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dimanche 14 février 2010

Gelée

 
La terre gelée  crisse sous les pas, 
 
 au pont tagué
 
un ruissellement
 
s'émerveiller.

samedi 13 février 2010

Couple (1) : commémorer

Le magasin va bientôt fermer. Une bouteille de Champagne rosé sur le tapis roulant. Rien qu'une. Je me glisse dans la queue. Devant un couple. Petite quarantaine. Lui penché vers elle Dire que c'est ici qu'on s'est connus. Ici, où ? Super U ? Caisse numéro 1?

vendredi 12 février 2010

 
Les jardiniers à leur sécateur s'activaient. Les corbeilles à papier accueillaient des bouquets. C'était la vie rêvée des villes.

jeudi 11 février 2010

 
C'est bien lui. Non, il n'est pas fatigué. 
Juste envie de s'asseoir qu'il dit, et de regarder le paysage. Il se pousse un peu, invitation, s'asseoir. Quand je suis arrivé ici, j'ai cru que j'allais mourir, je peux pas tenir chez moi. Je suis debout à cinq heures et demie, le ménage, un vrai maniaque ! puis je sors. 
Ce bâton ? Penser makhila. Un Portugais qui me l'a donné. Il habite en bas, vers de la rue des Ponts. Oui, je commence à connaître deux, trois personnes. Il est à la retraite, ça lui fait une occupation, il en a déjà taillé sept ou huit, faut être adroit, je voulais le payer, il a rien voulu prendre mais à Noël j'ai offert des chocolats à sa femme. Risquer dans un souffle Je peux vous prendre en photo ? Son sourire. Promettre Je vous les donnerai quand on se recroisera. Claque un Je vous paierai Ne rien devoir.

mercredi 10 février 2010

 
Ils devenaient de plus en plus violents. On le disait à la télé. La surveillance se resserrait. Des récits de peignées d'accord mais dans les livres. Objets d'étude pour examen. Ils résistaient pourtant. Des bousculades encore. Ou des croche-pied. S'ils se blessaient ? Anticiper. On avait ôté les porte-manteaux.

mardi 9 février 2010

 Rue Serviez. Froid vif, pluie glacée, neige et grésil mêlés. Six heures du soir mais il fait encore jour. On va vers le printemps. Hésitantes, quelques notes de musique au-dessus du brouhaha. Regarder vers. Sur le trottoir d'en face, juste après le temple, adossé au muret, un mendiant. Il souffle dans un harmonica. Ses cheveux blancs. Ralentir. Cette musique, un sentiment de familiarité. Prêter l'oreille. Dans l'hiver s'envolent les premières mesures de l'Internationale.

lundi 8 février 2010

la photo serait belle

Assistance clairsemée. Banc de devant.Trois hommes debout. Lourds et massifs. Âgés. Bérets soigneusement posés derrière eux. Se prendre à songer au temps, c'était l'enfance, où les églises étaient pleines, femmes en bas, hommes dans les galeries. Chants à gorge déployée, voix chevrotante des vieilles femmes, celle de Justina dont nous riions, voix puissante des hommes, du chantre, beauté du Gure aita, et sentiment parfois que le toit s'envolerait devant tant d'ardeur. Prie-dieu d'alors. Leur claquement. A genoux, assis, debout. Docilité des corps mais l'esprit, qui peut dire. Mantille blanche, les jeunes filles. Sentir parfois un regard de garçon posé sur soi, baisser les yeux. Les trois hommes se lèvent et s'éloignent vers l'autel. Trois bérets sur un banc. Le bois vernis brille. Couleur chaude de l'acajou. La photo serait belle. Ils reviennent. Bénédiction finale. Même façon de plier le béret sous le bras. Ils sortent. Photos que je ne ferai pas.