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mercredi 28 janvier 2026

à Lisbonne, un dimanche après-midi

dimanche 11 janvier 26, 16 heures 

 le dimanche s’alanguit, 

d’´une fenêtre entrouverte une voix de femme, 

fado,


assis sur le rebord, adossé au montant, un homme fume,

volutes bleus dans le jour gris, 

son regard vague vers la rue déserte,

désœuvrement 

il s’ennuie

palpable, 


une mélancolie,

une douceur aussi,

éviter de le dévisager plus, 

écouter



mardi 27 janvier 2026

à Evora


12 janvier, 15h30

Chapelle des Os, y aller vraiment ? Si l’on était tenté de l’oublier « Vanité, tout est vanité », un solide rappel. 



Wikipedia : à l'entrée, Nós ossos que aqui estamos pelos vossos esperamos  « Nous, les os ici présents, attendons que les vôtres nous rejoignent »

La phrase Melior est dies mortis die nativitatis « Le jour de la mort vaut mieux que celui de la naissance » tirée de l’Éclésiaste (7.1-6) est inscrite au plafond.

lundi 26 janvier 2026

d’une langue à l’autre (3)

songer au Zer berri Quoi de neuf peu utilisé en famille au profit de Ze xehetasun berri Quelles petites nouvelles, quels détails, un goût donc xehetasunandako pour les détails, les petites choses, un goût venu de loin

dimanche 25 janvier 2026

Lu et vu

 Lu

Histoire de Tölne de Mario Rigoni Stern

Hors-champ de Marie-Hélène Lafon

La servante écarlate de Margaret Atwood 

       Histoires dans le monde Discours prononcé par Margaret Atwood le 15 octobre 2017 à Francfort, à l'occasion de sa réception du prix de la Paix des libraires allemands, et traduit de l'anglais (Canada) par Patrick Dusoulier.

Ainsi donc, quelle est l'histoire que nous nous racontons à propos du moment actuel et de ses péripéties ? Quelle que soit la cause de ce bouleversement que nous vivons, c'est le genre de moment où les lapins dans le pré dressent les oreilles, parce qu'un prédateur a fait son entrée.

Bientôt va venir un loup revêtu d'une peau de mouton, ou même un loup habillé en loup, et ce loup va dire : « Lapins, vous avez besoin d'un dirigeant fort, et je suis justement celui qu'il vous faut. Je vais faire apparaître comme par magie le monde parfait du futur, et des cornets de glace pousseront sur les arbres. Mais d'abord, nous devrons nous débarrasser de la société civile - elle est trop molle, elle est dégénérée -, et il nous faudra abandonner ces normes de comportement qui nous permettent de nous promener dans la rue sans nous flanquer des coups de couteau. Et ensuite, nous devrons nous débarrasser de ces gens. C'est alors, et alors seulement, qu'apparaîtra la société parfaite!»

L'identité de ces gens varie d'un lieu à l'autre, et d'une époque à l'autre. Il a pu s'agir de sorcières ou de lépreux, qui les unes comme les autres ont été tenus pour responsables de la peste noire. Cela a pu être des huguenots, dans la France du XVII ème siècle. Cela a pu être des mennonites. (« Mais pourquoi vous ? ai-je demandé à un ami mennonite. Vous semblez si inoffensifs ! - Nous étions pacifistes, m'a-t-il répondu. Dans un continent en guerre, nous donnions un mauvais exemple. »)

Bon, toujours est-il que le loup conclut : « Faites ce que je dis, et tout ira bien. Défiez-moi, et grrr grrr, miam miam, vous serez croqués menu. »

Les lapins sont pétrifiés, parce qu'ils sont terrifiés et désorientés, et le temps qu'ils comprennent qu'en fait, le loup ne leur veut pas du bien, mais qu'il a tout organisé au seul bénéfice des loups, il est trop tard.

Oui, allez-vous me dire, nous le savons bien. Nous avons lu les contes, nous avons lu de la science-fiction, nous avons été mis en garde, souvent. Mais cela n'empêche pas toujours cette histoire de se rejouer dans des sociétés humaines, encore et encore. (p 18, 19)


J’aimerais croire que c'est juste une histoire que je raconte. J'ai besoin de le croire. Je dois le croire. Les gens qui ont la faculté de croire que de telles histoires ne sont que des histoires ont plus de chances de s'en tirer.

Si c'est une histoire que je raconte, j'ai donc un pouvoir sur son dénouement. Elle aura alors un dénouement et la vie réelle s'ensuivra. Je pourrai reprendre les choses là où je les ai laissées.

Ce n'est pas une histoire que je raconte.

Dans ma tête, c'en est une aussi, au fur et à mesure.

Je la raconte, je ne l'écris pas, parce que je n'ai rien pour écrire et que de toute façon il est interdit d'écrire. Mais si c'est une histoire, même dans ma tête, il faut que je la raconte à quelqu'un. On ne se raconte pas une histoire pour son seul bénéfice. Il y a toujours quelqu'un d'autre.

Même quand il n'y a personne.

Une histoire, c'est comme une lettre. Je dirai : Cher toi ou À toi. Rien que toi, sans prénom. Attacher un prénom attache le toi au monde réel, ce qui est plus risqué, plus dangereux : va savoir quelles y sont les chances de survie, tes chances, bien à toi? Je dirai : toi, toi, comme dans une vieille chanson d'amour. Toi peut faire référence à plus d'une personne.

Toi peut faire référence à des milliers.

Je ne cours pas de danger imminent, te dirai-je.

Je ferai comme si tu pouvais m'entendre.

Mais ça ne sert à rien, parce que je sais que tu ne

peux pas. (p 93, 94)


Vu

Spectacle 

Nos matins intérieurs par le Collectif Petits Travers, mise en scène de Nicolas Mathis, texte et directeur d’acteur Jean-Charles Massera

samedi 24 janvier 2026

Les nuits de la lecture, dixième édition

 
Salle des Fêtes d’Arudy, 23 janvier 2026, 18h25

sur le thème Villes et Campagnes, aux mêmes dates, ça s’est trouvé comme ça, que la fête programmée pour les cinq ans de La Curieuse, trois écrivaines invitées respectent l’engagement pris ça fait un bout de temps, Violaine Bérot la veille à la BPI de Beaubourg, Marie-Hélène Lafon marraine (avec Laurent Gaudé) de l’édition et Elsa Sanial, des inscriptions encore et encore, trop petite la Médiathèque, refuser du monde, pas question, la communauté des communes de la Haute Vallée d’Ossau offre la salle des fêtes, une armada se met en ordre de bataille, cette librairie leur lieu à eux, les gens du coin, un lieu de désir, nécessaire, vitale, sur le pont  Marianne Lassus, la libraire, orchestre, fédère, encourage, la queue s’allonge, pas bien chaud dehors, on patiente, quelqu’un On a vu de la lumière alors… on rit, ça papote, parle de neige qui monte, qui redescend, du coup de vent de mercredi, ce vent du sud qui rend fou et décoiffe les sommets, de tout de rien, on est ensemble et c’est déjà bon, 

on rentre peu à peu, la salle est grande, pas forcément hospitalière, un peu froid dedans aussi, pas que dehors, ça se remplit et soudain c’est lancé, dans le vif même si ça hésite cherche sa voie on dirait, puis très vite ça décolle, les échanges se font fluides, ça rebondit, ricoche, lectures croisées entre les auteures, Violaine Bérot lit Marie-Hélène Lafon qui lit Elsa Sanial laquelle lit Violaine Bérot, tressées d’autres venues du public, entre les auteures ça prend, à l’œuvre une alchimie souterraine, on le sent, on le voit, on le vit, et ça se cimente, se sédimente, se dépose en nous, c’est fort, une communauté éphémère prend corps, puissante et fragile, c’était pas gagné, un côté bonne franquette pour plats uniques et inoubliables, vous revient le On a vu de la lumière suivi du machinal alors on est rentrés, oui, la lumière est bien là, « la chaleur que tisse la parole » aussi, on sourit des lèvres des yeux du cœur à sa voisine de chaise, en retour son sourire des lèvres des yeux du coeur, une autre fois, entre  vous, ça, une première pierre, ça flotte, du vibratile, moment où vous vous êtes sentis plus aimants, plus accueillants, cent soixante-dix personnes on entend, à n’y pas croire, des applaudissements, les chaises grincent un peu, sortir d’une sorte d’engourdissement rêve éveillé, du monde déjà s’avance vers chacune des tables, le moment des dédicaces, Marianne On se retrouve  pour un cap a cap avec elles, d’accord ?

vendredi 23 janvier 2026

jeudi 22 janvier 2026

Petites choses (136) qui réchauffent le coeur

un enchevêtrement de feuilles d’aloe gorgé de pluie, un vieux bulbe oublié là et trois clochettes mauve au bout d’une tige, dans la petite jungle elle s’est frayé un chemin, une jacinthe a fleuri