Assistance clairsemée. Banc de devant.Trois hommes debout. Lourds et massifs. Âgés. Bérets soigneusement posés derrière eux. Se prendre à songer au temps, c'était l'enfance, où les églises étaient pleines, femmes en bas, hommes dans les galeries. Chants à gorge déployée, voix chevrotante des vieilles femmes, celle de Justina dont nous riions, voix puissante des hommes, du chantre, beauté du
Gure aita, et sentiment parfois que le toit s'envolerait devant tant d'ardeur. Prie-dieu d'alors. Leur claquement. A genoux, assis, debout. Docilité des corps mais l'esprit, qui peut dire. Mantille blanche, les jeunes filles. Sentir parfois un regard de garçon posé sur soi, baisser les yeux. Les trois hommes se lèvent et s'éloignent vers l'autel. Trois bérets sur un banc. Le bois vernis brille. Couleur chaude de l'acajou. La photo serait belle. Ils reviennent. Bénédiction finale. Même façon de plier le béret sous le bras. Ils sortent. Photos que je ne ferai pas.