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samedi 6 janvier 2024

un rêve

une inquiétude diffuse, marcher pourtant, le monde, fantomatique et mouvant, a perdu ses contours, porter les mains à son visage, les lunettes, pas de lunettes, retourner mais c’est où chez soi

dimanche 30 décembre 2012

On en était enfin à ce « milieu d'après-midi » où Susan lui avait dit de venir...


Cauchemar en gris

Fantômes et farfouilles, Fredric BROWN, traduit par Jean Sendy éditions Denoël, 1963.

 Il se réveilla avec une merveilleuse sensation de bien-être savourant l'éclat et la douce chaleur du soleil, dans l'air printanier. Il s'était assoupi sans bouger sur le banc du jardin public ; son somme n'avait pas duré une demi-heure.
    Le jardin resplendissait du vert du printemps ; c'était une journée magnifique et il était jeune amoureux. Merveilleusement amoureux, amoureux à en avoir le vertige. Et heureux en amour : la veille il s'était déclaré à Susan dans la soirée et elle avait dit oui. Pour être précis, elle ne lui avait pas dit oui, mais elle l'avait invité à venir, aujourd'hui dimanche, dans l'après-midi, faire la connaissance de ses parents : elle avait dit « J'espère que vous les aimerez et qu'eux vous aimeront... qu'ils vous aimeront autant que je vous aime ». Si ce n'était pas la l'équivalent d'un oui, qu'était-ce ?
Adorable Susan aux doux cheveux sombres, aux tendres taches de rousseur à peine marquées, aux grands yeux noirs si doux...
    On en était enfin à ce « milieu d'après-midi » où Susan lui avait dit de venir. Il se leva de son banc et, un peu engourdi par sa sieste, il s'étira voluptueusement.
Puis il se mit en route vers la maison, à quelques centaines de mètres. Une promenade agréable sous le beau soleil, par ce beau jour de printemps.
Il monta les marches du perron, frappa à la porte. La porte s'ouvrit et, pendant une fraction de seconde, il crut que c'était Susan elle-même qui lui ouvrait. Mais la jeune fille ressemblait seulement à Susan. Sa soeur, sans doute. La veille, elle lui avait en effet parlé d'une sœur. Son aînée d'un an seulement.
    Il s'inclina et se présenta, demanda à voir Susan. Il eut l'impression que la jeune fille le regardait d'un air bizarre, mais elle se contenta de lui dire « Entrez, je vous prie. Elle n'est pas là pour l'instant, mais si vous voulez bien attendre au salon, là... ».
    Il s'assit et attendit au salon, là. C'était bizarre qu'elle fût sortie. Même pour peu de temps.
    C'est alors qu'il entendit la voix, la voix de la jeune fille qui lui avait ouvert la porte, la jeune fille parlait dans l'entrée et, mû par une inexplicable curiosité il se leva et alla coller son oreille contre la porte. La jeune fille parlait, semble-t-il, au téléphone.
    -Harry ? Je t'en prie, rentre immédiatement. Et ramène le docteur ! Oui, c'est grand-père... Non, pas une nouvelle crise cardiaque... Non. C'est comme la dernière fois où eu il a eu crise d'amnésie et où il a cru que grand-mère était encore... Non, ce n'est pas de la démence sénile Harry, il a décroché de cinquante ans cette fois... Il est revenu à l'époque où il n'avait pas encore épousé grand-mère.
     Très vieux soudain, vieilli de cinquante ans en cinquante secondes, grand-père se mit à sangloter sans bruit, appuyé contre la porte.

dimanche 12 août 2012

à la bonne heure

elle se détache du poignet, serpentine dans les hautes herbes, un frôlement furtif, je l'écrase

mercredi 8 août 2012

sursaut

Il vient de naître, une grosse larve. Le poser sur le pot de chambre. S'éloigner un instant et panique, il flotte ventre à l'air. Le repêcher, il crachote, l'étendre, poser la bouche sur ses lèvres, il vit encore.

mercredi 30 novembre 2011

nuit

Alfred Kubin
le retenir, ami à ses basques, course folle, porte d'entrée, escaliers, une autre autre porte, et ça claque, claque puis brusque volte-face, au bout de ses bras, une massue, il prend son élan, tourne sur lui-même, elle va décoller, c'est sûr, danger, l'ami s'efface, le voilà seul, un tourbillon, il rapetisse, un enfant, quitter le cercle, approcher, le désarmer, mais la peur, choc violent, réveil

mercredi 23 novembre 2011

miroir

A. Kubin
pas lourd, elle s'approche, se colle, que me veut-elle, s'enroule, bras tentacules, un éclair, je sais, me détrousser, corps à corps, coups, elle s'éloigne, je me palpe, réveil

dimanche 3 avril 2011

elle cingle

du revers de la main, par trois fois, j'atteins l'enfant, ses yeux qui questionnent, il ne comprend pas, ma joue brûle, je me réveille

samedi 20 novembre 2010

la mâchoire claque, une déflagration déchire les tympans,  état des lieux, la langue va et vient, s'applique et se désole, telle un copeau sous la hache, la molaire a sauté, cette perte, un dard qui éveille, nouvel état des lieux, tout est là, soulagement, pour combien de temps, dormir, plus question.

jeudi 5 août 2010

Mauvais réveil, dans l'oreille voix pressantes d'enfants, leurs mains tendues, "Viens avec nous, reste pas là-bas" le ciel de Rome, encore une de tes chimères, tu n'en es pas sortie, tu pousses la porte de la chambre, au bout du couloir désert, dans un bureau vitré violemment éclairé, deux femmes en blanc, un cahier, elles notent.

mardi 1 juin 2010


"Un train qui roule
La vie s'écoule"

S'arrêter là. Images entêtantes.
Elle veut toujours tout savoir. Un chiffon  à la main, elle fait les vitres. Et elle guette aussi. Porte transparente. Déroutée, passer sans lui jeter un regard, tant pis pour le retard. Au retour, elle a disparu. Ils vous accueillent, vous ne les reconnaissez pas. Deux hommes affables et rassurants Personne n'a à être dans l'entrée. Ils l'ont chassée.

jeudi 15 avril 2010

Hésiter à reconnaître, dans la main bout de bois calciné, étron brun ? Non l'appareil-photo.

jeudi 8 avril 2010

Le train est en gare. Je cours le long de la voie, piétine. Il part.