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| vers Hasparren, 27 juin |
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| vers Hasparren, 27 juin |
trois hommes au comptoir, d’eux seulement leur dos, l’un parle fort, grands gestes, faconde, intarissable, les deux autres se taisent, subissent peut-être, les femmes, ses conquêtes, il déroule, tout le monde en profite, puis une pause, il reprend son souffle, conclusion qui sait, C’est vrai que je suis un homme volatil
c’est vrai qu’au plus petit pet en travers je suis chez lui [le généraliste] et tu sais ce qu’il m’a dit la dernière fois, elle rit, un grand rire joyeux, Un jour tu vas finir par m’amener ton chat !
il tourne vire dans la librairie, grand corps ingrat, imposant et cassé à la fois, se raconte à la caisse, un ancien militaire, un peu plus tôt au Comment ça va ? d’une connaissance Comme quelqu’un qui a un pied dans la tombe et l’autre sur une peau de banane, protestations, il insiste C’est que j’ai soixante-dix ans, penser à part soi, pas plus ? l’autre, Justement, j’espère qu’on a encore quelques bonnes années devant
un creux dans l’affluence, derrière le comptoir, les deux vendeuses bavardent, Hier (dimanche) midi et demie, à Carrefour, une queue !!! blindé de chez blindé, à chaque fois que j’arrivais dans un rayon, fallait que j’attende, bien cru que que j’y arriverais pas pour une heure, mon mari, s’il a une petite liste ? une petite tête oui, elles rient, mais c’est vrai que liste ou pas liste, il oublie beaucoup une ombre sur son visage.
elle choisit une miche imposante, avant de passer à la caisse, soulevant le pain, la vendeuse On vous le tranche ? Non merci, derrière elle dans la queue, un éclat de rire, l’amie Comme moi alors, ils les font vraiment trop fines, j’aime les bonnes grosses tranches épaisses et tant qu’à faire en avoir plein la bouche La première, presque avec hauteur Moi, c’est pas pour ça, c’est juste que j’aime rompre le pain