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dimanche 14 avril 2024

Lu et vu (96)

 Lu

À travers les champs bleus de Claire Keegan 

Air de solitude de Gustave Roux

« La nuit tombe très vite. Aimé part de bonne heure encore vers le champ de trèfle. Le soleil se couche dans un ciel si pur que l'instant est comme suspendu : on oublie le travail sournois de l'ombre. Et pourtant elle monte sans cesse, elle semble sourdre insensiblement de la terre et la noyer peu à peu, comme un marécage qui se gorge d'eau. On marche dans de la nuit, on enfonce lentement dans l'obscur. Le dernier trèfle tombe, c'est un peu de nuit qui croule dans de la nuit ; la faux est un sifflement invisible jusqu'à l'instant où Aimé la redresse et l'aiguise : une main de nuit caresse un pâle croissant d'acier contre le ciel. Les villages un à un s'étoilent, constellations humaines qui brûleront comme les autres jusqu'à l'aube.

Allons, il est temps de repartir vers nos lampes, de fouler à tâtons la rosée de glace et la prairie

- mais pendant que nous ne sommes encore qu'une voix et une voix, et deux taches à peine (qui sont nos visages), laisse que je dise une espèce d'adieu à ce qui vient de s'éteindre tout à fait, comme un bruit parmi les autres bruits du crépuscule et qui ne renaîtra plus cette année : ton dernier coup de faux. » (p 24, 35)

Vu 

Les filles de Mai Zetterling

Il reste encore demain réalisé par Paola Cortellesi

samedi 13 avril 2024

au marché (20)

 


Un panneau, s’arrêter et sourire, 

« Rosiers élevés en plein air,

Rosiers non forcés »

se rappeler sa passion pour ses poules, il est occupé avec un client, se pencher, une photo, se redresser, un cinglant Deux euro claque, il vous toise Vous pourriez dire bonjour et demander l’autorisation de photographier les produits ! - Je me suis juste contentée de votre trait d’esprit,  un coup d’œil à votre écran Alors, vous, vous êtes bizarre, dire qu’il il a toujours été tellement gentil, un mauvais jour faut croire

jeudi 11 avril 2024

Conversation (28)

 


Deux femmes marchent dans le printemps. L’une, âgée, un blanc et noir élégant pour une frêle silhouette dansante. L’autre, une belle fille, jeune et vigoureuse. À leur hauteur, la voilà qui soulève son TShirt Regarde  mes lombaires mamie, sa voix rayonne de satisfaction, puis dans un soupir mais ce que j’aimerais, et la voix se fait plaintive, c’est être musclée de partout. Surtout les fesses. La grand-mère Faut pas tomber là-dedans, tu sais. Les dépasser, elles vous sourient, le vent emporte le reste.

mardi 9 avril 2024

… et de honte, il se couvrit de fleurs rouges


arbre de Judas, Pau quartier du Hédas

celui auquel Judas se pendit, l’histoire telle qu’elle m’est restée. 

Blog Gallica

« Les Espagols le nomment arbre d’amour, tandis que le terme arbre de Judas renvoie à la légende selon laquelle Judas se serait pendu à un de ces arbres après avoir livré Jésus. Ses fleurs rappelleraient les larmes du Christ et devraient leur couleur à celle de la honte. »

dimanche 7 avril 2024

Lu et vu (95)

 Lu

Un ciel si bleu de T. C. Boyle

Comme des bêtes de Violaine Bérot

L’Antarctique de Claire Keegan (nouvelles)

« Une valse lente commence et papa se dirige vers Sarah Combs, qui se lève du banc et retire sa veste. Elle a les épaules nues ; je vois le haut de ses seins, on dirait deux œufs de cane.

Maman regarde, assise, son sac à main sur les genoux. Il y a de la tristesse chez maman ce soir ; tout en elle l'exprime comme quand une vache meurt et que le camion vient l'emporter ». (extrait de la nouvelle Les hommes et les femmes)


Vu 


Cinéma 


Comment l’esprit vient aux femmes (titre original Born yesterday) réalisé par George Cukor


Bye bye Tibériade de Lina Soualem


Spectacle 


Le Dossier Cendrillon écrit et mis en scène par Eric Cazade, Cie Ravage


Une Vie et mort de Galia Libertad de et mis en scène par Carole Thibaut 


À plates coutures, pièce écrite et lue par Carole Thibaut 

      « Vous souvenez-vous du combat exemplaire des ouvrières de Lejaby, cette entreprise de sous-vêtements qui a déposé le bilan en 2012 ? L’autrice et metteuse en scène Carole Thibaut a récolté leurs paroles pour écrire sa pièce à plates coutures qu’elle donne en lecture. 

Quatre voix féminines racontent leurs moments de joie et de complicité, leur quotidien, entre enfants, mari et usine. Pas de misérabilisme, de pathos ou de regard défaitiste. On lutte. On vit tout simplement. » Espaces Pluriels

jeudi 4 avril 2024

traces (2)

s’étonner avec une amie de l’attitude déjantée de la principale lors d’un pot de fin d’année, risquer un Elle devait être bue, la voir ciller Ah ! ça se dit pas ? Je voulais dire  qu’elle était sans doute ivre…  et dans l’instant songer à Edana zen une traduction restée jusqu’à ce jour dans votre français.

mardi 2 avril 2024