son visage s’éclaire, elle sourit, un large sourire Tu sais ce que j’aime maintenant, Badakixu zer maite dutan orai c’est regarder les oiseaux, si on m’avait dit qu’un jour je passerais du temps à ça, tu t’y connais toi en oiseaux, tu sais leur nom ? ah, quel dommage, c’est tellement joli, les mésanges, les roitelets, les chardonnerets avec leurs nids ronds, de petites boules et des plumes qui dépassent, je m’assieds sur le banc devant la maison, ils sont là-même, les écouter aussi, dans les hortensias eta ondoko sasi ttipi ondoan et le petit buisson à côté
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vendredi 14 août 2026
mercredi 12 août 2026
vieillir (138)
une place libre à chacun de vos côtés, elles s’installent, il y a peu la même salle des profs, la soixantaine dans le viseur, l’une On aimerait être comme ça à ton âge, en écho, l’autre Oh, oui alors, et dans leur bouche, c’est bien un élan de gentillesse, vous avez dû aussi le penser le dire en son temps mais aujourd’hui entendre surtout combien cet âge leur semble vertigineusement loin et de fait il l’est, même si pour vous leur âge c’était hier à peine, comme une accélération
mardi 28 juillet 2026
vieillir (137)
elle vous rattrape dans la rue, bien trente ans que vous ne l’avez pas revue Je t’ai reconnue grâce à ta robe, penser, elle a mieux résisté que vous, la robe
mardi 21 juillet 2026
conversation (74) avec l’aïeule
entre les mains, la photo de son mariage, trois hommes portant beau sur le côté Horiek, apetz batzu, ceux-là, des prêtres, sûr je les aimais pas beaucoup, on pouvait rien faire, même de danser entre nous, gizonak, gizonendako, les hommes pour les hommes, c’est comme ça la religion eta gu ixil ixila et nous silencieuses hats zinartzen zixien ils soupiraient d’aise (jubilaient), jakixula tu peux me croire
mardi 9 juin 2026
petites choses (157) qui réchauffent le coeur
on s’attarde sur le parking comme au temps où on était collègues il y a une trentaine d’années mais parking du cinéma cette fois, avec eux du coin un autre couple ami, On va pas se quitter comme ça, vous allez monter chez nous, à vous, ils habitent la colline au-dessus du gros bourg Mais si, viens, tu as peur de conduire la nuit ou quoi ? lui quatre-vingt-huit, elle quatre- vingt-quatre, Soixante-dix c’est rien, un boulevard encore, cinquante, ça m’a fait un peu, je me souviens, elle s’attarde, si loin tout ça et quatre-vingts, son regard droit dans les yeux, oui ça marque, puis elle enchaîne prévient, on n’a pas grand chose, on est rentré hier, l’autre couple, et nous ce midi, on va partager, Je vais chercher du pain à la maison, à son retour un tiers de baguette et quelques conserves de plus dans ses mains Tu les as trouvées où ces feuilles de vigne ? une dînette s’improvise, c’est vrai qu’il n’y a pas grand chose, des planchas avec un pot de paté, un pot de rillettes, couteau fièrement planté, un petit bout de brebis, on prend toujours chez … de Lys, on l’aime bien, on change pas, du vin, vous n’oseriez pas, et pourtant la chaleur d’une àmitié toujours vive, le bonheur de les retrouver égaux à eux-mêmes, curieux, attentifs, passionnés, enthousiastes, rentrer dans la nuit bien avancée et y penser en marchant le matin par le parc du château, le sourire toujours aux lèvres
vendredi 5 juin 2026
vieillir (136)
une visite à son grand-père, presque cent ans, le fauteuil roulant et un coin à l’ombre sous les grands chênes, une complicité venue de loin quelques rires et le moment de se séparer, fauteuil en sens inverse, l’ascenseur, la chambre, le petit-fils va refermer la porte, s’en aller et sa voix, celle du temps d’avant, altière urbaine et policée Je ne sais pas qui vous êtes jeune homme mais grâce à vous, j’ai passé un excellent moment, je vous remercie
samedi 23 mai 2026
Conversation (62) à l’arrêt de bus
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| l’arbre au casse-croûte |
et vous me dites que vous voulez aller marcher par ce chemin, pas une ombre, c’est pentu, à votre place j’éviterais, prenez plutôt à droite, il y a même des bancs pour se reposer et beaucoup de monde qui passe Quién para darle la mano si le occurre algo ? qui pour vous donner (tendre) la main s’il vous arrivait quelque chose ? Il est patient, prévenant et mesurer dans le regard de cet homme d’une cinquantaine d’années combien il vous voit fragile et vulnérable, une très vieille dame à qui il faut faire entendre raison
vendredi 8 mai 2026
Conversation (61)
Une photo d’identité en noir et blanc s’échappe d’un livre, vous, plus tard avec une amie, elle la tourne et retourne dans ses mains, Ça fait combien tu dis, plus de quarante, non, je te reconnais pas, elle s’essaie à préciser, tu ressembles pas à toi mais à quelqu’un d’autre, oui, à l’actrice d’une série que je regarde le vendredi soir, tu veux savoir comment elle s’appelle, c’est ça ? Coup d’œil rapide au programme télé à portée de main Y a pas son nom, c’est un second rôle.
mercredi 6 mai 2026
Conversation (60)
un puits au centre du village, elle est assise sur la margelle, ample jupe fleurie et grand chapeau qu’elle ôte d’un geste vif, son crâne rasé, un choix J’en ai rêvé toute ma vie, je vais avoir quatre-vingts ans, c’était maintenant ou jamais, la coiffeuse d’ici ne voulait pas, j’ai dû aller jusqu’à Pau pour le faire, elle sourit, se caresse la nuque, j’ai prévu une grande fête pour mon anniversaire, ce sera le 10 octobre, j’ai déjà lancé les invitations, figurez-vous qu’il y en a une qui a répondu qu’elle n’était pas sûre de pouvoir parce qu’elle aurait peut-être les petits-enfants, non, mais vous vous rendez compte, comme si elle pouvait pas s’arranger et de but en blanc Vous avez des enfants, vous ? elle enchaîne, l’amour, je dis pas, c’est pas pareil, deux ans qu’il est plus là, il me manque
samedi 21 février 2026
vieillir (135)
au restaurant, son café tarde à venir, le ballet de serveurs regarde ailleurs, il y a peu il s’empressait, ,, l’air perdu Ah ! bon ? j’avais commandé un café ? Il ne s’en souvient plus, elle prend sa carte bancaire, maintenant c’est elle qui se lève pour aller régler
mardi 10 février 2026
petites choses (137) qui amusent
mardi 30 décembre 2025
vieillir (82)
pousser le portail du cimetière et avant de s’engager parfois se retourner vers la grande maison aux volets entrebâillés de l’autre côté de la place, sentiment d’une présence, derrière son rideau Clémentine, un ouvrage sur les genoux, suit les allées et venues, une voisine Elle me fait tout encore, raccourcir un pantalon, repriser des chaussettes, mettre une pièce, elle cuisine et va jusqu’à garder ses épluchures de pommes et les met au congélo pour en faire de la gelée, bien sûr qu’elle m’a donné des pots et tu peux croire que j’ai apprécié quand j’ai eu mes ennuis de santé, la pectine c’était bon pour ce que j’avais, Clémentine vit seule, elle a quatre-vingt-onze ans
samedi 6 décembre 2025
vieillir (81) à deux
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| bois du château de Franqueville, Bizanos, 1er décembre, midi |
la lumière automnale d’un beau jour,
ils marchent loin devant,
arrimés l’un à l’autre,
main dans la main,
cheveux blancs échappés de son bonnet pour elle,
lui se voute,
l’âge à l’œuvre,
une lenteur,
les feuilles mortes craquent sous les pas,
leur conversation animée,
ils ne vous entendent pas venir,
les dépasser,
pas un regard de côté,
ensemble,
ils poursuivent
jeudi 20 novembre 2025
vieillir (79)
un samedi, fin d’après-midi, du monde dans les rues, marcher d’un pas vif, puis se retourner, petit caddie grand sac fourre-tout en bandoulière, elle vous hélait et a couru pour vous rattraper, toute une vie petite et menue mais si frêle aujourd’hui, quatre-vingt-cinq ans depuis le début du mois, se pencher vers elle, vers son téléphone portable, des photos, elle vous montre des feuilles luisantes de pluie sur le trottoir, le parc depuis son balcon, sa petite-fille chaussée d’escarpins en tenue d’oral blanc… s’attarder puis soudain sursauter, venue de derrière vous en surplomb une voix, dans le brouhaha ne pas entendre. savoir à coup sûr pourtant, elle va réclamer trois sous, se tourner à demi et couper court, sa colère alors, vous redresser, très grand, très maigre presque décharné, les yeux brillants Vous pourriez dire bonjour, normalement c’est les, il cherche le mot juste, poli, vieille, on ne peut pas, Normalement c’est les anciennes qui donnent l’exemple, quelque chose fléchit dans son très beau regard bleu noir, dans le vôtre sans doute aussi, l’ombre échappée d’un sourire peut-être, prendre pied dans son regard et posément Bonjour, vous voyez bien, je ne suis pas disponible pour vous parler, satisfait, il s’éloigne à grands pas Là comme ça, ça va, et disparaît, vous avait-il pistées, elle resserre son grand sac en bandoulière, l’accompagner un brin, la nuit ne va pas tarder
jeudi 6 novembre 2025
Parole (12) d’homme
Des années plus tôt, une pause au col ski de randonnée aux pieds, casser la croûte, sur la même trace les suivants, les regarder monter, en tête, une femme puissante, son sourire radieux, ses longs cheveux blonds, elle est belle en ce jour d’hiver, un homme Oui, mais elle a quelques heures de vol.
mercredi 15 octobre 2025
Parole (11) d’homme
On les a connus radieux, jeunes, grands, beaux, des enfants brillants. Il l’a quittée. La croiser changée. Un ancien collègue à vos côtés Ce n’était pas Madame… ? Une hésitation, acquiescer. Lui Elle a pris cher.
vendredi 26 septembre 2025
vieillir (78)
vendredi 29 août 2025
vieillir (77)
ils prêtent l’appartement de la Côte à leurs enfants, plus tard, une photo gros plan des brosses à dents sur la tablette de la salle de bains Vous n’avez pas dû vous rendre compte, des nids à bactéries, il faut les jeter
lundi 25 août 2025
vieillir (76)
Ehpad, à sa fille Tu me raccompagnes maintenant auprès des autres détenus ? C’est bientôt l’heure du repas.
mercredi 30 juillet 2025
vieillir (74)
promenade matinale par le petit ravin du Hédas, à gauche le château sur sa motte, à droite la maternelle de l’école Marca, récréation, cris suraigus, lever les yeux, des enfants se pressent au grillage, agitent leurs mains, reprennent leurs cris de plus belle, prêter l’oreille La mamie, la mamie ! regarder autour de soi, personne, vous allez passer, signes et gestes deviennent frénétiques, comprendre La mamie c’est vous, des signes encore, un de leurs jouets est passé de l’autre côté, grimper le haut talus, dans l’herbe un petit palet de sable empaqueté ficelé dans un bout de tricot coloré, le leur faire passer, Merci La mamie







