à Duino
les ruines du château
vu depuis les ruines, le château dont Rainer Maria Rilke était l’invité
et le sentier dit Rilke, chemin qu’il parcourait le long de l’Adriatique
Première élégie un des poèmes choisis par Clara Ysé pour son instant poésie France Culture
"Première élégie" (extrait) de Rainer Maria Rilke
Qui
si je crie
pour m'entendre ?
Quel ange parmi les anges ?
Et même s'il s'en trouvait un pour soudain
me prendre contre son cœur ?
Telle présence, j'en mourrais
car la beauté commence comme la terreur :
à peine supportable.
Et si nous l'admirons tant, c'est que nous détruire ne daigne :
quel que soit l'ange, il est terrible.
Autant donc taire, au fond de moi renfoui,
l'obscur sanglot.
Qui,
alors, qui
appeler à l'aide ?
Pas l’ange… Pas l’homme…
Les animaux, eux, le savent bien,
notre mal-être en ce monde, nous ne pouvons guère que l’interpréter.
Quoi,
alors, que
nous reste-t-il ?
Peut-être un arbre en quelque ravin,
- à revenir regarder, chaque jour ;
ou la rue, familière de longtemps,
que l'habitude y prenant goût sut inscrire en nos pas, facile, fidèle.
au MACBA, Musée d’Art Contemporain de Barcelone
Basel Abbas et Ruanne Abou-Rahme
Prisoners of Love: Until the Sun of Freedom
Ils créent des installations multimédias qui engagent la politique et la poétique de la résistance anticoloniale tout en retraçant les luttes contre la dépossession et l'oppression en Palestine. Travaillant ensemble depuis 2007, leur pratique combine l'image en mouvement, le son et le texte pour explorer comment les histoires de résistance sont portées à travers le temps.
Prisonniers de l'amour : Jusqu'au soleil de la liberté s'inspire d'un processus d'étude : apprentissage avec et auprès d'anciens prisonniers palestiniens, poètes, penseurs révolutionnaires et les nombreuses pratiques de refus qui continuent de façonner la vie quotidienne en Palestine. Grâce à cette approche, l'installation trace des connexions à travers les générations, abordant la résistance comme une pratique d'étude continue tout en reconnaissant une dette plus large envers ceux qui ont résisté avant eux.
Dans cette nouvelle réalité, Basel et Ruanne demandent : qu'est-ce que cela signifie de résister dans des conditions impossibles, de respirer là où on ne devrait pas respirer et de sortir des sites d'exclusion sans limites ? L'écriture, la narration et la chanson émergent comme des actes d'affirmation de la vie qui maintiennent la capacité de continuer à résister, même dans des conditions conçues pour confiner le corps et l'imagination. Grâce à l'échantillonnage et à la superposition de l'image en mouvement et du son, la paire construit ce qu'elle décrit comme de « nouveaux scripts », formant une poétique de résistance.




c'est beau
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