Deux humains (ou deux groupes d'humains) coplanaires, donc d'une certaine manière vivant sur une même surface de temps, comme deux droites sur le plan bien ordonnancé par la géométrie euclidienne, ne se rencontrent jamais s'ils suivent des lignes parallèles. Supposons donc qu'un troisième humain, un groupe d'humains (ou pourquoi pas un escargot), prenant la sécante, traverse fictivement ces lignes, une rencontre n'est possible pour les deux premiers que si la somme des angles extérieurs (correspondant au point de vue de l'observateur) est supérieure à la somme de deux angles droits, leur permettant ainsi, forcément de se rencontrer "un jour". Un jour puisque intervient forcément l'échelle du temps qui rend cette jonction quelque peu aléatoire.
Changeant de point de vue, les promeneurs sur les sillons parallèles de la vie, peuvent aussi dessiner des perspectives qui rendent possible la jonction des lignes sur l'horizon même si l'intersection avec une sécante forme des angles dont la somme est égale à celle de deux angles droits. Mais, dira-t-on, la géométrie euclidienne ne s'inscrit ni dans le temps, ni dans l'espace, et encore moins dans une dimension humaine basée sur le principe théorique de l'échange. (Prendre un livre pour mesurer les angles droits).
La mousse quant-à elle, plante mystérieuse issue des premiers temps de la vie planétaire, vient s'insérer dans les interstices les plus inhospitaliers. Brûlée de soleil, noyée de pluie elle fleurit de vert les raccords du bitume plissé comme la peau d'un éléphant sur le sol d'un parking suspendu. L'univers est désertique dans l'entour de la ville en surplomb sur la tranchée ferroviaire aux rails bien parallèles.
Rouen, en attendant le train, en compagnie du cinquième postulat.