Lu
La Vieille maison d’Oscar Peer
À ces occasions, Henrietta le paie un peu à la journée, pas grand-chose, parce qu'elle est terriblement radine, mais alors il mange au moins un repas correct. Johanna est une bonne cuisinière, elle connaît également ses plats préférés, par exemple les beignets de pommes, les crêpes aux airelles, mais surtout les plains, ces plats mijotés avec du lard et du bouilli.
Johanna, il l'aimait bien, depuis toujours, déjà autrefois, lorsqu'elle était une jeune fille juste sortie de l'école. Johanna, c'était son grand amour, elle était entrée en lui comme un soleil de mars. Si c'est vrai qu'il n'y a qu'un seul grand amour dans la vie, alors ce fut elle. Avec d'autres jeunes filles, c'était venu et passé; avec elle, c'était resté pour toujours. Elle était partie en Suisse romande, durant plus d'un an, puis elle était revenue. Elle parlait français. Parfois, ils se voyaient, par exemple quand il y avait un bal. Lui, alors déjà dans sa trentaine, elle, une jeune de dix-huit ans. Ils avaient même dansé. Au moment du damenvalser, c'était carrément elle qui venait l'inviter. Une jeune femme aux yeux foncés, parfois vive et rieuse, avec ses caprices, parfois taciturne et l'air absent. Il pensait jour et nuit à Johanna, imaginant son visage, ses formes. Entre-temps, hélas, elle avait été demandée par un autre, c'est-à-dire par Arnold, fils d'un entrepreneur, dix ans plus jeune que Chasper. Plus jeune et surtout bien plus riche. Un époux riche, et encore tout ce que Johanna possède elle-même. Emil, son père, avait été marchand de bois et avait ramassé l'argent à la pelle. Johanna doit avoir hérité d'un capital, tout le monde le sait. Avare, elle ne l'est point, au contraire, elle donnerait tout.
Désormais, on ne parle plus de mariage; cela ne fut qu'un rêve, mais peut-être qu'elle l'aidera.
Chasper n'oublierait jamais le jour où ils s'étaient embrassés. Il était en montagne, fauchant leur pré maigre, un sacré bout de terrain, par moitié sur une pente et par moitié sur une épaule avec vue sur toute la vallée. (p 39, 40)
Sans cette lettre de Johanna, il n'aurait pas crapahuté encore une fois jusqu'à Salön. Johanna a parlé à la femme de leur boulanger et lui a demandé s'ils ne peuvent pas l'aider. On sait que Fridolin est riche; de plus, ils n'ont pas d'enfants. Maria, sa femme, est passablement plus âgée que son mari, c'est une petite vieille à l'âme d'enfant. Elle est la bonté même. Ce n'est pas pour rien qu'elle a presque vingt filleuls et filleules, surtout de familles pauvres. Aujourd'hui encore, lorsque des enfants viennent acheter du pain, ils savent qu'ils vont recevoir quelque chose en plus, une pâtisserie ou un petit chocolat. Elle les prend simplement de l'étagère et les pose sur le comptoir, avec le sourire ridé d'une petite grand-maman à l'allure de bonne fée. Elle offrirait toute l'épicerie.
Partois, sur le chemin, on l'entend chantonner toute seule. Lucrezia, la sage-femme, dit d'elle qu'elle est restée attachée au ciel d'une main, à la naissance. (p 87)
Vu
à Avignon
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| depuis le Jardin du Rocher des Doms |
sur un panneau :
Jean-Pierre Barillet-Deschamps (1824-1873), avec sa sensibilité et ses connaissances en horticulture, développe un art des jardins qui lui est propre et dont tous les principes s'expriment au Jardin du Rocher des Doms :
- une composition générale épurée qui s'organise selon un grand axe perspectif,
- des espaces centraux aux formes ovales,
- une grande promenade en ellipse et des lisières périphériques protectrices,
- la présence majeure de l'eau scénographiée en grande cascade, pièce d'eau centrale, fontaines et bassins,
- des décors pittoresques de rocailles,
- de grandes pelouses centrales aux modelés souples,
- l'apport de touches colorées avec les corbeilles de fleurissement, comme tableaux à découvrir à chaque saison,
- le choix d'une gamme de mobilier stylé, composante identitaire du jardin
Spectacle
théâtre
Alif texte et mise en scène de Abdelwaheb Sefsaf
La ménagerie de verre, mise en scène de Philippe Person
Évangile de la nature d’après Lucrèce mis en scène par Christophe Berton, avec Stanislas Nordey
Moby Dick adaptation et mise en scène de Benjamin Bouzy
A Love Suprême par la Compagnie Amarante
lecture
Correspondance (1944-1959) Albert Camus / Maria Casarès lecture musicale L’éclat d’une passion par la Compagnie Triptyk Théâtre
dans le cadre de Souffle à Avignon
Les vieilles de Gaël Octavia sous la direction de Nelson-Rafaël Madel, proposé par ETC Caraïbes
J’ai pris feu une fois pis ça s’est jamais éteint de Pascale St-Onge, sous la direction de Marie-Eve Groulx
Comédie musicale
Post ! livret Vincent Bourigault, mise en scène Vincent Bourigault et Maud Saint Jean par la Compagnie Coincé dans la Machine
Concert
Kaddour Hadadi dit HK devant le petit théâtre de L’Isle

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