on se flaire,
se devine des affinités,
chante ensemble dans la chorale du lieu,
organise des sorties,
bâtit des projets,
plaisir de travailler en équipes,
de se construire des emplois du temps sur mesure,
à l'autre bout,
nous,
les usagers,
enfants, élèves, vieux, patients, clients,
parfois avec ceux qui se sont choisis,
bonne pioche,
parfois avec les autres,
les ensemble par défaut,
mauvaise pioche
Rechercher dans ce blog
jeudi 1 août 2019
samedi 13 juillet 2019
un soir d'été à Pau
c'est un soir,
un soir en centre ville,
un centre ville chauffé à blanc,
un centre ville minéral à force de rues dallées pavées,
un soir où jeter les livres par le balcon
un soir où repousser les murs à force de stores baissés et de chaleur
sortir
longer le boulevard des Pyrénées,
passer le château,
bientôt six heures,
presser le pas,
le gardien referme la grille et s'éloigne,
l'ombre des grands arbres,
une légère brise,
un soir en centre ville,
un centre ville chauffé à blanc,
un centre ville minéral à force de rues dallées pavées,
un soir où jeter les livres par le balcon
un soir où repousser les murs à force de stores baissés et de chaleur
sortir
longer le boulevard des Pyrénées,
passer le château,
bientôt six heures,
presser le pas,
le gardien referme la grille et s'éloigne,
l'ombre des grands arbres,
une légère brise,
longer le golf,
la rive droite du gave,
de l'autre côté la fumée d'un barbecue,
des cris joyeux d'enfants,
"-Vous faites attention, hein ? -Mais oui maman !"
des lancers de cailloux,
des ricochets,
plus loin un homme à sa guitare,
le regard attentif de son chien,
vos pensées dérivent,
vous avez bien fait de sortir
mardi 9 juillet 2019
vieillir (24) à la ferme
1mn25
on leur avait dit, il faut défricher, arracher les petites vignes, on vous donnera des subventions, ils avaient obéi,
on leur avait dit, il faut arrêter la brebis pour faire du lait, puis les quotas laitiers, une amertume, ils avaient obéi,
on leur avait dit, on va créer une grande coopérative, vos revenus seront assurés, tous les petits marchés de bestiaux étaient morts, fini les discussions autour du prix, le boire un coup au bistrot avant de rentrer, mardi à Hasparren, mercredi à Peyrehorade, vendredi à Saint-Palais, ils avaient obéi,
on leur avait dit, il faut améliorer les races, alors en avant insémination, éponges, veaux et agneaux étaient devenus plus gros, bienvenue aux césariennes, le vétérinaire un familier, "et quand tu l'appelles un dimanche, avec le prix que ça coûte, tu rattrapes jamais" les bêtes pressurées ne faisaient plus de vieux os, ils avaient obéi,
le Crédit Agricole avait prospéré, les tracteurs grossi, arrachées les vignes au côté de la maison, disparues haies et fougeraies à grands coups de bulldozer, les oiseaux allaient nicher on ne sait où,
une deux générations avaient passé,
ils avaient été les jeunes dans la longue chaîne des générations,
et ils étaient au seuil de la vieillesse, le corps déformé, porter des seaux, soulever des bottes de foin, forcément des traces, l'élevage, celui qui ne vous laisse pas un dimanche, ils avaient aimé mais en 40 ans une incitation et son contraire, les quotas, plus de quotas, le cochon, le kiwi, le lait de brebis, ne pas mettre tous les oeufs dans la même panier, la sagesse mais c'était quand même à perdre la tête,
ils étaient devenus experts en constitution de dossier, mendier une aide à un organisme ou un autre, on va quand même pas laisser perdre, ils savaient, avaient un comptable, tenir la paperasserie en ordre, les vaccins des bêtes, leur carnet et tout ça, valait mieux mais c'est pas ça qui vous fait un orgueil,
qui pour leur jeter la pierre, ils étaient restés, la terre empoisonnée, la viande aux hormones, manquerait plus qu'on leur fasse porter le chapeau, le paysage entretenu, des retraites de misère, se contenter, ils savaient, une propension à courber l'échine, mais l'amertume,
"il y a deux ou trois ans, je n'imaginais pas que je pourrais vivre sans brebis, si j'en gardais deux ou trois, je m'attacherais trop"
alors bientôt la ferme dirait juste qu'elle avait été
puis elle disparaîtrait
samedi 6 juillet 2019
Manuela
Matin de printemps, un jour neuf comme lavé de frais, vous la revoyez, grande jupe dansante et comme à son habitude, tellement souriante. Un regard aussi. Transparent. De ceux dans lesquels on croirait pouvoir plonger. Dans ses bras de petits bidons. De la peinture ? vous lui aviez demandé. Elle avait ri. Non, du lait en promo pour le petit et vous aviez ri avec elle. Quelques mots vite fait, elle était pressée Oui, il pleure un peu la nuit, son père se fâche, vous aviez insisté, votre fable de maman heureuse et comblée, vous y teniez Il ne crie quand même pas trop fort ? mi affirmative, mi interrogative elle avait hasardé un Mais il nous aime quand même, hein ? et s'en était allée, pas léger, une salle de profs ailleurs, vous n'y pensiez plus, premiers jours de l'été, la rubrique faits divers, des détails, on aimerait ne pas lire, des coups, des cris, du sang et leur mort à tous trois. Un an à peine. Sur le jardin de l'université pousse un magnolia blanc
vendredi 21 juin 2019
à la boulangerie (4)
Ogi pesta, Saint-Palais, s'arrêter en passant un dimanche, la queue jusque dehors, comme ça tous les dimanches, brouhaha des conversations, la porte reste ouverte, signes de reconnaissance, petits saluts, sourires, juste devant une femme à celui qui vient d'entrer "Il vaut mieux se voir ici que chez le docteur", lui "bah ! là-bas aussi on s'y trouve assez" béret repoussé sur le front, soupir, le regard s'égare, dans l'air une inquiétude mais déjà votre tour "Et pour vous ce sera ?"
mardi 4 juin 2019
attendre
c'est le soir
c'est en ville
c'est le soir d'un été en ville
un chien aboie
il aboie sans relâche
sa plainte
sa plainte dans le soir
sa plainte dans le soir d'un été
sa plainte dans le soir d'un été en ville
c'est en face
c'est dans un appartement
c'est dans l'appartement d'en face
sa silhouette
sa silhouette qui va et vient
sa silhouette qui va et vient derrière le store
sa silhouette qui va et vient derrière le store dans la pénombre
il couine
il gémit
il pleure
sa plainte
c'est l'abandon
c'est la solitude
c'est un désespoir
et ça monte dans le soir
et ça monte dans la ville
et ça monte dans le soir d'un été
et ça monte dans le soir d'un été en ville
et ça dure
et ça glace les sangs
ça s'incruste dans l'oreille
et puis plus rien
ça n'est plus
le silence
ça s'est arrêté quand
c'est toujours le soir
c'est toujours en ville
c'est toujours le soir d'un été en ville
de la lumière
de la lumière dans un appartement
de la lumière dans l'appartement d'en face
quelqu'un
quelqu'un est rentré
quelqu'un est enfin rentré
une tendresse partagé
on se fait fête
une fête silencieuse
quelqu'un
lundi 3 juin 2019
de l'extension du discours "médico psy" aux cours de récréation
"eh ! la bipo, j't'attends... tu viens ? Lever un sourcil "bipo... ?!" "ben oui, on se traite de bipo mais ç'est pour rigoler, ça veut dire bipolaire". Se rappeler les pas si vieux "T'es mytho ou quoi" et sa variante "arrête de mythonner"
Inscription à :
Articles (Atom)


