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lundi 10 novembre 2025

Urt « cette lumière (…) déchirante puisque c’est la dernière belle de l’année »

 

Adour, 10 novembre, 17 heures 

fin de journée, 


en descendant vers la gare depuis le village, 

« Mon troisième Sud-Ouest est encore plus réduit : c'est la ville où j'ai passé mon enfance, puis mes vacances d'adolescent (Bayonne), c'est le village [Urt] où je reviens chaque année, c'est le trajet qui unit l'une et l'autre et que j'ai parcouru tant de fois, pour aller acheter à la ville des cigares ou de la papeterie, ou à la gare chercher un ami.


un matin, 


« la lumière du Sud-ouest » célébrée par Roland Barthes,

Mon second Sud-Ouest n’est pas une région ; c’est seulement une ligne, un trajet vécu. Lorsque, venant de Paris en auto (j’ai fait mille fois ce voyage), je dépasse Angoulême, un signal m’avertit que j’ai franchi le seuil de la maison et que j’entre dans le pays de mon enfance ; un bosquet de pins sur le côté, un palmier dans la cour d’une maison, une certaine hauteur des nuages qui donne au terrain la mobilité d’un visage. Commence alors la grande lumière du Sud-Ouest, noble et subtile tout à la fois ; jamais grise, jamais basse (même lorsque le soleil ne luit pas), c’est une lumière-espace, définie moins par les couleurs dont elle affecte les choses (comme dans l’autre Midi) que par la qualité éminemment habitable qu’elle donne à la terre. Je ne trouve pas d’autre moyen que de dire : c’est une lumière lumineuse. Il faut la voir, cette lumière (je dirais presque : l’entendre, tant elle est musicale, à l’automne, qui est la saison souveraine de ce pays ; liquide, rayonnante, déchirante puisque c’est la dernière belle lumière de l’année, illuminant chaque chose dans sa différence (..,)



un côté rénové, l’autre pas, traces d’un passé encore vif



dimanche 9 novembre 2025

Lu et vu (156)

 Lu

Anna la Douce de Dezsö Kosztolányi

Tombée des nues de Violaine Bérot

mais bon, il avait besoin de moi, j'ai pas hésité, j'ai sauté dans le pantalon, les bottes, c'est des gens bien, et comme voisin y a plus que moi, les vieux ils sont au cimetière ou à la maison de retraite, y a bien quelques nouveaux un peu plus bas, mais c'est pour vous dire pas loin y a plus personne, le coin s'est vidé quoi, enfin cette nuit-là il m'a trouvé et encore heureux, on s'entend bien, on voit le travail un peu pareil, c'est pas des gens d'ici mais c'est des vaillants quand même, et elle comme lui, on se donne des coups de main, notre métier c'est pas si tranquille qu'on croit, c'est pas les petites fleurs et les petits oiseaux, non, faut pas croire, et puis c'est tous les jours, et y a des choses qu'on a plus faciles à faire à plusieurs, surtout ici dans la montagne, parce que faut pas comparer avec la plaine, c'est pas le même boulot mais alors pas du tout, ici on est restés à travailler comme autrefois, c'est pas très différent de mon père ou de mon grand-père, enfin quand même on a un autre confort, mais bon ça reste la montagne quoi, faut se la gagner, et pour revenir à cette nuit-là cette putain de congère elle était en train de monter exactement comme je me l'étais pensé, avec le 4 x 4 ça passait encore, deux ou trois heures plus tard je dis pas, sans doute ç'aurait été juste, mais là ça passait, je me suis garé devant chez eux je sais pas, dix minutes après peut-être, oh pas plus, j'avais fait vite (6)

Vu

Théâtre

L’Amante anglaise, texte de Marguerite Duras, mise en scène de Jacques Osinski

Cinéma

L’inconnu de la Grande Arche de Stéphane Demoustier

La Vague de Sebastián Lello

vendredi 7 novembre 2025

à la ferme (15)

 

2 novembre, 15h30

naissance de jumeaux, 


où et comment téter ?


le lendemain d’autres jumeaux, le petit troupeau s’agrandit, 

pas besoin de soins particuliers, goûter au grand air, tout le monde dehors. 

jeudi 6 novembre 2025

Parole (12) d’homme

Des années plus tôt, une pause au col ski de randonnée aux pieds, casser la croûte, sur la même trace les suivants, les regarder monter, en tête, une femme puissante, son sourire radieux, ses longs cheveux blonds, elle est belle en ce jour d’hiver, un homme Oui, mais elle a quelques heures de vol.

mardi 4 novembre 2025

Petites choses qui (129) piquent

Un petit groupe, elle croque à pleines dents une pomme J’ai remarqué que personne n’aime les manger comme ça, songeuse Peut-être parce que ça fait paysan ? puis vous dévisageant Excuse-moi, je voulais pas dire ça, petits ajustements dans le regard d’autrui

lundi 3 novembre 2025

un peu d’or dans le paysage

 


Composition végétale 

dimanche 2 novembre 2025

Lu et vu (155)

 Lu

L’étrangère aux yeux bleus de Youri Rytkhéou

Tango de Satan de Laszló Krasznahorkai

Cinq dans tes yeux de Hadrien Bels

Vu

Un poète de Simón Mesa Soto