(en ligne Journal La République des Pyrénées, 27 août 2012)
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Le Bonhomme du Poey, de Thierry Fresneau. (O.I.)
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Couché dans l'herbe, une fleur à la bouche, le Bonhomme du Poey a tenu
la vedette lors du
Trophée du Poey. Les participants de cette course à
la montagne ont pendant quelques minutes foulé la sculpture végétale
géante qui domine l'entrée du village d'
Accous. Le public local n'a pas
manqué de commenter sa nouvelle posture taillée dans les fougères du
Poey : "Tiens, il s'est recouché !" ; "Oui mais il a gardé la fleur de
l'an passé !". Ceux qui ne connaissaient pas n'ont pas été moins
admiratifs devant tant d'originalité.
Pour la cinquième année consécutive, Thierry Fresneau a donc "squatté le
Poey", comme il le dit lui-même, pour réaliser son oeuvre. "Le géant
traverse les saisons, impassible aux ignorants qui ne savent pas prendre
le temps d'admirer ce paysage grandiose, explique l'artiste. C'est un
pense-bête que j'ai comme les autres sous les yeux pour ne pas mourir
idiot avant l'âge."
En 2007, le premier Bonhomme a vu le jour pour le premier festival des
Phonies Bergères. Du vrai Land Art qui disparaît avec le temps. Mais au
Poey, il y a eu renaissance chaque printemps depuis cinq ans.
La collaboration s'est poursuivie, dépassant largement le cadre du
festival, dans une continuité qui n'est pas pour déplaire aux Phonies.
Le Bonhomme est devenu pour tous un compagnon de l'été : il renaît à la
vie en mai-juin et dure jusqu'à l'automne où les tons mordorés lui
donnent une nouvelle vigueur avant de disparaître en hiver. En cinq ans,
le Bonhomme a eu tout le loisir d'observer la vie estivale d'Accous en
prenant diverses attitudes. La première année, il se prélassait, puis il
s'est levé progressivement, pour aller ramasser… peut-être la fleur
qu'il tenait à la main l'an passé. En 2012, le bonhomme du Poey se
prélasse fleur à la bouche, observant les nuages et les étoiles.
Mais l'engagement de cinq ans se termine. Que deviendra le Bonhomme l'an prochain ?