michel Erbin, porte-parole de la Confédération paysanne du Béarn. Ils utilisent le paysage pyrénéen, entretenu grâce aux brebis de races locales, Basco béarnaise, Manech à tête rousse ou à tête noire, pour mettre en avant la Lacaune qui n'est absolument pas de la région et surtout pas adaptée à la montagne ni à la transhumance."

Interdite pour l'AOP Ossau-Iraty
Depuis quinze ans, la fromagerie des Chaumes, sous l'égide de l'industriel Bongrain, encourage l'installation et le développement d'élevages de race Lacaune, pourtant interdite dans le cahier des charges de l'AOP Ossau-Iraty. En Béarn et au Pays Basque, 80 exploitations de brebis Lacaune produiraient aujourd'hui 40 % du lait de la fromagerie des Chaumes.
Ce que dénonce la Confédération paysanne, c'est l'utilisation tronquée de l'image du pastoralisme béarnais pour faire la promotion d'une race de brebis exogène et intensive, ce qui induit le consommateur en erreur. "Avec ce type de brebis, peu rustique ni adaptée au terrain, on ne pourra plus aller en montagne d'ici vingt ans car la forêt aura repris le dessus. Que les consommateurs ne s'y trompent pas ! Ce sont les brebis locales qui entretiennent le paysage et la bio diversité, et c'est avec leur lait qu'on fait du fromage de qualité."

Dérégler la production de lait
Selon la Confédération paysanne, la Fromagerie des chaumes aurait mis un système de surprime visant à payer plus cher le lait produit hors saison, en août et novembre lorsque les races locales sont taries ou en estive, de façon à inciter les éleveurs à produire du lait toute l'année. De surcroît, la brebis Lacaune donnerait deux à trois fois plus de lait que les Basco béarnaises ou les Manech. Un lait moins gras, donc moins coûteux au final s'il est produit à plus grande échelle. "Je fais 30 000 litres de lait avec 300 Béarnaises, annonce Michel Erbin. Combien produis-tu avec tes Lacaune ?" Et l'éleveur choisi pour le spot publicitaire de répondre sans dévoiler sa production : "Une partie du lait des fromageries est importée d'Espagne et d'Aveyron parce qu'on n'en produit pas assez dans le département, alors pourquoi ne ferait-on pas du lait chez nous avec des Lacaune ?"