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mardi 5 juillet 2016

"ce besoin que le malade a de voir intervenir un peu de magie"

  
Le vide et le plein
Carnets du Japon 1964-1970

     Je suis sensible aussi à certains aspects de la médecine traditionnelle chinoise qui a fait souche au Japon. Dans le manège des masseurs, dans l'attirail des poseurs de moxa, il y a quelque chose qui satisfait ce besoin que le malade a de voir intervenir un peu de magie (une maladie qu'on attaque sans magie aucune, sans ruses ni vitesse, reste sur ses positions). Également l'idée que si l'on parvient à duper la maladie—certains exorcismes visent à duper les démons—on guérira. (...)


En sifflottant Shusaku Endo
traduit de l'anglais par Anne Guglielmetti

     "Prends par exemple le cas d'une femme âgée qui a la tuberculose et se fait soigner dans un hôpital de préfecture.  Eh bien, le traitement qu'elle recevra sera impeccable et pourtant sa guérison sera plus lente. Et tout ça parce que ces vieilles femmes sont si bouleversées de se retrouver dans un énorme et impressionnant bâtiment hospitalier où tout est aseptisé que ça les épuise littéralement. Du coup, quand tu les renvoies dans leur campagne, leur état s'améliore considérablement!
     - Bien possible, acquiesçait Eiichi en étouffant un bâillement. (...)
     - Mais j't'assure ! répliquait l'autre, voilà pourquoi il m'a toujours semblé que la médecine n'était pas seulement une affaire de pharmacie et d'habileté technique. Le cœur y a sa part, aussi ! Dernièrement, j'ai conclu qu'un bon médecin était un type qui parvenait à aider un malade pour lequel il n'y avait plus d'espoir à mourir sans désespoir. Et on a de tels médecins dans notre hôpital à Fukushima. Bien sûr, pas un seul de ces gros bonnets des cercles scientifiques n'entend parler d'eux mais ils méritent tout mon respect pour la manière dont ils s'occupent de leurs malades ! (...)"

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