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samedi 11 janvier 2020

à l'étable


un compagnonnage
que ruminent-elles donc 
calmes et pensives



dimanche 5 janvier 2020

l'année commence à peine,



 des menottes agiles,
ils s'activent joyeux,
sur le sable, un sourire,


une caravelle cingle vers l'ailleurs,
embarquer avec eux

vendredi 27 décembre 2019

"une victime des intempéries en Pays Basque"



on a dit dans le poste, juste le temps de penser Il a dû faire encore plus vilain qu'ici, et on est passé à autre chose, puis son message, et quelque chose casse dans l'ordonnancement du jour, on espère avoir mal entendu, soudain la victime des intempéries a un visage, celui de P'tit Louis comme on l'appelait affectueusement entre nous, un familier de la ferme natale, on le voyait le dimanche, il allait prendre le pain au village à côté et au retour s'arrêtait parfois prendre le café, un basque magnifique, fluide, imagé pour des échanges à bâtons rompus, tout y passait, les difficultés de l'agriculture, le devenir des petites fermes, les parties de pelote à Saint-Jean-Pied-de-Port, un peu de la vie des uns et des autres... dans l'utilitaire, à la place du conducteur, fidèle et patient, l'attendait son petit caniche, pourquoi un caniche, il l'avait raconté un jour, histoire oubliée et perdue maintenant, ils ne se quittaient pas, puisse l'arbre qui s'est écrasé sur leur voiture les aient emportés ensemble, quelqu'un à l'enterrement "sur cette ligne droite, les arbres tu les cherches", cette Faucheuse qui attend son heure, une vie ça peut donc s'arrêter comme ça, sidération

jeudi 26 décembre 2019

vieillir (26) : ça promet

place Clémenceau, l'effervescence contagieuse des veilles de Noël, bras débordant de cadeaux, comment fermer son porte-monnaie, un coup de vent, un billet s'envole, son pied dessus, soulagement, lever les yeux, de grands cheveux blonds épars, la petite quarantaine élégante, un caniche au bout d'une laisse, qui des deux tire l'autre, me gourmandant presque "eh ! mais il faut se poser..." et devant mon regard interloqué "oui, je n'arrête pas de le répéter à ma mère" sa voix claque dans le brouhaha,  "SE PO-SER" un léger sourire et elle disparaît dans un sillage parfumé

vendredi 20 décembre 2019

conversation (9) : pot de fin d'année

je travaille encore, jusqu'à soixante-sept ans si je peux, à mi-temps ça ne me fait pas beaucoup mais mon mari a une bonne retraite et comme ça je peux faire des cadeaux à mes trois enfants, on leur a ouvert un compte à chacun, en cas de coup dur ce sera là mais ils ne doivent pas y toucher, ils le savent, ils nous critiquent, on est trop économes, c'est maintenant qu'ils faut vivre, nous poussent à voyager, à dépenser nos sous,  je te donne un exemple, mon aîné et sa femme, trente ans, mariés il y a peu, viennent de construire une maison, des traites pour trente ans, déjà ça nous effraie mais on s'est dit, Maintenant ils vont se calmer pour un moment, mais non, ils reprennent un crédit, des traites, je te le donne en mille, des traites pour une piscine, il leur faut tout, tout de suite, à quoi ils pensent, on ne les comprend pas

samedi 16 novembre 2019

petites choses (9) qui réjouissent le coeur



il est à quelques mètres, les jambes presque dans le vide, sur le point le plus extrême de la falaise, la caresse du soleil, le souffle de l'océan, prendre sa place, ça y est, voilà qu'il bouge, il va partir, non, il plonge sa main, un objet au bout de ses doigts, le temps de penser, pas un selfie et c'est un minuscule calepin, un crayon aussi, son regard furète, il observe, se penche, note quelques mots, se redresse encore, vous vous éloignez

dimanche 10 novembre 2019

petites choses (8) qui réjouissent le coeur

Edgar Morin par Fred Dufour



1mn46

c'est l'automne, c'est la pluie, c'est un jour qui se lève morose, il sera plus court qu'hier, tant mieux on aurait presqu'envie de dire, c'est la radio écoutée distraitement, le vent roule de lourds nuages gris, on les regarde courir, et c'est la voix d'Edgar Morin, tendre l'oreille, une parole simple et précise, son attention généreuse s'échappe et se répand, chaleur, l'émission va se terminer, quoi, déjà, et pour conclure, "A Paris dans chaque faubourg...", Lyz Gauty, son choix, une voix du temps d'avant avant, Edgar Morin chantonne, le jour s'ouvre et se colore,

 il se fait promesse



Paroles: René Clair, musique: Maurice Jaubert, 1933


À Paris dans chaque faubourg
Le soleil de chaque journée
Fait en quelques destinées
Eclore un rêve d'amour.
Parmi la foule un amour se pose
Sur une âme de vingt ans.
Pour elle tout se métamorphose
Tous est couleur de printemps.
À Paris quand le jour se lève
À Paris dans chaque faubourg
À vingt ans on fait des rêves
Tout en couleur d'amour



https://youtu.be/x4dIpOe8oLc

 cliquer sur l'image pour entendre Lyz Gauty

Ils habitaient le même faubourg
La même rue et la même cour
Il lui lançait des sourires...
Elle l'aimait sans lui dire.
Mais un jour qu'un baiser les unit
Dans le ciel elle crut lire
Comme un espoir infini.