Lu
Les années d'Annie Ernaux
Vu
Quai des orfèvres d'Henri-Georges Clouzot
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| Zumaia, plage d'Itzurun, 19 déc, 5 h |
le vent se fait mordant, un pêcheur s'arcboute à sa canne, du sable projeté au visage par poignées, il pense prendre quoi là, cette obstination
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| Zumaia, plage d'Itzurun, 19 déc, 5 h. |
un léger toc toc à la porte, la voisine de palier, sourire aux lèvres, des mines de conspirateur, le mari se tient dans l’embrasure de leur appartement, le paquet enrubanné qu'elle cachait dans son dos passe dans mes mains, aller lentement, défaire les agrafes, deviner un objet, faudra-t-il se composer un visage reconnaissant, Mais, vas-y, tu peux déchirer, elle s'impatiente, un couple de colibris sculptés jaillit, ma joie éclate, je les gardais depuis mon retour du pays, fin octobre donc, quand elle a visité sa famille en Côte d'Ivoire, nous tombons dans les bras l'une de l'autre
Dans la rue à sens unique, remonter les voitures arrêtées au feu rouge. A plusieurs reprises, la voix stridente d'une jeune fille se fraie un chemin dans le brouhaha. Madame L... Madame L... se pourrait-il que votre nom résonne ? Regarder de tous côtés, une erreur sans doute. Quelques pas plus loin, côté chauffeur, une fenêtre baissée, regard rieur de la mère sur l'air de vous la connaissez comme moi, La jeune fille Ah ! je suis trop trop contente de vous voir, vous allez bien ? Toulouse c'est génial, je suis trop trop contente d'étudier là-bas. Le feu passe au vert, un grand espace se creuse devant, démarrer avant les premiers coups de klaxon.