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vendredi 19 février 2016
"Je rêve quelquefois au monde meilleur que mon enthousiasme refroidi..."
"Sans aucun souci du lendemain, dans un bureau clair et moderne, je passe mes jours.
Je gagne la vie de mon enfant qui grandit et grossit d'une façon convenable, non loin de Paris, avec quelques autres jolis bébés, dans une villa qu'on voit du chemin de fer.
La mère ayant repris son travail un mois après l'événement, la fatalité s'en est mise : malade encore, aspirant au repos, elle est partie avec cet Américain dont la concierge faisait peu de cas.
Que faire à cela ? Hélas !
Je gagne la vie de mon enfant, et je gagne ma vie, paisiblement. Je peux aller, vers le milieu de la journée ensoleillée, manger ; et manger encore le soir quand l'activité de la ville, après une période d'intensité considérable, décroît et meurt avec la lumière.
Je peux aussi me coucher, je peux rentrer me coucher dans une chambre modeste, il est vrai, mais située au bon air, dans la plus grande rue d'un quartier populaire, que j'aime, où vivent quelques amis.
Je gagne ma vie paisiblement, sans peine, en faisant un travail régulier et facile pour lequel je ne risque pas du tout d'être ennuyé gravement.
Tout a été soigneusement nettoyé et mis en place lorsque j'arrive ; quand je ferme la porte et m'en vais, saluant mes chefs, aucun souci ne sort avec moi.
Ainsi je gagne ma vie qui s'écoule avec assez de lenteur et d'aisance, et que je goûte beaucoup, à sa valeur."
"Cependant le soir, libre de mon temps, je prends conscience d'être un homme pensant ; je lis et je réfléchis, réservant une demi-heure à cet effet avant de dormir.
Dans ce moment, une amertume coutumière m'envahit et je me prends à songer que vraiment je suis un être humain supérieur à sa fonction sociale. Mais je dis alors une sorte de prière où je remercie la Providence de m'avoir fait petit et irresponsable dans un si mauvais ordre des choses.
Si la colère m'anime je me calme aussitôt, songeant à cette fortune d'être placé, par mes intérêts comme par mes sentiments, dans la classe qui possède la servitude et l'innocence.
Esclave, je me sens plus libre qu'un maître chargé de soins et de mauvaise conscience.
Je rêve quelquefois au monde meilleur que mon enthousiasme refroidi me représente plus rarement depuis quelques années. Mais bientôt je sens que je vais dormir.
Et je tourne encore mon esprit vers mon enfant qui me lie à l'ordre social, et dont l'existence aggrave ma condition de serf. Je pense aussi à cette femme... Alors ma respiration devient tout à fait régulière car la tranquillité m'apparaît comme le seul bien souhaitable, dans un monde trop méchant encore pour être capable de se libérer, d'après ce que disent les journaux."
lundi 15 février 2016
Ronde (16) : empreintes (s)
La ronde est un échange périodique de blog à blog sous forme de boucle,
mis en ligne le 15 du mois. Le premier écrit chez le deuxième, qui écrit
chez le troisième et ainsi de suite.
Sur le thème de Empreinte (s), j'ai le plaisir aujourd'hui d'accueillir Noël Bernard
Ce poème est réalisé selon la contrainte du persillage, à partir du poème d'Eluard
" Le sommeil a pris ton empreinte
Et la colore de tes yeux. "
Et la colore de tes yeux. "
Les mots de ce dystique sont disposés selon les chiffres successifs du nombre d'Euler e=2,718281828459045... Ainsi l'empreinte d'Eluard est-elle imprimée dans le présent poème.
empreinte
écoute
le vent sournois
qui vient troubler ton sommeil à la pointe du jour
un feu
a pris
à ton
refuge
l'embrasement
te marque de son empreinte
![]() |
| vitrail de Guy Simard (2003) |
et sous
tes paupières
collées par la fatigue
la chaleur colore ton iris de teintes inversées
un cercle
de poussière
se dépose
tes compagnons te ferment
les yeux
La ronde autour du mot empreinte(s) tourne dans ce sens :
JP Boureux chez
Guy Deflaux ...
dimanche 14 février 2016
ils s'aimaient
| cliquer l'image, carte lue |
Chère Simone,
Je suis en Avignon pour une heure d'où je vais partir pour Lille. Tous ces kilomètres m'éloignent de toi. Comme je languis jeudi 16 h 30 ! J'ai fait un voyage de retour épouvantable avec des arrêts prolongés dans toutes les gares mais crois-moi même si ce voyage était à refaire, je le referais volontiers pour être près de toi et passer de doux moments dans tes bras. Hélas ces moments sont si courts et le temps passe si vite. Mais je dois partir, le train entre en gare, à bientôt dans cinq jours qui vont me paraître horriblement longs.
Doux baisers
mercredi 10 février 2016
antiquité
- Après les vacances, nous allons aborder Les Métamorphoses d'Ovide.
Il lève la main.
- C'est vieux. Un soupir. On pourrait pas, pour une fois, étudier autre chose que il hésite, se lance euh, des histoires des années 80 ?
Il lève la main.
- C'est vieux. Un soupir. On pourrait pas, pour une fois, étudier autre chose que il hésite, se lance euh, des histoires des années 80 ?
lundi 8 février 2016
vendredi 5 février 2016
lundi 1 février 2016
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