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mercredi 16 décembre 2009

"la bonne chienne"

Oui, elle court le quartier, Uda (un nom qui veut dire Eté), impossible de la retenir, le quiqui du voisin est là qui rôde, la voir s'alourdir, puis désolés Tu crois qu'elle est encore pleine ? et plus tard encore trois ou quatre chiots tièdes, douceur à les renifler, leur odeur de lait et de poil, les étouffer tant qu'ils sont petits, parfois les enterrer, parfois les noyer, sa détresse quand elle les cherche, détresse silencieuse, On lui en gardera un quand on pourra la faire prendre par un joli chien, un petit patou par exemple, il apprendrait avec elle, une comme elle, on a jamais eu, oui, mais la coincer une autre histoire.

Regarde la bonne chienne
Francis Jammes
Regarde la bonne chienne
importante d’être pleine.

Elle a un museau pointu
qu’elle est pleine d’autant plus.

Au monde elle a l’air de dire :
je suis une dame aussi.

Et elle a l’air de savoir
qu’elle accomplit son devoir.

Mille choses l’intéressent,
chiens et voitures qui passent.

Elle aura des petits chiens
jolis comme des vauriens.

Qui auront de grosses pattines
et des museaux tout froncés.

Ils crieront gonflés de lait,
et avec les yeux fermés.

Alors le maître viendra
arracher d’entre les bras

de la bonne pauvre chienne
trois ou quatre petits chiens.

Il les jettera à l’eau
et on entendra alors

la chienne qui n’a pas d’âme
pleurer comme une femme.
Novembre 1900.

mardi 15 décembre 2009

Bon appétit ! (4)

Fumant sur la table le gigot haricots. La fille de La Chevelue, elle dit puis  Oui, une bonne brebis, La Chevelue, laitière et tout, mais des tétines retournées qui ne rentraient pas dans la machine à traire, alors, obligé de la vendre et puisque c'était comme ça, pas la peine de la tondre j'avais dit, vous comprenez son nom maintenant ! mais voilà qu'entre temps elle s'était fait attraper par le bélier. Alors on l'a quand même gardée encore un peu. Et le gigot, là, c'est sa fille, oui, la fille de La Chevelue, bon appétit !

lundi 14 décembre 2009

Maison natale,


le troupeau, l'entendre bêler, une joie. La chambre "Iparreko ganbara" son nom, chambre du nord, donnait sur le hangar, sous le hangar le poulailler et la bergerie. Odeurs fortes. Pas de réveil. Matin d'hiver, un rais de lumière, la traite. Échos assourdis. Basse continue, des rires parfois, le plus souvent éclats de solides engueleaux. Attendre encore au creux du lit chaud. Descendre au premier appel, dans la cuisine, le chocolat épais, mijoté sur la cuisinière à bois Y a pas comme le Poulain, collections de vignettes impossibles à terminer, on gagnait quoi si, coups de cuillère gourmands, fendiller la peau épaisse du lait, c'était bon, puis le cartable et la petite gamelle pour le repas de midi, au bout du chemin l'école.

dimanche 13 décembre 2009

C'est quoi habiter. S'être assis, avoir rêvé là, aux Pyrénées peut-être. Puis s'être levé. Abandonné sur un banc vert du boulevard, le prospectus. Dispositif Scellier, TVA, Terre et Mer... Brouillard et confusion.

samedi 12 décembre 2009

Je l'ai pris en photo, il voulait des caresses.
Jamais ce qu'on voudrait.

vendredi 11 décembre 2009

Prendre le journal, la Gazette il disait. Le parcourir, nouvelles du coin, s'arrêter parfois, lever la tête Tiens t'as vu... Oublier que et lire à haute voix. Invariablement se faire ramasser Tais-toi, on sait lire. Reposer le journal.

jeudi 10 décembre 2009

Dernier carreau posé, content s'est retourné. Et avec fierté, a écrit son nom.