ils prêtent l’appartement de la Côte à leurs enfants, plus tard, une photo gros plan des brosses à dents sur la tablette de la salle de bains C’est pas hygiénique, des nids à bactéries, vous n’avez pas dû vous rendre compte, il faut les jeter
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vendredi 29 août 2025
mercredi 27 août 2025
mariage (7) à Francfort-sur-le-Main
mardi 26 août 2025
lundi 25 août 2025
vieillir (76)
Ehpad, à sa fille Tu me raccompagnes maintenant auprès des autres détenus ? C’est bientôt l’heure du repas.
dimanche 24 août 2025
Lu et vu (161)
Lu
Les Aquatiques d’Oswalde Lewat
Ce qui vient après de JoAnne Tompkins
Seules dans le Grand Nord de Velma Wallis
Vu
Cinéma
Valeur sentimentale de Joachim Trier
Musée, exposition
Musée Stadel de Francfort et rétrospective Annegret Soltau
Musée historique de la ville de Francfort
Exposition
à la fondation la Caixa de Barcelone
Rubens et les artistes du baroque flamand
Philippe Parreno La Quinta del Sordo 2021
Film couleur, son de mixage 5.1 38 min 36 s
La Quinta del Sordo, à la périphérie de Madrid, était la résidence de Francisco de Goya et où, entre 1819 et 1823, il créa ses célèbres peintures noires, une série de peintures murales expressives à l'huile, dans des tons sombres. Découvertes après sa mort et transférées sur toile, les œuvres sont exposées au musée du Prado et constituent l'un des héritages les plus impressionnants du peintre aragonais.
Grâce à des technologies avancées d’images et de son, l'artiste français Philippe Parreno recrée l'atmosphère de la maison, soi-disant vide après le départ de Goya pour son exil à Bordeaux. Le tournage, réalisé dans les salles du Prado, utilise un éclairage qui simule le scintillement de la lumière des bougies, la lueur de la cheminée et la clarté du soleil à travers les rideaux, et reproduit les sons d'une maison abandonnée.
Parreno crée ainsi une expérience sensorielle et intime de rencontre avec ces peintures cachées et énigmatiques, faisant revivre l'atmosphère originale et permettant au spectateur d'apprécier les coups de pinceau de Goya avec un détail extraordinaire (traduction Google).
vendredi 22 août 2025
mercredi 20 août 2025
mardi 19 août 2025
lundi 18 août 2025
Lundi matin
faire la queue, venir voir, et si l’on avait gagné à la loterie, acheter un billet, se saluer entre du quartier, rêver à des jours plus faciles
dimanche 17 août 2025
Petites choses qui (147) attirent l’attention
Barceloneta. Son chariot déborde des objets les plus divers. Ventilateur, planchettes, réveil. Récup. Poubelles. Il s’arrête au milieu de la place, les pigeons accourent, il émiette son pain,. De la noblesse dans son maintien. Il s’éloigne.
vendredi 15 août 2025
à Bad Sooden-Allendorf
des guirlandes de blé, la fête de bénédiction des récoltes et moissons, Thanksgiving, se prépare, une tradition encore respectée dans les villages du land de Hesse
mercredi 13 août 2025
À Göttingen, sur le mur de l’ancienne prison
mardi 12 août 2025
dimanche 10 août 2025
Lu et vu (160)
Lu
Le Monstre de la Mémoire de Yishaï Sarid
Aux Arabes, on ne pardonnera jamais leur aspect, leurs joues mal rasées, leur pantalon marron pattes d'éléphant, leur maison sans enduit, les eaux usées qui se déversent au milieu de leurs ruelles et leurs enfants aux yeux gonflés d'orgelets. En revanche, on a envie de ressembler à ces Européens-là, blonds et si propres sur eux. Là est le premier point.
Le deuxième point - un coup de génie des Allemands - est d'avoir planifié, volontairement et en pleine conscience, de perpétrer le massacre en Pologne, afin de laisser leur patrie belle, pure, bien ordonnée. Les déchets ont été envoyés ailleurs, dans des lieux reculés dédiés aux ordures organiques, de telle sorte que la puanteur ne vienne pas entraver le Progrès et la Culture. Les touristes pointilleux peuvent visiter Dachau, le Reichsparteitagsgelände à Nuremberg ou le stade olympique de Berlin autant qu'ils veulent, le cœur de la chose, son sadisme et sa force d'attraction se trouvent à l'Est, là où un visiteur attentif pourra encore, en période de pluie, voir un os remonter à la surface. Le sol de la Forêt-Noire, qui accueille aujourd'hui nos concitoyens venus y passer des vacances en famille, n'a pas été souillé.
Ainsi l'ont orchestré les Allemands, et que dire ? Cela a très bien fonctionné. Le troisième point, ce sont bien sûr les grosses indemnités touchées par l'État d'Israël ainsi que des tas d'autres privilèges octroyés - cela aide à oublier. Et un dernier point qui s'est lentement imposé à moi au fil des années : l'admiration secrète qu'éveille le meurtre perpétré avec une telle détermination, avec un brio conjugué à l'audace exigée pour mener à bien cet acte - si précisément défini - de cruauté ultime après quoi il n'y a que le silence. (p 36, 37)
"La Shoah n'est pas l'œuvre des Polonais mais bien des Allemands, lui répondis-je. Les Polonais ont profité de l'occasion pour continuer les pogroms, un sport national qu'ils ont pratiqué tout au long de leur histoire, c'est inhérent à leur mode de vie. Ils haïssent les Juifs parce que les Juifs ont crucifié Jésus, que c'étaient ces mêmes Juifs, sachant lire et écrire, qui collectaient les impôts au nom de la noblesse. De plus, les femmes juives étaient propres parce qu'elles allaient au bain rituel une fois par semaine, à la différence des Polonaises.
À l'auberge, le Juif leur servait du vin qui montait vite à la tête, se faisait payer mais ne buvait jamais avec eux, ne partageait avec eux ni la joie des pauvres gens, ni leurs deuils. Son visage restait éveillé alors qu'eux s'abrutissaient d'alcool et quand il avait un instant de libre, il plongeait le nez dans un livre couvert de mots ensorcelés, alors qu'eux étaient illettrés.
C'est donc par jalousie et bêtise que de temps en temps, à quelques années d'intervalle, ils se permettaient une descente chez les youpins, débarquaient au milieu de la nuit, éventraient les édredons et cassaient les meubles, violaient les femmes et les filles, parfois coupaient les membres du mari les uns après les autres, jusqu'à ce que l'expression de suffisance s'efface de son visage, et après, ils allaient trinquer.
Mais jamais ces imbéciles d'ivrognes n'ont envisagé d'assassiner tout le peuple, cela dépasse leur imagination et leur capacité d'action. Cette mission historique était destinée aux Allemands, eux en avaient l'envergure et la détermination, ils étaient malins, scientifiques et considéraient les Polonais comme des sous-hommes, un stade au-dessus du Juif qui, lui, n'était pas un homme du tout." (p 103, 103)
Vu
Exposition
Musée Carnavalet Le Paris d’Agnès Varda, de-ci, de-là
Göttingen Kuntverein Mélodie Mousset et Ittah Yodda
Au cours de l'été 2025, l'artiste Mélodie Mousset et le duo artistique Virginie Ittah et Kai Yoda présentent au premier étage de la Künstlerhaus Göttingen un terrain multimédia qui entoure les visiteurs et fait appel à de nombreux sens, y compris le sens du toucher et de l'odorat. Les installations qui s'écoulent les unes dans les autres sont situées entre les origines de la peinture rupestre et les paysages virtuels, intégrés à l'aide de lunettes VR. L'un des travaux principaux est l'installation HanaHana de la Française Suisse Mélodie Mousset. Cette expérience de réalité virtuelle interactive, qui se développe depuis des années, offre aux invités la possibilité de se promener à travers différents paysages virtuels à l'aide de contrôleurs, tout en les concevant activement et en les générant ainsi. La liberté, la beauté et la sécurité de HanaHana sont remarquables et ouvrent un monde alternatif entièrement créé numériquement, un « Safe Space » sans matériaux d'un genre particulier. L'espace de simulation de HanaHana sera intégré dans un design d'exposition de grande étendu duo artistique franco-japonais Ittah Yoda. Les deux travaillent ensemble à la combinaison de la sculpture, de la peinture et de l'installation avec des médias techniquement avancés tels que l'écran LED, la réalité virtuelle et la réalité augmentée. Pour ces espaces entrelacés entre matérialité tangible et vision numérique, les deux ont inventé le terme symbiocène et ils comprennent leurs projets comme des projets utopiques d'une symbiose durable de cycles écologiques et de technologie.
D'un point de vue thématique, cette exposition offre un examen innovant de la culture picture des personnes européennes face au paysage qui les entoure. Les deux positions sont liées comme source d'inspiration par la fascination pour les peintures rupestres de Lascoux et Chauvet, entre autres, c'est-à-dire les premières images permanentes des habitants d'une région. On peut comprendre ces premiers témoignages comme un acte d'assurance, comme un témoignage durable de sa propre existence, comme un archivage visuel des autres créatures ou encore comme une communication cultuaire avec l'environnement. Ce sont toutes des impulsions qui ont toujours propulsé la création artistique. Inspirés par ces témoignages archaïques d'auto-autonomisation culturelle, Ittah Yoda et Mélodie Mousset abordent dans leurs œuvres, entre autres, la question suivante : « Comment incarner la spécificité d'un territoire de nos jours ? » – « Ou comment créer de tout nouveaux terrains imaginaires sur la base de notre histoire culturelle ? » Dans leur recherche libre, plutôt associative, ils se détachent largement des réalités géographiques réelles par rapport à d'autres positions plus conceptuelles du programme annuel TERRA DIASPORA – TERRAINS ACTIFS. Ils négocient davantage des termes tels que « paysage », « lieu » et « génération » en dialogue avec l'appropriation anthropologique et culturelle de ce thème par les gens au cours de l'histoire culturelle. Il s'agit donc plus d'idées de paysage que de bouleversements géographiques actuels et réels dans l'aggravation de l'Anthropocène. Ainsi, cette exposition complète non seulement le programme annuel avec des aspects importants, mais ouvre également l'arc vers les tendances fantastiques et surréalistes du programme annuel 2024 TERRA DIASPORRA – WELTEN WANDELN. (traduction Google)
vendredi 8 août 2025
Petites choses qui (146) réchauffent le cœur
elle avance prudemment, à pas menus, presque d’équerre sur son déambulateur, une petite femme modeste, son regard effleure soudain sur le trottoir d’en face une très vieille mendiante sébille posée devant elle, l’image même du dénuement, sur son visage la compassion et une hésitation, elle se décide, traverse la rue piétonne, se penche, son obole, quelques mots, elles se sourient
mercredi 6 août 2025
musée Carnavalet
il caracole fièrement jusque dans la capitale, notre preux et fringant béarnais, le bon roi Henri, sa poule au pot tous les dimanches, son ministre Sully Labourage et pâturage sont les deux mamelles de la France, un récit, son imagerie et la nostalgie, toujours
mardi 5 août 2025
lundi 4 août 2025
Petites choses (141) désagréables à supporter
pour la plupart des enfants de paysans dans cette petite école, à l’un Tu pues l’ensilage, et c’est vrai que pas terrible cette odeur d’herbe fraîche en décomposition qui fermente sous les grandes bâches de plastique, les bêtes en raffolent, faut croire qu’elle s’est inscrustée dans son épaisse tignasse, penser à d’autres odeurs qui isolent, rayon poissonnerie, abattoir Tu as beau te doucher, te récurer à fond, tu peux y aller, rien n’y fait, il t’en reste dans les recoins, sous les ongles et tu traînes ça avec toi jusque tes jours de repos
dimanche 3 août 2025
Lu et vu (159)
Lu
Le corps des pays de Luc Baptiste (photo) et Marie-Hélène Lafon (texte)
Le fait est que j'ai rapporté du Mexique entre autres choses une boîte de têtes de mort en sucre, que j'ai pulvérisées de laque pour qu'elles ne tombent pas en poussière avant de les placer à tous les coins et recoins de mon cabinet de travail, et même sur l'étagère qui couvre tout le mur, entre les livres, surtout auprès des surréalistes français et des Russes, de Tolstoi, d'Anna Akhmatova et de Fiodor Mikhaïlovitch Dostoïevski. Tu voulais absolument être enterré et pourrir sous la terre, il n'a jamais été question que nous te fassions incinérer, tu aurais considéré comme une profanation une incinération telle qu'on en pratique souvent en Inde, dans la ville sainte des Hindous, à Varanasi, sur la rive du Gange, cela t' épouvantait. Lorsque, voici vingt ans, Rajiv Gandhi alluma avec un fagot le bûcher sur lequel gisait sa mère, la première ministre indienne assassinée Indira Gandhi, nous étions assis toi et moi lors de cette cérémonie d'incinération devant la télévision dans la maison familiale à Kamering, tu as bondi du canapé vert que ta grosse mère avait défoncé à force d'y rester assise et qui était souillé par son urine, tu m'as regardé fixement, l'air horrifié, et tu as hurlé : « Mais regarde-moi ça! Le fils qui met sa propre mère sur le gril! » J'avais cette réponse sur les lèvres mais je ne l'ai pas prononcée : « Oh, toi aussi on te mettra sur le gril! » Quand l'heure viendra! Mais quand tu es mort, je me trouvais à Tokyo, je ne suis même pas rentré pour ton enterrement, c'était une chance de ne pas devoir être là au moment de l'adieu, car un jour, par indignation, tu m'avais fait transmettre ton souhait que je ne vienne pas à ton enterrement, puisque j'avais écrit qu'une fermière du village avait mis son ivrogne de fermier dans la soue à cochons et que pendant la nuit, les cochons lui avaient bouffé les couilles, tu craignais, paraît-il, qu'on s'en prenne à moi dans mon village natal au moment de ton enterrement, qu'on me pousse dans la fosse pour que je tombe sur ton cercueil et que de mon poids mort et vivant j'écrabouille non seulement le grand bouquet de roses rouges, mais peut-être même que je transperce le couvercle du cercueil et que ma tête de vivant heurte ta tête de mort et que ma tête et la tienne se pulvérisent mutuellement. (p 150, 151)
Tandis que ma mère malade des nerfs prenait la fine omelette suivante, de la taille d'une assiette, pour la découper en lamelles, que ma sœur malade des nerfs posait sur la planche en bois le morceau suivant de viande de porc sanglante et lui assenait de brefs coups secs avec le marteau à viande pour que le sang de la viande aplatie coule dans les veines du bois et les rainures de la planche, un reporter de guerre [le père ou l’un de ses deux frères] lança, dans l'air de la cuisine sentant les chrysanthèmes et le saindoux qui grésillait dans la poêle posée sur le fourneau : « Imagine ça, pendant la guerre, on avait un curé qui nous recommandait d'abattre autant d'ennemis que possible. Un curé, dire une chose pareille! Un de mes camarades a dit au curé qu'il était chrétien et avait le devoir de respecter les Dix Commandements. "Connaissez-vous le cinquième commandement, monsieur le curé? Tu ne tueras point!" a dit mon camarade. Depuis ce moment-là, je les respecte plus, ces pisseurs dans leurs soutanes. Ce camarade a reçu une balle dans la tête, ils lui ont délogé les yeux de la tête! À l'hôpital militaire, aveugle, il criait tout le temps : "Je veux voir ma famille encore une fois!" » Dans l'intervalle, les gouttes d'eau bénite avaient séché sur les manteaux des trois messieurs reporters de guerre et les gouttes de cire à l'ourlet de leurs manteaux en loden vert, qui auraient durci dans le froid du cimetière, s'étaient de nouveau ramollies dans l'air chaud de la cuisine sentant la cire de bougie, les leurs de la Toussaint et les os d'Odilo Globocnik que Hermann le tonton-taupe avait dégotés lors de ses virées dans les galeries souterraines des Pâtis-aux-Porcs et qui mijotaient dans le bouillon destiné à la soupe à l'omelette. Ma sœur cassait un œuf sur le rebord d'un saladier en émail blanc portant l'inscription « Old Enamel Ware Bowl », versait le blanc d'œuf de chaque moitié dentelée de la coquille dans un saladier émaillé et glissait le jaune d'œuf dans un autre saladier émaillé, posait la viande de porc bien aplatie dans le saladier des jaunes d'œufs qu'elle avait battus avec une fourchette et, enfin, déposait l'escalope dans un troisième récipient rempli de chapelure. Elle plaçait délicatement les escalopes une fois panées dans le saindoux qui grésillait et formait des bulles dans la poêle. Ma mère avait découpé les omelettes, ouvrait la porte du fourneau et y jetait dans les braises plusieurs morceaux de bûches d'épicéa, tandis qu'au fond de la cuisine, devant la fenêtre déjà embuée par le bouillon des os de Globocnik, les trois vieillards en train de se raconter leurs aventures de guerre, qui avaient peu a peu déplacé leurs sièges et rapprochaient leur tête l'une de l'autre pour s'écouter attentivement, s'excitaient mutuellement et se lançaient : « Encore de nos jours, c'est l'Youpin qui dirige le monde... Hitler, il aurait dû en tuer deux fois plus, des Juifs... Ils ont fermé Mauthausen bien trop tôt... Regarde-moi ça combien d'argent le chancelier a encore envoyé en Israël. Et même les cimetières juifs, c'est l'État qui doit les entretenir... » (p 197, 198)
Malgré moi, mon téléphone m'envoie chaque mois une carte avec le tracé de tous les trajets que j'ai parcourus
En octobre 2019, 4 pays et 3 continents France, Indonésie, Cameroun, Côte d'Ivoire
En mars 2024, 13 prés, 29 chemins et 53 bosquets La Fondichère, la Champ dou Veine, Clavel, les Cros, le Lac, la Pave, la Grande Paisse, Lachamp, Chaudoreilles, Route du Fraisse, le Crouzillou, le Champeix, les Tortes
Sur la carte d'octobre 2019, les trajets d'aujourd'hui seraient comme un petit point
Gribouillage confus
Traces laissées par un insecte dans un bocal
Sur celle de 2024, ces espaces deviennent un nouveau planisphère
Je connais leurs histoires, j'y ajoute les miennes
Je les transforme par mes pratiques
J'aperçois l'arrivée d'une nouvelle espèce fourragère dans la prairie
Je connais le débit des sources à chaque saison
Je compare la période de chute des feuilles des arbres et sais quand ils ont manqué d'eau
A la taille des flaques je connais l'intensité de la pluie de la veille
Je remarque l’installation d’un nouveau terrier
Je sais si quelqu’un est venu (43, 44)
Races bouchères
Agnelages 3 en 2 *
Antibiotiques préventifs
Aliment optimisé
Engraissement accéléré
Carcasses conformées
Étal au supermarché
Viande dans nos corps
On se fait croire, entre éleveurs, qu'il faudrait produire avec performance pour s'en sortir
Mais ce sont principalement les subventions qui nous font vivre
Quelles que soient nos pratiques
Nous ratons l'occasion discrètement possible
D'élever nos bêtes dans la dignité (p 63)
* conduite d’élevage où les brebis agnellent trois fois en deux ans (au lieu de deux fois), ce qui implique un sevrage précoce des agneaux (glossaire p 115)
Donner de l'aliment à ses agneaux
Pétrole
Débroussailler un parc
Pétrole
Chausser ses bottes
Pétrole
Faucher à la barre de coupe
Pétrole
Tondre les brebis
Pétrole
Faner à la pirouette
Pétrole
Construire une bergerie
Pétrole
Botteler le foin
Pétrole
Installer une clôture mobile en plastique
Pétrole
Vendre la viande sous-vide
Pétrole
C'est avec aisance qu'entre paysannes nous parlons
De nos pratiques eugénistes
De régulation des naissances
De sélection naturelle
De races (p71, 72)
vendredi 1 août 2025
vieillir (75)
il tourne vire dans la librairie, grand corps ingrat, imposant et cassé à la fois, se raconte à la caisse, un ancien militaire, un peu plus tôt au Comment ça va ? d’une connaissance Comme quelqu’un qui a un pied dans la tombe et l’autre sur une peau de banane, protestations, il insiste C’est que j’ai soixante-dix ans, penser à part soi, pas plus ? l’autre, Justement, j’espère qu’on a encore quelques bonnes années devant
jeudi 31 juillet 2025
Petites choses (140) élégantes
une abaya ? elle est magnifique dans sa grande robe colorée, chevelure couverte d’un voile vert parfaitement dans la nuance, trois boucles brunes échappées sur son front, s’enrouler à l’intérieur le temps d’une petite sieste sur la ligne de bus Toulouse/Bilbao
mercredi 30 juillet 2025
vieillir (74)
promenade matinale par le petit ravin du Hédas, à gauche le château sur sa motte, à droite la maternelle de l’école Marca, récréation, cris suraigus, lever les yeux, des enfants se pressent au grillage, agitent leurs mains, reprennent leurs cris de plus belle, prêter l’oreille La mamie, la mamie ! regarder autour de soi, personne, vous allez passer, signes et gestes deviennent frénétiques, comprendre La mamie c’est vous, des signes encore, un de leurs jouets est passé de l’autre côté, grimper le haut talus, dans l’herbe un petit palet de sable empaqueté ficelé dans un bout de tricot coloré, le leur faire passer, Merci La mamie
lundi 28 juillet 2025
vieillir (73)
Vingt-cinq ans de compagnonnage, il a quatre vingt-six ans, elle cinq de moins. Lui dans sa petite maison en haut de la vallée, elle dans le creux. Ensemble les fins de semaine chez lui, dans le cocon du chalet en bois conçu aménagé de ses mains, ensemble des balades en montagne, ensemble des escapades à l’Océan, les vélos dans la voiture. Puis, la santé qui se dégrade, il tombe parfois, ballet des aides à domicile, il se perd un peu dans le temps, renonce à son petit poulailler, donne son chat au voisin mais achète encore une voiture, rester un homme, elle l’aide un peu beaucoup s’en veut de pas plus, et c’est l’Epahd, deux semaines seulement, il ne supporte plus, rugit, éructe, menace, traitement de choc, le voilà sur fauteuil roulant, la becquée, elle l’appelle chaque jour, le voir non, encore sous le choc la dernière visite, il ne poursuivra plus personne dans les couloirs, couteau de cantine à la main, le frêle Hubert
dimanche 27 juillet 2025
Lu et vu (158)
Lu
Ce qui reste de nos vies de Zeruya Shalev
Depuis des années, il se bat contre les institutions les plus puissantes, l'État, l'armée, les services de sécurité, il se bat pour des terres et des indemnisations, des troupeaux et des cabanes en boue, des taudis et des cuvettes de cabinets, oui, parce que c'est là que réside la dignité des malheureux pris entre les feux croisés de forces qui les dépassent, la dignité de Haled, un ouvrier de seize ans qui travaillait chez un marbrier jusqu'à ce qu'une grue lui lâche une pierre tombale sur le dos, depuis il est paralysé, mais comme il n'était pas déclaré, son patron s'en lave les mains, sa famille n'osera pas porter plainte car juste après, le jeune frère a été embauché dans l'entreprise, qui essayera d'obtenir des indemnités pour ce gosse, qui donc s'occupera de Hala, une jeune femme qu'on allait expulser vers la Jordanie en violation totale du droit fondamental de mener une vie privée et familiale normale, qui interviendra pour ces trois enfants grièvement blessés par l'ancien obus de mortier avec lequel ils jouaient, qui s'occupera de ces tribus en voie de disparition, ces âmes libres du désert, ces Bédouins, fiers nomades qui sont à présent réduits à ramasser les ordures aux abords de nos villes ? Rares sont ceux qui acceptent de défendre les faibles, les cerveaux les plus brillants se mettent au service du pouvoir, c'est tellement plus excitant de représenter le gouvernement, les banques, les nantis ! Mais toi, quand tu enfiles ta robe dans la salle d'audience, c'est justement là que tu te sens puissant, en plaidant pour les désarmés et les humiliés face au système capable de les broyer, parfois même tu arrives à gagner et alors tu ne te sens plus du tout démuni, sauf que ces dernières années tu peux compter tes victoires sur les doigts de la main (…) p 86
Je t'ai toujours dit qu'un enfant me suffisait amplement et je suis ravi que tu aies enfin compris qu'effectivement c'était une chance, il hoche la tête tandis qu'elle accuse le coup en se crispant davantage puis elle se lève, va s'asseoir sur ses genoux, pose le front sur son épaule tant elle a besoin d'un contact apaisant, non, Amos, tu n'y es pas du tout, lui chuchote-t-elle dans l'oreille, je viens de comprendre ce que nous devons faire, je sais que tu vas d'abord trouver mon idée insensée mais après, tu y réfléchiras toi aussi et tu verras combien ce sera merveilleux pour nous trois. De quoi parles-tu ? demande-t-il en remuant nerveusement sur sa chaise au bois fissuré par la pluie et le soleil, eh bien voilà je... cette question l'oblige à assumer pour la première fois les mots clairs, pas les quelques syllabes nébuleuses qui ont plané dans la chambre de sa mère, pas non plus les pages silencieuses qui ont défilé sur l'écran de son ordinateur, elle hésite un peu puis se lance à voix basse, je veux adopter un enfant.
Quoi ? rugit-il, à moins que ce ne soit qu'une impression parce que son oreille est presque plaquée à la bouche d'Amos, elle bondit sur ses pieds mais c'est peut-être lui qui l'a repoussée car à présent il la toise de bas en haut, les verres de ses lunettes scintillent d'ahurissement, adopter un enfant ? D'où ça sort, là, tout à coup ? Tu dérailles, Dina, ou bien c'est pour te moquer de moi ? Elle réintègre sa chaise en face de lui, où se cache son sens de la repartie, pourquoi disparaît-il dès qu'elle en a besoin, pourquoi les arguments ne lui viennent-ils pas avec la même fluidité que les facteurs de l'expulsion des Juifs d'Espagne qu'elle cite en cours, écoute-moi avant de monter sur tes grands chevaux, dit-elle, nous n'avons qu'une fille et elle est grande maintenant, dans quelques années elle va quitter la maison, mais moi, je sens que j'ai encore trop de choses à donner, si tu savais comme j'aime être mère, alors pourquoi ne pas sauver un enfant qui n'a pas de foyer et nous sauver nous aussi par la même occasion, pourquoi ne pas donner un sens à notre vie au lieu de vieillir et de nous rabougrir, tu ne vois pas à quel point ça serait merveilleux ?
Absolument pas, répond-il sèchement, je n'ai pas besoin d'être sauvé et je suis désolé d'apprendre que tu as peur de te retrouver en tête à tête avec moi après le départ de Nitzane, c'est n'importe quoi, je ne comprends vraiment pas quelle mouche t'a piquée, heureusement que tu aimes être mère, parce que Nitzane, grande ou pas, reste ta fille et aura besoin de toi toute sa vie, de plus, tu as aimé être la mère de Nitzane mais comment peux-tu être sûre que tu aimeras être la mère d'un enfant qui n'est pas le tien et qui te mettra face à des situations que tu ne peux même pas imaginer ! Adopter, c'est un saut dans le vide, si tu savais le nombre d'histoires abominables que j'ai entendues là-dessus, le fils de mon rédacteur par exemple avait un ami qui vient de se suicider à dix-huit ans, un pauvre môme adopté au Brésil, tu n'as pas idée de l'enfer qu'ils ont vécu à cause de lui, c'est ce que tu veux, transformer notre vie en enfer?
Tu ne cesses de me parler de gens qui se suicident, lui susurre-t-elle étonnée, tu cherches à me donner des idées ou quoi? Elle s'empresse de ponctuer sa question par un petit rire pour qu'il comprenne que c'était une plaisanterie, même si le tour conflictuel de cette conversation la secoue jusqu'au plus profond d'elle-même, tu dérailles complètement, Dina, reprend-il, évidemment que je ne suis pas contre l'adoption, mais ça dépend des cas, c'est toujours un pari fou, il faut avoir les épaules sacrément larges pour tenir le coup et toi, tu es plutôt du genre à paniquer au moindre problème, tu ne veux pas la difficulté, tu veux le bonheur, lâche-t-il avec amertume, alors tu es en train de te fourvoyer, ma chérie, prends un amant si tu t'ennuies avec moi, crois-moi, ce sera plus simple.
Pourquoi dis-tu n'importe quoi, braille-t-elle les lèvres frissonnantes, je te parle d'élever ensemble un autre enfant et tu m'envoies dans les bras d'un autre homme, je veux que nous retrouvions le bonheur qu'on a connu à la naissance de Nitzane, un enfant c'est une vie nouvelle, un sens nouveau, surtout si c'est un orphelin qui, sans nous, serait resté dans une institution sordide, mais il la coupe avec impatience, Dina, laisse tomber, tu ne fais que réciter bêtement des formules toutes faites, tu ne sais rien de ces mécanismes, d'ailleurs, il y a plus d'adoptants que d'enfants adoptables, plus de demandes que d'offres, alors ne te berce pas d'illusions en te persuadant que tu sauveras vraiment un pauvre gosse, si ce n'est pas toi, c'est quelqu'un d'autre qui le prendra, et certainement dans un pays moins dangereux que le nôtre.
Tu te trompes, je le sauve parce que, nous, nous avons beaucoup à lui apporter, s'entête-t-elle, je le sauve même si quelqu'un d'autre l'aurait pris, je le sauve parce que nous sommes des parents expérimentés, que nous avons une bonne situation, qu'il aura une sœur merveilleuse et que je pourrai lui consacrer énormément de temps.
Ça, c'est sûr, du temps, tu en auras pléthore puisque tu seras licenciée si tu ne termines pas ta thèse, ironise-t-il sans sourciller, mais on n'adopte pas un enfant pour occuper son temps libre. Je comprends les gens qui aspirent à ce qu'on les appelle maman ou papa, mais toi, tu as une fille, tu ne vois pas que c'est une différence fondamentale? Tu es déjà mère, ça devrait te suffire, tu dois te contenter de ce que tu as et ne pas en demander plus. Si tu veux mon avis, c'est lié à la ménopause, et toi, comme d'habitude, tu choisis de traverser cette crise de la manière la plus originale qui soit, mais il faut que tu te mettes bien ça dans le crâne, et il souligne son propos en se penchant vers elle au-dessus des verres de vin et des bols de soupe de yaourt vides, un enfant ne te rajeunira pas, un enfant ne réparera pas tes erreurs, un enfant ne nous rendra pas plus heureux, tu ne peux pas prendre un pauvre gamin et le charger d'espoirs fous qui n'ont rien à voir avec lui. Bref, Dina, au lieu d'essayer de recréer un paradis perdu qui de toute façon ne reviendra pas, tu dois accepter ce que tu as et voir comment tu peux apprécier ta vie telle qu'elle est, tu comprends ?
Comment peux-tu être aussi sûr de toi, proteste-t-elle tandis qu'elle palpe ses côtes douloureuses, le plus facile, c'est de dire que je suis folle sans même essayer d'examiner la chose, mais il la coupe de nouveau, il n'y a rien à examiner, tes motivations sont nauséabondes et tu sais quoi, même si elles émanaient du sentiment le plus noble et le plus pur, moi, ce truc ne me convient pas du tout. Je me sens suffisamment père avec la fille que j'ai, même si elle commence à avoir une vie à elle, je ne suis plus tout jeune, tu oublies que je vais sur mes cinquante-cinq ans, alors la dernière chose dont j'ai envie, c'est de courir après un bébé qui ne sera même pas de moi. Qu'est-ce qui va me rattacher à lui ?
Et qu'est-ce qui me rattache à toi, se demande-t-elle en fixant hargneusement les lèvres qui lui assènent leurs arguments avec une désarmante fluidité, elle a l'impression que jamais il n'a parlé avec un tel débit, aussi étrange que cela puisse paraître, des deux, c'est lui qui est le mieux préparé à cette conversation, qu'est-ce qui me rattache à toi, elle se lève de sa chaise dans un élan furieux, avec l'envie de tout balancer en bas, les verres et les bols, entendre son rêve se fracasser dans la cour dallée des voisins, non, elle ne va pas battre en retraite si vite, alors elle dit, Amos, je ne renoncerai pas, elle sait que ses lèvres se déforment et que des lambeaux de la serviette en papier rouge tremblotent sur son visage, elle sait qu'il la considère en cet instant comme une malade mentale et que cela ne l'ébranle pas le moins du monde, Amos, je le ferai, je ne peux pas renoncer cette fois. Tu as besoin de te faire soigner d'urgence, ça fait déjà un certain temps que tu ne vas pas bien, articule-t-il en se dressant devant elle, ne crois pas que je ne m'en sois pas rendu compte, c'est juste que je ne pensais pas que ça irait si loin.
Comme c'est facile pour vous de nous qualifier de folles des que nos aspirations sont contradictoires aux vôtres, ricane-t-elle même si, intérieurement, elle n'est pas certaine de trouver beaucoup de femmes prêtes à la soutenir dans ce choix-là. Il la toise avec froideur, tu sais quoi, tu as peut-être raison, peut-être que c'est une erreur de ma part d'essayer de poser un diagnostic, alors je vais me contenter de te répéter ce que je ressens: pour moi, c'est exclu. Je n'ai aucune envie d'élever maintenant un petit enfant et tu ne peux pas me l'imposer. Désolé de te décevoir, si tu ne renonces pas, c'est simple, je me lève et je pars.
Et, comme pour illustrer sa menace, il se lève et il part, en un clin d'œil il n'y a plus personne, elle a l'impression qu'il n'a même pas pris le temps d'enfiler un tee-shirt ni de mettre des sandales, il s'est évaporé pendant qu'elle posait les assiettes tremblantes dans l'évier de la cuisine et se penchait sur le lave-vaisselle, à présent elle contemple la terrasse vide, la chaise vide, elle n'a même pas entendu claquer la porte, peut-être est-il encore dans l'appartement, mais quelle différence, la question n'est pas où est Amos en ce moment précis, mais que fera-t-elle, elle, maintenant qu'il lui a clairement indiqué sa position, que fera-t-elle du restant de ses jours, du restant de sa vie. (p 178-182)
Vu
Don Quichotte, ballet de Rudolf Noureev avec l’Opéra National de Paris, une co-production Opéra Bastille Arte France
Le rire et le couteau de Pedro Pinho