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lundi 4 août 2025

Petites choses (121) désagréables à supporter

pour la plupart des enfants de paysans dans cette petite école, à l’un Tu pues l’ensilage, et c’est vrai que pas terrible cette odeur d’herbe fraîche en décomposition qui fermente sous les grandes bâches de plastique, les bêtes en raffolent, faut croire qu’elle s’est inscrustée dans son épaisse tignasse, penser à d’autres odeurs qui isolent, rayon poissonnerie, abattoir Tu as beau te doucher, te récurer à fond, tu peux y aller, rien n’y fait, il t’en reste dans les recoins, sous les ongles et tu traînes ça avec toi jusque tes jours de repos 

mercredi 19 février 2025

Petites choses (97) qui rendent nostalgique

 

dans le sous-bois, comme échappées du temps jadis, la frimousse de petites jonquilles, se revoir à la saison le cœur battant, s’écarter de la route, si le voisin nous surprenait, de ce côté de l’eau c’était à lui, se pencher tout de même, et vite vite les cueillir, de la sève sur les mains, c’était gluant, les essuyer sur le tablier, reprendre le chemin, encore un bout après le Petit Pont, Mademoiselle se tiendrait au portail, lui tendre le bouquet, son sourire, elle choisirait un vase, les arrangerait joliment, du soleil dans la grande salle de la classe unique, aujourd’hui les laisser là, fleurs sur un souvenir. 

vendredi 3 janvier 2025

du côté (5) de Lestelle-Bétharram en Béarn

classe unique de huit élèves Là-bas, ils fonctionnent sur le système du permis à points comme sur la route, dix points au  départ pour la conduite et tu les perds au fur et à mesure, le fils de l’amie en a déjà perdu trois, bousculer quelqu’un à la récré, hop ! un point en moins, si tu tombes à zéro, t’es convoqué chez le maire, un colosse, il est mort de peur

jeudi 2 janvier 2025

à Anglet, signaler l’école Jean Jaurès

 


ailleurs aussi un crayon de charpentier géant, rouge des bien très bien mal, ardoise craie blanche, calligraphie d’antan pour signaler une école ? 

jeudi 26 octobre 2023

Vendredi 26 octobre 1962 : Composition de Rédaction

 

« Les bogues, couvertes d’innombrables piquants, éclatent : de grosses châtaignes vernissées montrent leurs joues luisantes.(…) Voici, près d’un fourré, de délicats colchiques bleus jouant à cache-cache derrière les feuilles d’un vert limpide.(…)

Que de choses à découvrir dans cette forêt en automne ! »


jeudi 3 mars 2022

cadeau

 

Elle a préparé un petit sac, en extrait un à un les pots des confitures de kiwi aux épices et un dernier fait par ma mère. Elle a bientôt bientôt quatre-vingt-cinq ans, tu sais s'attarder sur l'écriture, le soin, le sens de l'économie, jusqu'à ces cahiers d'antan précieusement gardés et deviner aussitôt, une institutrice, bien sûr.

mercredi 16 février 2022

Conversation (15) : chez les petits petits, récréation

Les petits petits, on les appelait comme ça les deux trois ans parce qu'on les "prenait" à l'école en ces lointaines années 90, la condition, être propre ou sinon être menacé d'une fermeture de classe, une façon de faire du nombre. 

Julien, ne lâche pas la petite Marie d'une semelle. Un adulte 

- Alors, comme ça, tu vas te marier avec elle quand tu seras grand ?

Lui de toute sa hauteur

- Ah ! non alors, on se marie avec un quelqu'un qu'on connaît pas.

samedi 9 mai 2020

ce qu'on croyait gravé dans le marbre (2)

les trente glorieuses se terminaient, on écrivait des rédactions, Comment rêvez-vous de l'an 2000, imaginer alors la richesse et l’abondance, de petites avions voitures sillonnant rues et avenues, ah ! ces airs de 5ème élément, y avoir repensé en découvrant le film avec des jeunes gens, jolis vêtements pimpants et illimités pour chaque moment du jour, possibilité de changer de couleur de regard au fil des émotions, la faim aurait disparu, nos parents vivraient près de nous longtemps et en bonne santé, difficile de projeter autre chose que son présent, le plus souvent amplifié, sur son futur

mardi 15 octobre 2019

écrire ensemble

commencer un conte, première phrase par imitation "Jadis vivait dans une forêt lointaine un pauvre petit ours apeuré". A leur tour. Ils s'appliquent. Quelques phrases au vol "Jadis vivait dans une une caverne mystérieuse." Un autre "Jadis vivait dans un vieux château délabré." Insister. Vous oubliez de dire qui vivait là. Quelqu'un, illumination "C'est pas Jadis ? ça veut dire  y a longtemps, jadis ?  je croyais qu'il s'appelait comme ça, moi". Et un mot, un, dans la besace à mots.

jeudi 8 décembre 2016

une rentrée

combien maintenant, oui, bientôt, quarante, des sixièmes devant soi, petite main levée Vous nous racontez comment vous êtes devenue Maitresse ? C'est mon frère, il est en troisième, il m'a dit que, toujours quelqu'un pour réclamer l'histoire, un rituel désormais, la dérouler, ses passages obligés, les matins froids, l'hiver, une classe unique, la salle à hauts plafonds, le bûcher du préau, le tour pour allumer le feu, le poêle qui crachote et l'arrivée de Mademoiselle descendue, telle une fée ou une princesse, depuis ses appartements et ces jours fastes où elle nous réunissait "Il fait trop froid pour se mettre tout de suite à travailler" nos mains tendues vers le poêle, dans les siennes, un recueil de contes, Andersen, Marcel Aymé, et elle lisait, sa voix, une chaleur douce, un engourdissement bienheureux,  la regarder, ses ongles faits, sa coupe courte, ses jolis vêtements, ah ! ses petites bottes blanches, l'admirer, et penser très fort Un jour, moi aussi, je serai maîtresse, les voilà calmes,  presqu'alanguis, la tension du premier jour est redescendue, s'en souvenir plus tard, par temps d'attente déçue quand plus rien ne se passe, étancher une soif, combler une faim, le lait des histoires

dimanche 6 novembre 2016

"C'est drôle, hein, vraiment drôle de ne pas se souvenir ni où ni quand on a rencontré son mari ou sa femme"

un soir Ping-Pong, sur France Culture, Raoul Collectif & Emmanuel Adely - Théâtre interrogatif et Expérience littéraire, annonce l'émission, et cette expression qui revient à plusieurs reprises, les voix se chevauchent parfois, une "alzheimerisation de la société", chacun deviendrait amnésique, vous vous promettez d'y revenir, vous oubliez, vous n'oubliez pas,  ce passage de Fahrenheit 451 se fait insistant, écho, ne plus savoir comment ils s'étaient rencontrés,  comment est-ce dieu possible,

 Fahrenheit 451  de Ray Bradbury  (1953)
traduit de l'Américain par Henri Robillot 

  (...) Je suis antisociable, paraît-il. Je ne me mêle pas aux autres. C'est si bizarre. Je suis pourtant très sociable au contraire. Tout dépend du sens qu`on donne à ce mot-là, n'est-ce pas ? Être sociable, pour moi, c'est vous parler comme je le fais, par exemple - elle fit rouler quelques noisettes tombées de l'arbre sur le carrelage devant la maison -, ou de parler de l'étrangeté du monde où nous vivons. C'est agréable de se trouver avec d'autres personnes. Mais je ne vois pas ce qu'il y a de social à fourrer un tas de gens ensemble pour les empêcher de parler. Ce n'est pas votre avis ? Une heure de classe télévisée, une heure de basket, de base-ball ou de course à pied, une autre heure de transcription d'histoire ou de peinture, et encore des sports, mais vous savez, on ne pose jamais de question, ou du moins la plupart d'entre nous ; ils se contentent de vous jeter les réponses à la tête, bing, bing, bing, et on reste assises quatre heures d'affilée devant des films éducatifs. Ça n'a rien de social pour moi. Ça me fait penser à des tunnels où on déverse par un bout de 1'eau qui ressort par l'autre et on vous raconte ensuite que c'est du vin. Ils vous abrutissent tellement qu'à la fin de la journée, on se sent tout juste capable de se coucher ou d'aller dans un parc d'attractions pour y bousculer les gens, briser des vitres au stand du casseur de carreaux, ou cabosser des autos au "Demolicar" avec la grosse balle d'acier, ou encore se sortir de voiture et de foncer dans les rues, en rasant les lampadaires, en jouant à écraser les poules ou à érafler les chapeaux de roue.

 (...)

     Et soudain, elle lui parut si étrange qu'il éprouva la conviction de ne pas la connaître du tout. Il se trouvait dans la maison d'une autre comme le personnage de cette histoire, rabâchée elle aussi, qui, rentrant chez lui ivre mort, se trompe de porte, pénètre dans une chambre qui n'est pas la sienne, se couche en compagnie d'un inconnu, se lève très tôt et repart à son travail sans que ni l'un ni l'autre ne s'aperçoivent de la méprise.
   - Millie ?... dit-il à voix basse.
    - Quoi ?
     - Je ne voulais pas te faire peur... Je voudrais seulement savoir...
    - Alors ?
   - Quand nous sommes-nous rencontrés ? Et où ?
   - Quand nous sommes-nous rencontrés, pourquoi ? demanda-t-elle.
    - Je veux dire... la première fois.
   Il savait quelle devait froncer les sourcils dans l'obscurité. Il précisa sa question.
    - La première fois que nous nous sommes vus, où était-ce, et quand ?
   - Mais... c'était à...
    Elle s'arrêta.
  - Je n'en sais rien, dit-elle.
   Il eut soudain très froid.
   - Tu ne te souviens pas ?
  - ll y a si longtemps.
   - Dix ans seulement... c'est tout, dix ans !
   - Ne t'énerve pas. Laisse-moi réfléchir.
    Elle eut un petit rire sec et pointu.
   - C'est drôle, hein, vraiment drôle de ne pas se souvenir ni où ni quand on a rencontré son mari ou sa femme.
     Il se massait les paupières, le front, la nuque, d'un geste lent. Les mains sur les yeux, il accentua peu à peu la pression de ses doigts comme pour remettre ses souvenirs en place.
    Il lui fut soudain plus important que tout dans l'existence de savoir où il avait rencontré Mildred.
    - C'est sans aucune importance.
    Elle s'était levée et avait gagné la salle de bains. Il entendit l'eau couler et le bruit de déglutition dans sa gorge.
   - Non, c'est probable, dit-il.


dimanche 11 septembre 2016

héritage

plus de rentrée pour elle, la voilà à la retraite, virevoltante, fébrile, du mal à se séparer, Ces livres-là ça t'intéresserait pas ? puis arrêt brusque, tiroir ouvert précipitamment, une jubilation, ça y est, elle sait ce qu'elle va me donner Je les avais eus en promo, certains n'écrivent pas, tu feras le tri dans le tiroir, des dizaines de stylos rouges

samedi 19 mars 2016

dans les strates du temps, premières fois

salle des profs, récréation de l'après-midi, la journée se fait longue
50 ans, il s'écroule, à la bouche des réminiscences d'enfant de chœur "pardonnez-leur, ils ne savent ps ce qu'ils font... Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent..."
40 ans, assis à côté, un sourcil surpris, il ne comprend pas.
60 ans, un sourire, elle enchaîne "je me souviens de la première fois où j'ai rencontré une fille de mon âge qui n'était pas baptisée, j'étais persuadée que quelque chose se verrait sur son visage, une autre époque"
Le premier de reprendre "et moi je me souviens de la première fois où j'ai vu un noir, le choc, j'étais en troisième, je me laissais aller et pour que je retrouve le goût de l'étude, ma mère m'avait mis à Domezain, une boîte à curés vers Saint Palais ; on voyait pourtant du monde, au café, chez nous, en Barétous"

vendredi 11 mars 2016

en classe

onze ans chacun, pas plus hauts que trois pommes, lui, une adorable petite bouille de chérubin, elle, une jolie frimousse souriante, regards peu amènes d'un bout à l'autre de la classe, des mots se dessinent sur les lèvres, les fronts s'assombrissent
- Tu peux répéter pour tous ce que tu dis ?
- C'est pas moi c'est elle !
- Oui, et qu'est-ce qu'elle te dit ?
- Elle me dit Prépare ta tombe

mercredi 10 février 2016

antiquité

     - Après les vacances, nous allons aborder Les Métamorphoses d'Ovide.
     Il lève la main.
     - C'est vieux. Un soupir. On pourrait pas, pour une fois, étudier autre chose que il hésite, se lance euh, des histoires des années 80 ?

jeudi 21 janvier 2016

J'ai dit à maman, Ah ! non, pas Le petit Prince,

pas envie d'un livre de jardinage ! ben, oui, quoi, à toutes les pages ça parle d'une rose et de ses quatre épines

mercredi 30 décembre 2015

"Cette école m'a beaucoup ennuyé, fait souffrir, et je voudrais avoir toute ma rancune d'enfant et toute la fraîcheur de sa souffrance pour le dire"



 Travaux Georges Navel (né en 1904)

 II
L'école

Ma jeunesse ne fut pas malheureuse, je n'eus jamais faim. Mon père, ma mère ne me battirent pas, que je me souvienne. Je n'ai vraiment souffert que de l'école, que ce soit la maternelle ou la grande. Je reçus comme tous quelques gifles, des coups de règle sur les doigts, mais sans exagération, sans que les coups aient marqué le dans le souvenir, sans qu'il y ait de quoi garder haine à la vieille demoiselle qui apprenait l'ABC aux petits garçons ni à l'instituteur qui s'occupait seul d'une classe de soixante garçons de sept à treize ans.

J'ai souffert à l'école d'être enfermé et je n'ai rien appris, ni l'orthographe, ni la grammaire, ni le calcul, ni même à m'amuser aux récréations, car j'ai souvent tourné autour de la cour, presque toujours été en punition. On m'a inutilement battu pour que je sois un bon élève, pour que j'aime l'école et que je la fréquente régulièrement, effrayé avec le bonnet d'âne des ignorants. Et bien que je sois allé à l'école régulièrement, je ne savais rien de plus, tout juste, à dix ans, que faire une addition, lire couramment, et écrire, avec quelque embarras pour tracer certaines majuscules.

J'ai plus appris avec les livres de la bibliothèque de l'école, les Jules Verne et les Erkman-Chatrian que me prêtait monsieur Joly, notre instituteur, que sur les bancs de sa classe. J'ai du moins appris, en lisant, l'orthographe et le sens des mots, —insuffisamment, mais plus encore que si j'avais été un bon élève jusqu'au certificat d'études. On m'a, pour m'apprendre peu de chose, inutilement retranché, pendant les meilleures heures de la journée, du monde où je vivais avec ma mère, les champs, les jardins, monde où je me développais physiquement, pour un autre où je me ratatinais sur un banc, l'esprit plein d'ennui.

On m'a privé du monde où mes songeries trouvaient des motifs plus intéressants que ceux que provoque l'écriture d'une page de e ou de i. Et de toutes ces leçons sur l'histoire, sur la physique, la grammaire, de tous ces mots que j'ai entendus, même en y prêtant attention, qui ne veulent rien dire s'ils ne mènent pas vers un savoir supérieur, si l'adulte ne les complète pas dans les grandes écoles ou par la culture personnelle longuement poursuivie, de toute cette pâtée indigeste, il ne me reste rien. Et il ne me resterait rien même si j'avais bien appris tout ce que disait monsieur Joly. Mais nul doute que si j'avais appris ce qu'il voulait nous apprendre, avec une bonne orthographe et une belle écriture, sortant de ses mains à treize ans avec le certificat d'études, j'aurais pu commencer —c'est la première fois que j'y songe— une carrière de bureaucrate à l'usine.

Aussi je ne veux pas douter des bonnes raisons qu avaient les instituteurs, mes parents, la société, les gendarmes, mon beau-frère Camille qui était aussi mon parrain, quand ils me donnaient une raclée pour m'encourager à mieux écrire, des bonnes raisons de tout le monde d'instruire les enfants. L'instruction facilite le métier qu'on adopte, quel qu'il soit, encore que, souvent, elle ne sert à la plupart des gens qu'à lire ce qui est écrit dans un journal, les noms de boutiques et les noms de rues, et à donner au mieux une date exacte à la découverte de l'Amérique et à l'invention de l'imprimerie.

Cette école m'a beaucoup ennuyé, fait souffrir, et je voudrais avoir toute ma rancune d'enfant et toute la fraîcheur de sa souffrance pour le dire. J'avais comme tous les enfants plus de questions à débattre, à soulever intérieurement, plus de préoccupations qu'il n'y en avait dans les leçons de grammaire, de géographie, de calcul. Je les ai oubliées, c'est le point le plus regrettable.

Il faut reconnaître que j'ai tout de même appris un peu à lire, un peu à écrire, de tout ce qu'on voulait m'apprendre. C'est peu pour un an de maternelle et trois ans de classe, c'est peu pour tant d'ennui, et j aurais pu apprendre autant et plus, différemment.

J'ai cru découvrir, mais très tard, un principe de bonheur dans la pensée, la méditation, la songerie, la réflexion, qu'on appelle comme on voudra ce travail d'esprit, de création, de miroitement de la vie que fait n'importe qui, en allant seul, en marchant tranquille. Ma mère était souvent heureuse en cherchant des pissenlits. Elle aimait les champs, les bois, elle aimait ce qu'elle était là. Ce que j'ai trouvé très tard et clairement en découvrant dans la marche qu'accompagne le déroulement des songeries un principe de bonheur, je le savais inconsciemment quand je préférais l'école buissonnière à celle de l'instituteur, celle-là qui, en voulant me donner l'instruction, s'appliquait sans le vouloir à tarir les sources qui rendent heureux.

Je ne conteste pas l'utilité du peu que j'ai appris à l'école, mais avec plus de bonheur, en m'amusant, j'ai appris au jardin à me familiariser avec le travail de la terre. A neuf ans, je savais utilement bêcher, et ce que j'ai appris là m'a permis de faire pousser mes pommes de terre quand on n'en trouvait plus dans les boutiques. Et d'autres choses encore, qui ne se voient ni ne se mesurent.

Monsieur Joly était un très brave homme, serviable dans ses fonctions de secrétaire de mairie, sérieux dans ses fonctions d'instituteur, corpulent et souple, respectable comme un ministre, de bonnes manières et de bon langage. Sa classe, avec une soixantaine d'élèves de tous les âges, était une rude classe. Sa barbe, sa corpulence, disposaient, avec quelques coups de règle, les élèves à la discipline. Si on le laissait seul avec tant d'élèves, c'est que sans doute on ne prenait pas trop, en haut lieu, I'instruction au sérieux. J'ai détesté cette école avec la même intensité que tous les lieux où il m'a fallu vivre enfermé, école, usine, caserne.

J'ai mangé à ma faim. J'ai reçu assez fréquemment des raclées d'un de mes frères, d'une de mes sœurs. Rien qui marque une jeunesse. On m'aima. La souffrance la plus grande me vint de l'école, à certains moments, du sentiment de notre pauvreté, quand ma mère était soucieuse de ses dettes, de ces pressentiments sombres et souvent justes de ce que peut être la vie qu'on ne connaît pas encore, de ces accès de lucidité qu'ont les enfants comme les grandes personnes et de ce grand obscurcissement que me causait le père quand il rentrait ivre. Je ne fus pas malheureux.

samedi 28 novembre 2015

début des années 60 orthographe

 j'étais nulle mais alors vraiment nulle, t'as pas idée, 0 tout le temps, j'étais dans une école d'application, les instits partaient souvent en stage, je me souviens d'une remplaçante en CE1 ou CE2,  elle m'avait dit "Tu vois cet arbre-là-bas ?" il était très gros "tu tournes trois fois autour en courant et tu ne feras plus de fautes", je l'avais crue, me revois courant, ils s'étaient tous moqués, et quand j'y repense, comment avait-elle pu me dire un truc pareil ? n'empêche le temps qu'elle a été là je n'ai presque plus fait de fautes

mercredi 30 septembre 2015

dépossession

 s'avoir, écrivent-ils, et un jour, dans un futur intérieur, je saurai grand

samedi 27 juin 2015

pot pour départ à la retraite

je me prépare, il faut bien accomplir les rites mais pas si facile de tourner la page, je me revois, quarante ans, il venait de me quitter et plus de boulot, tu peux pas imaginer mon soulagement quand j'ai été reçue prof, plutôt ça que j'aurais fêté