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dimanche 5 avril 2026

Lu et vu (183)

 Lu

Les Limites de la nuit de Eduardo Antonio Parra

La porte de Magda Szabó

L’heure anglaise de Julie Wolkenstein

La carte postale d’Anne Berest

   Après avoir lu le livre que Georges m'avait donné, Enfants de survivants de Nathalie Zajde, j'ai découvert tout ce que j'aurais pu dire à Déborah lors du dîner de Pessah.

Les réponses arrivaient seulement avec quelques semaines de retard. Déborah, je ne sais pas ce que veut dire « être vraiment juif » ou « ne l'être pas vraiment ». Je peux simplement t'apprendre que je suis une enfant de survivant.

C'est-à-dire, quelqu'un qui ne connaît pas les gestes du Seder mais dont la famille est morte dans des chambres à gaz. Quelqu'un qui fait les mêmes cauchemars que sa mère et cherche sa place parmi les vivants. Quelqu'un dont le corps est la tombe de ceux qui n'ont pu trouver leur sépulture. Déborah, tu affirmes que je suis juive quand ça m'arrange. Lorsque ma fille est née, que je l'ai prise dans mes bras à la maternité, tu sais à quoi j'ai pensé ? La première image qui m'a traversée ? L'image des mères qui allaitaient quand on les a envoyées dans les chambres à gaz. Alors voilà, cela m'arrangerait de ne pas penser à Auschwitz, tous les jours. Cela m'arrangerait que les choses soient autrement. Cela m'arrangerait de ne pas avoir peur de l'administration, peur du gaz, peur de perdre mes papiers, peur des endroits clos, peur de la morsure des chiens, peur de passer des frontières, peur de prendre des avions, peur des fouleet de l'exaltation de la virilité, peur des hommes quand ils sont en bande, peur qu'on me prenne mes enfants, peur des gens qui obéissent, peur de l'uniforme, peur d'arriver en retard, peur de me faire attraper par la police, peur quand je dois refaire mes papiers... peur de dire que je suis juive.

Et cela, tout le temps. Pas « quand ça m'arrange». J'ai, inscrit dans mes cellules, le souvenir d'une expérience de danger si violente, qu'il me semble parfois l'avoir vraiment vécue ou devoir la revivre. La mort me semble toujours imminente. J'ai le sentiment d'être une proie. Je me sens souvent soumise à une forme d'anéantissement. Je cherche dans les livres d'Histoire celle qu'on ne m'a pas racontée.

Je veux lire, encore et toujours. Ma soif de connaissance n'est jamais étanchée. Je me sens parfois une étrangère. Je vois des obstacles là où d'autres n'en voient pas. Je n'arrive pas à faire coïncider l'idée de ma famille avec cette référence mythologique qu'est le génocide. Et cette difficulté me constitue tout entière. Cette chose me définit. Pendant presque quarante ans, j'ai cherché à tracer un dessin qui puisse me ressembler, sans y parvenir. Mais aujourd'hui je peux relier tous les points entre eux, pour voir apparaître, parmi la constellation des fragments éparpillés sur la page, une silhouette dans laquelle je me reconnais enfin : je suis fille et petite-fille de survivants. (p 480, 481)


Vu 

Cinéma

Nuestra tierra de Lucrezia Martel (documentaire)

Spectacle 

France-Fantôme de Tiphaine Raffier

expositions à Saint-Sébastien 

Elena Asins Espace structure temps

Jon Gorospe Morphologies urbaines 


samedi 4 avril 2026

vendredi 3 avril 2026

parc Beaumont

la lumière est belle, le printemps piaffe, les croiser tous les trois assez tôt un dimanche, deux hommes une femme, sourires joyeux dans le matin frais et lancer tout de go Pau, une belle ville, hein ? s’éloigner rapidement, l’un Comment vous savez qu’on n’est pas d’ici ? Oui, comment on sait, peut-être un regard qui flotte et hésite sur les choses, s’attarde aussi, peut-être 

jeudi 2 avril 2026

Madrid

 


il fait beau, 
penser à sortir les chiens 

17 mars,16h30,  parque del Retiro

à côté, au Retiro,

c’est bien

mardi 31 mars 2026

passerelle de Jurançon


dans l’épaisseur de nuages une échancrure de bleu, le ciel se fait vaste et profond au-dessus du gave, deux hommes pêchent un peu plus loin sur la droite, premières gouttes, pas de vieux os pour l’un, il replie déjà sa canne

lundi 30 mars 2026

ombre et lumière (15)


Bizanos, château de Franqueville, 20 mars, 10h1/4

dimanche 29 mars 2026

Lu et vu (182)

 Lu 

Petite sale de Louise Mey

Nord Sentinelle de Jérôme Ferrari 

Hiver à Sokcho d’Elisa Shua Dusapin

Zurbarán texte de Cees Nooteboom 

Nature morte au verre d'eau et à la rose

vers 1630, 21,2 * 30,1 cm

Londres, The National Gallery

Vu

Orwell 2+2 = 5 de Raoul Peck

Ce qu’il reste de nous de Cherien Dabis

Le Miroir aux alouettes de Ján Kadár et Elmar Klos