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vendredi 10 mai 2024

À pied (16) Chemin Anglais depuis Ferrol : rencontre

à Betanzos. dans la petite pensión de Bego, au moment de déposer son petit linge du jour sur le séchoir commun, aviser deux grandes culottes blanches à petites fleurs en coton à côtes et un vaste TShirt vert barré d’un mot, déchiffrer Ireland machinalement découvrir leur propriétaire, Mary attablée dans la cuisine, petit casse-croûte au fromage en main, sourire bonhomme, Oui, je marche vers Compostelle, à soixante-et-onze ans ma première fois mais je prends mon temps, c’est joli ici, je vais me reposer deux jours et visiter, ses souvenirs de français, mon anglais bégayant, nous poursuivons cahin-caha Oui, elle aussi lit Claire Keegan et non, elle non plus n’est pas allée voir l’adaptation cinéma de Les trois lumières, comme moi, elle a été très touchée par Ce genre de petites choses, À travers les champs bleus, le recueil de nouvelles elle ne voit pas, si inattendu de communier là autour de cet auteur, la reverrais avec plaisir mais non le lendemain dormir un peu plus loin, un signe de la main, lancer le rituel Buen Camino et se retirer

lundi 6 mai 2024

samedi 4 mai 2024

À pied (13) maisons




 elle pousse la porte de la maison délabrée, elle habite donc là ? se décaler et


et la voir ressortir et s’engager vers la maison neuve derrière, son mari à quelques pas Les petits-enfants répareront s’ils veulent à moins qu’on touche le gros lot



ici encore la vieille à deux doigts de s’écrouler et la neuve, 
 

de l’autre côté de la route, un appentis, des outils, 

les utilise-t-on encore, 


des ruines aussi campant en plein champ, 
isolées

vendredi 3 mai 2024

À pied (12) Hospital de Bruma

 

Bruma, disent ceux du coin. Une route, trois maisons, et rien, le désert. Pourtant, là, au milieu de ce nulle part un restaurant, il ne désemplit pas. Du monde jusqu’en terrasse et course souriante des serveurs. D’où viennent-ils donc tous ? 

Un mural, la vie d’antan, rêvée, naïve  

 Il fait bon. Des tablées aux cartes tout l’après-midi, tuer le temps mais ensemble.

mercredi 1 mai 2024

À pied (11) rencontres

 entendre et reconnaître avant même de voir, un faucheur, 

Oroso, lundi 22 avril, 12h40

un peu plus loin, dans la trouée de lumière d’une toute petite clairière, un autre,


le temps d’approcher, il a pris son râteau, 


le temps presse, quelques instants appuyé sur le manche de son outil Je suis à la retraite, ça m’occupe. Le malheur c’est que les jeunes ne veulent plus de cette vie, ils s’en vont, on reste seuls  un sourire et il s’en retourne travailler .

mardi 30 avril 2024

Armand Sylvestre, Juana Romani et l’oubli



A Él rastro de Mercé de Betanzos, après les photos, s’attarder sur ce livre. Une anthologie de textes français. Au hasard, une page. 




SILVESTRE (Armand)


Né à Paris en 1837. Mort à Toulouse en 1901

Comme poète, on lui doit : Rimes neuves et vieilles, La Gloire des souvenirs, Les Ailes d'or, Chansons des heures, Le Paus des roses, Le Chemin des éloiles. Au théâtre, il a donné Grisélidis. De plus il a écrit des nouvelles.



Le pèlerinage


Áprès vingt ans d'exil, de cet exil impie

Où l'oubli de nos cœurs enchaîne seul nos pas,

Où la fragilité de nos regrets s'expie,

Après vingt ans d'exil que je ne comptais pas, 


J’'ai revu la maison lointaine et bien-aimée 

Où je rêvais, enfant, des soleils sans déclin,

Où je sentais mon âme a tous les maux fermée, 

Et dont, un jour de deuil, je sortis orphelin.


J'ai revu la maison et le doux coin de terre

Où mon souvenir seul fait passer, sous mes yeux,

Mon père souriant avec un front austère 

Et ma mère pensive avec un front joyeux.


Rien n'y semblait changé des choses bien connues

Dont  le charme autrefois bornait mon horizon :

Les arbres familiers, le long des avenues,

Semaient leurs feuilles d'or sur le même gazon ;


Le berceau de bois mort qu'un chèvrefeuille enlace, 

Le banc de pierre aux coins par la mousse mordus, 

Ainsi qu'aux anciens jours tout était à sa place, 

Et les hôtes anciens y semblaient attendus.


J'allais franchir le seuil: «C'est moi, c'est moi, mon père l...»

Mais ces rires, ces voix, je ne les connais pas.

Pour tout ce qu'enfermait ce pauvre enclos de pierre

J'étais un étranger... Je détournai mes pas...

     

***


D’une notoriété suffisante donc pour figurer dans cette anthologie distribuée en son temps à de jeunes élèves portugais. Sa biographie met sur la piste d’une peintre qu’il admirait Juana Romani. Une rétrospective en 2021 au Musée Roybet Fould à Courbevoie avec exposition virtuelle. Pour elle, l’oubli, qui sait, seulement un purgatoire.

samedi 27 avril 2024

Petites choses qui (72) réjouissent le cœur


Ordes, lundi 7h 23

un chêne dans le clair matin,

7h24

variation de la lumière dans les feuilles naissantes,

7h25

difficile de le quitter, se retourner pour le regarder encore, liseré d’or à l’horizon, le soleil est en train de poindre

vendredi 26 avril 2024

À pied (10), rencontres

 


Pessée, elle jaillit de derrière son volant, sourit pourtant ouvre la porte de son utilitaire Une photo ? Bien sûr, vous pouvez, un parfum chaud vous enveloppe Oui, ça sent bon, il sort tout juste du four. Les tournées ? Avec le prix de l’essence, je sais pas jusqu’à quand Quelques mots encore et hop ! la voilà déjà repartie.



jeudi 25 avril 2024

À pied (9), rencontres

 

Une ferme imposante au bout du chemin. Un vieil homme vaque, puis, à pas lents, se dirige vers vous. Se saluer, quelques mots et il s’en retourne préparer la gamelle du chien. 

mercredi 24 avril 2024

Petites choses qui (71) réjouissent le cœur

 


un champ labouré bientôt ensemencé, un vieux pommier en fleur, attendre, y croire, le printemps