faveur pour bonne cliente, l’employée finit de repasser son jean Et vous le pliez en trois, oui, comme ça, merci, voix péremptoire, habitude d’être obéie, elle poursuit Je vais en profiter pour prendre les pulls. Vous les avez préparés ? C’est que prudente, la réponse hésite vous êtes passée les prendre la semaine dernière. Vous ne vous en souvenez pas ? Fugace, une ombre sur le vieux visage, sans ciller Si vous le dites, ni au revoir ni merci, elle sort.
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mercredi 13 novembre 2024
dimanche 10 novembre 2024
Lu et vu (123)
Lu
Les marchés de l’Amérique de Lance Weller
A la mesure de l’univers de Jón Kalman Stefánsson
« Les poèmes sont bien utiles, ils peuvent vous servir de couverture quand le froid enserre le monde, ils peuvent être des grottes à l'écart du temps, des grottes dont les parois sont ornées d'étranges symboles, mais ils sont une piètre consolation quand vos os sont éreintés, quand la vie vous a éconduit ou quand, le soir, votre tasse de café est la seule chose qui vous réchauffe les mains. » p 87
« Margrét s'appuie sur le rebord de la fenêtre, elle a vieilli et ressent une légère fatigue, elle n'est plus aussi résistante qu'autrefois, il lui arrive de s'enfermer dans la petite salle de bains où se trouve le miroir, elle se déshabille et observe ce corps qui lui semble parfois être celui d'une autre femme, que sont donc devenues ces formes qu'elle connaissait si bien, ce ventre plat, cette poitrine ferme, ces cuisses musdées, ce corps qu'elle aimait tant habiller avec de beaux vêtements, qui était si léger à porter, qui donc le lui a pris avant de l'abandonner avec... ça ? Elle soupire, se rassoit avec la robe à repriser, avec le livre, elle tient à profiter de ces moments, il est si rare qu'elle puisse s'accorder un peu de temps. » p 227
Rêve d’automne Violet Vivre dans le secret (théâtre) de Jon Fosse
Cinéma
Le repli de Joseph Paris (documentaire)
samedi 9 novembre 2024
vieillir (61)
marqueurs, d’abord les verres progressifs, puis les appareils auditifs et enfin la canne, un ordre parfois bousculé, désarroi d’une collègue, pas cinquante ans, elle devait être appareillée Mes enfants ne veulent pas, ils disent que ça fait vieux ou encore le cœur serré, à la messe de Toussaint, en découvrant Françoise, votre âge, traverser précautionneusement l’allée centrale de l’église appuyée sur sa canne.
jeudi 7 novembre 2024
au marché (27)
elle caresse pensivement des kakis, vers son amie Je me souviens de la première fois que j’en ai mangé, je venais d’accoucher, on venait pas me voir, c’était déjà mon troisième, quelqu’un en a offert à ma voisine du lit à côté et elle me les a donnés, je me revois le petit dans les bras, les kakis, son regard se perd dans le vague, j’y pense chaque année quand revient leur saison
mardi 5 novembre 2024
des nouvelles d’Iruña Cormenzana López
un mail, c’était elle, Iruña Cormenzana Lopez, l’auteur de la saisissante installation Eskubideak Chemins de main « (…) J’ai été agréablement surprise de voir mon travail traverser les frontières.
dimanche 3 novembre 2024
Lu et vu (122)
Lu
Sister Deborah de Scholastique Mukasonga
Juste avant l’Oubli d’Alice Zeniter
Que du vent d’Yves Ravey
samedi 2 novembre 2024
Conversation (39) en blablacar
La soixantaine massive, une grande barbe grisonnante, un côté patriarche, tatoueur Je n’exerce plus, j’ai deux gars qui travaillent bien à Madrid, je passe chaque samedi pour la comptabilité, la maintenance du site, la publicité, j’en profite pour embrasser ma mère, voir les enfants et je rentre tranquillement le dimanche soir, j’ai maintenant un petit atelier de céramique, le tatouage ça a jamais aussi bien marché qu’après la Covid, normal, après une crise, par exemple tu te fais larguer, qu’est-ce que tu fais, des achats au Corte Inglés, tu passes chez le coiffeur ou l’esthéticienne, ou alors tu te fais un tatouage, tu comprends, t’as besoin de toucher à ton image, t’es tatouée, toi ?