Trente ans qu'ils travaillent sur l'exploitation côte à côte. Lui les vaches, des blondes, elle les brebis. Ses chères manechs. Petites, sauvages, résistantes, elles courent les prés mais peu de lait et peu de viande. Pas du meilleur rapport donc. Ah ! c'est sûr, pas comme les lacaunes. Discussions interminables entre producteurs et tentation. Un tel en a mis, à ce qu'il paraît, il est content. Des bêtes à viande, à lait, gavées d'aliments, nulle part aussi bien que devant une mangeoire débordante, dans le confort d'une bergerie. Un travail plus facile à condition de ne pas voir trop grand : une lacaune pour deux manechs, la solution sage, celle qui permettrait de s'acheminer en douceur vers la retraite. Il essaie de la convaincre. Elle, tournée vers son mari, dans un éclat de rire plein de tendresse et de malice Change si tu veux mais alors tu changes aussi de femme !
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dimanche 7 mars 2010
samedi 6 mars 2010
Assises sur un banc vert. Les enfants crient et courent autour de nous. Si jeunes encore. Notre petite trentaine. Douceur. En levant le nez, le clocher de l'église. Un peu plus au-delà la Rhune. Le Fujiyama basque disait l'ami. Récréation. Elle toute en regrets contenus Je rêverais d'avoir un manteau rouge... et se reprenant aussitôt, mais je vais acheter un manteau noir. On ne sait jamais. Si j'avais un deuil.
samedi 20 février 2010
entre Zumaia et Deba
S'éloigner de l'écran, rejoindre des paysages familiers, cet arbre aura-t-il résisté aux derniers assauts du vent ?
vendredi 19 février 2010
jeudi 18 février 2010
mercredi 17 février 2010
Préparer les agneaux pour la coopérative, enlever la boucle de naissance, ajouter la boucle de vente,
"Pas cette paire de tenailles, c'est pour faire tomber la queue, avec un élastique, on serre très fort, mais non, ils n'ont pas mal, quelques-uns se roulent un peu et au moins ils ne finissent pas à l'abattoir",
tout noter sur des calepins, numéro de la mère, date de naissance, sexe, premier numéro de l'agneau, numéro de vente, enlever une boucle, les numéros volent dans la bergerie, 211... 124... tu dis qu'il est né quand ? les petits carnets s'accumulent, des remarques,"bib, diarrhée", ère de la traçabilité oblige, pour bientôt une puce mais payer, "Toujours nous"à vingt kilomètres la coopérative, camions entiers chargés,
Ils respirent, buée, silhouette qui s'effacent. Le soir, au retour du pré, bêlement affolé des mères. Elles les cherchent.
mardi 16 février 2010
en passant par le Boulevard des Pyrénées
Promenade au parc, toujours la même, le froid un peu moins vif, vu six écureuils, le cœur qui bondit et s'en étonner, souvenir du livre de lecture du CP ? Rémi et Colette "l'écureuil et sa queue en panache" une illustration, quand on en était là on savait presque lire, avoir peut-être rêvé au début d'en être déjà là, aux dernières pages,
quatre personnes désherbent l'allée, les galets affleurent, continuer à entendre les oiseaux, pas complètement sourde encore, y penser avec reconnaissance, appels d'arbre en arbre,
la glace a fondu,
fin de la boucle, le chantier bien avancé, ils sont partis, sur le boulevard face aux Pyrénées un homme, blouson de cuir, écharpe rouge, l'effleurer du regard, un clochard ? une hésitation, rien d'abandonné chez lui, flasque de gnôle, rhum ou whisky dans son blouson, une bonne rasade au goulot, faut bien se réchauffer ! puis, aussi sec, dans la doublure,
sortir à nouveau, le soir cette fois, boulevard Barbanègre, façades maculées de jaune d'œuf, trottoirs rendus glissants,
farine répandue, dans le quartier on lave à grande eau, déferlement de Carnaval, une jeune fille "Faut pas abuser, on lance quoi si on peut pas lancer des œufs" Mardi Gras, tout ça, oui mais la nourriture.
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