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| vers dix heures, avant la passerelle de Gelos |
à la fraîche, sous les grands arbres, le long du gave
enfiler ses tennis et on y est, le parc Beaumont,
allée partagée de Gelos, un petit groupe de femmes, elles s’activent, sarclent, bêchent, midi bientôt, le soleil cogne dur, l’une Prenez donc un peu de mélisse et puis aussi de la menthe, c’est pas ce qui manque, vous n’osez pas ? c’est fait pour ça pourtant, on va ajouter de petits panneaux, et là de la sauge, oui, prenez, et là cette fleur jaune, elle fait rouler les petites boules dans ses doigts, sentez, c’est comme du curry, vous pouvez l’ajouter à vos préparations, du poisson par exemple, sa joie fierté à donner, repartir avec une brassée, quelques jours plus tard, un fier petit bouquet encore devant le grille-pain
neuf heures à peu près, un peu de fraîcheur, la matinée commence, Gelos, plaine du Pradeau, un gaillard athlétique, la cinquantaine, assis sur un banc vélo posé à côté de lui, poursuivre, rue du 14 juillet, traverser, jardins partagés Marsan, un homme s'active au compost, se renseigner, l'homme au vélo vous dépasse, "C'est bien ces jardins", le temps de répondre "Du travail quand même", il est déjà loin, poursuivre, tiens le revoilà assis, le vélo toujours posé à côté de lui, passer sans un regard, voix soudain surgie à hauteur de votre oreille "... amour... baiser ?", lui, entendement et mémoire irradiés, son regard concupiscent, ça non, vous n'oubliez pas, le vôtre dont vous devinez tout ce qu'il dit d'effroi, il s'éloigne bon train, vire à gauche, pose son vélo contre les toilettes publiques, s'asseoir à une table de pique-nique, sortir le téléphone et faire mine de pianoter, un temps, passer devant les toilettes, le vélo a disparu, ça finit donc quand ces mochetés d'histoires-là
matin frais encore, le soleil pointe à peine, des éclats de voix dans le téléphone, une véhémence, la découvrir dos au chemin,recroquevillée contre la rambarde, l'effleurer du regard, longiligne, grands cheveux, débardeur et collant de course, dans ses mains un mouchoir jetable qu'elle pétrit nerveusement, la dépasser, la brise porte ses sanglots, l'amour parfois