Rechercher dans ce blog

mercredi 31 décembre 2025

vieillir (83)

c’est dans une petite vallée des Pyrénées, 

la vallée d’Ossau,

dans un gros village,

Arudy,

une toute petite librairie, 

La Curieuse, 

un peu de monde à l’intérieur cet après-midi-là, quelqu’un à la caisse, de jeunes mamans et leurs enfants tout juste sortis de la à la crèche, deux adolescents dans le rayon à eux dédié et  un vieil homme frêle appuyé sur sa canne, suivre son avancée du coin de l’œil, observer sa mise soignée, chemise de trappeur, doudoune sans manches, pantalons de velours côtelé, quatre-vingt-quinze ans vous dira-t-on plus tard, il furète au rayon nouveautés, puis soudain vers la libraire Ce poète chilien, Pedro… comment il s’appelait déjà ? Neruda, vous voulez parler de Pablo Neruda ? ah ! Pablo, oui, Pablo, c’est ça, et ce prénom martelé encore, Pablo, Pablo, fichue mémoire, la libraire à son secours, Allez, allez, vous nous direz bien un poème, lui, la voix ferme, arcbouté à sa canne, sans faillir, sans faiblir, un extrait du Chant Général de Pablo Neruda,

Je prends congé, je rentre 

chez moi, dedans mes rêves, 

je retourne à cette Patagonie 

où le vent frappe les étables 

et où l'Océan disperse la glace.

Je ne suis qu'un poète et je vous aime tous, 

je vais errant par le monde que j'aime : 

dans ma patrie on emprisonne les mineurs 

et le soldat commande au juge.

Mais j'aime, moi, jusqu'aux racines 

de mon petit pays si froid.

Si je devais mourir cent fois, c'est là, oui, que je veux mourir, 

si je devais naître cent fois, c'est là aussi que je veux naître, 

près de l'araucaria sauvage, 

des bourrasques du vent du Sud, 

des cloches depuis peu acquises.

Qu'aucun ne pense à moi. 

Pensons à toute la terre, 

frappons amoureusement sur la table.

Je ne veux pas revoir le sang 

imbiber le pain, les haricots noirs, 

la musique : je veux que viennent avec moi 

le mineur, la fillette, l'avocat, le marin 

et le fabricant de poupées, 

que nous allions au cinéma, que nous sortions  

boire le plus rouge des vins.


Je ne viens rien solutionner.


Je suis venu ici chanter, je suis venu 

afin que tu chantes avec moi.


ensuite un blanc, l’émotion partagée, la densité d’un silence, son épaisseur, puis des applaudissements, sans doute est-ce cela, une épiphanie, 


le sourire modeste et rassuré, encore une fois il est allé au bout, sa commande Les Misérables pour un de ses petits-fils, la nuit vient, il ne s’attarde pas, la libraire le raccompagne, une marche traîtresse à la sortie, l’instant d’après le voir passer au volant de sa Clio, des enfants pas loin mais il vit seul dans un village à flanc de montagne

mardi 30 décembre 2025

vieillir (82)

pousser le portail du cimetière et avant de s’engager parfois se retourner vers la grande maison aux volets entrebâillés de l’autre côté de la place, sentiment d’une présence, derrière son rideau Clémentine, un ouvrage sur les genoux, suit les allées et venues, une voisine Elle me fait tout encore, raccourcir un pantalon, repriser des chaussettes, mettre une pièce, elle cuisine et va jusqu’à garder ses épluchures de pommes et les met au congélo  pour en faire de la gelée,  bien sûr qu’elle m’a donné des pots et tu peux croire que j’ai apprécié quand j’ai eu mes ennuis de santé, la pectine c’était bon pour ce que j’avais, Clémentine vit seule, elle a quatre-vingt-onze ans 

lundi 29 décembre 2025

conversation (57) entre amies

un café, pas des gamines, elles se font face Mais si tu es très bien, je ne le dirais pas sinon, moue dubitative de l’autre, silence, tu es, silence, mignonne, oui, c’est ça, tu es mignonne, à un rien sentir une restriction légère, silence encore, examen approfondi, mais tu devrais te maquiller, sourire radieux, comme moi ! juste un peu de ricils, rien d’autre, je vais te montrer, tu veux que je te le fasse ? 

dimanche 28 décembre 2025

Lu et vu (170)

 Lu 

Le paradoxe de l’abondance de Hugo Clément, Vincent Ravalec et Dominique Mermoux

Vu

Le cinquième plan de la jetée de Dominique Cabrera

Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch 

Le retour du projectionniste de Orkhan Aghazadeh

vendredi 26 décembre 2025

au marché (34) de Noël de la place Clémenceau

il a promis d’apporter le petit colis demandé, des savonnettes, du lait pour le corps, passer au petit chalet, son employée Nicolas ne devrait pas tarder, les ânesses se sont échappées, qu’est-ce que vous voulez, quand il fait doux comme ça, le foin elles n’en veulent plus, c’est comme nous par ce temps à la soupe et raclette, on préfère les salades

Journal La République des Pyrénées, 26 décembre 2017

mercredi 24 décembre 2025

Famille (17)

pas fermé l’œil de la nuit, j’avais le téléphone en silencieux près de moi mais sur le mode vibreur et elle a pas arrêté de m’envoyer des textos, enfin au moins trois ou quatre, faut que je récupère, sa fille accouchait

mardi 23 décembre 2025

Santo Tomas Donostin (2) Saint Thomas à Saint-Sébastien



elles ont troqué leurs jeans pour de grands jupons, les septuagénaires aussi Tu veux bien me faire une photo ? pour mes enfants, sinon ils ne vont pas croire que je porte l’habit des baseritar, au premier rayon de soleil, la Concha, 

photo, selfies, 

immortaliser. 

course légère sur les trottoirs glissants, 

un festival de parapluies, 

à la ceinture le gobelet pour passer d’une buvette à l’autre, 

un gobelet voire deux, 

ne pas les abandonner derrière soi,

réduire le plastique sur la voie, 

un défi collectif,  

trouver refuge au sein de son association, 

dans la moindre encoignure de porte, 


puis la nuit venue, par exemple bien calée sur les épaules de son aita, regarder les mutxiko près du kiosque du boulevard, plus tard, quand on sera grande, sûr, on les dansera aussi, les mutxiko

lundi 22 décembre 2025

Lu et vu (169)

 Lu

Coupe sombre d’Oscar Peer

Lettres à la Bien-aimée et autres poèmes de Thierry Metz

La marche de Radzesky de Joseph Roth

L'Empereur était un vieil homme. C'était le plus vieil empereur du monde. Autour de lui, la mort traçait des cercles, des cercles, elle fauchait, fauchait. Déjà le champ était entièrement vide et, seul, l'Empereur s'y dressait encore, telle une tige oubliée, attendant.

Depuis de nombreuses années, le regard vague de ses prunelles claires et dures se perdait en un vague lointain. Son crâne était chauve comme un désert bombé. Ses favoris étaient blancs comme deux ailes de neige. Les rides de son visage étaient une inextricable broussaille où les années nichaient par dizaines. Son corps était maigre, son dos légèrement fléchi. Dans sa maison, il trottinait à pas menus. Mais aussitôt qu'il foulait le sol de la rue, il essayait de rendre ses cuisses dures, ses genoux élastiques, ses pieds légers, son dos droit. Il emplissait ses yeux d'une artificielle bonté, véritable qualité des yeux d'un empereur. Alors ses yeux semblaient regarder tous ceux qui le regardaient et saluer tous ceux qui le saluaient. Mais en réalité, les visages ne faisaient que passer devant eux, planant, volant, sans les effleurer, et ils restaient braqués sur cette ligne délicate et fine qui marque la limite entre la vie et la mort, au bord de cet horizon que les vieillards ne cessent pas de voir, même quand il leur est caché par des maisons, des forêts, des montagnes. Les gens croyaient François-Joseph moins renseigné qu'eux, mais peut-être en savait-il plus long que beaucoup. Il voyait le soleil décliner sur son empire, mais il n'en disait rien. Quelquefois, il prenait un air candide et se réjouissait, quand on lui expliquait par le menu des chose qu'il savait très bien. Car, avec la ruse des enfants et des vieillards, il aimait à égarer les hommes et il s'amusait de la vanité qu'ils éprouvaient à se démontrer à eux-mêmes qu'ils étaient plus fins que lui. Il cachait son intelligence sous les dehors de la simplicité, car il savait qu'il ne convient pas à un monarque d'être aussi intelligent que ses conseillers. Mieux vaut avoir l'air simple que sagace. Quand il allait à la chasse, il savait parfaitement qu'on amenait le gibier à portée de son fusil et, bien qu'il eût pu en abattre davantage, il ne tirait que celui qu'on avait lâché devant le canon de son arme. Car il ne convient pas à un vieux monarque de montrer qu'il perce une ruse à jour et qu'il tire mieux qu'un garde-chasse. Quand on lui contait une fable, il se donnait l'air d'y croire, car il ne convient pas qu'un monarque prenne quelqu'un en flagrant délit de mensonge. Quand on souriait derrière son dos, il n'avait pas l'air de s'en apercevoir, car il ne convient pas qu'un monarque sache qu'on sourit de lui ; d'ailleurs, ce sourire reste vain tant qu'on n'en veut rien savoir.

Quand il avait de la fièvre, que son entourage tremblait, et que son médecin ordinaire déclarait faussement devant lui qu'il n'en avait pas, l'Empereur disait : « Alors, tout est pour le mieux », bien qu'il n'ignorât pas sa fièvre, car un monarque n'accuse point son médecin de tromperie.

En outre, il savait que l'heure de sa mort n'était pas encore venue.

Il connaissait aussi de nombreuses nuits où la fièvre le tourmentait alors que ses médecins n'en savaient rien, car il lui arrivait d'être malade sans que personne ne s'en doutât. Mais, d'autres fois, lorsqu'il se portait bien et qu'on le disait malade, il faisait comme s'il était malade. Quand on le croyait bienveillant, il était indifférent et quand on le disait froid, il souffrait en son cœur. Il avait vécu assez longtemps pour savoir qu'il est vain de dire la vérité. Il permettait aux gens de se tromper et croyait encore moins à la pérennité de son monde que les farceurs qui répandaient des anecdotes sur son compte dans son vaste empire. Mais il ne convient pas à un monarque de se mesurer avec les mauvais plaisants et les malins.

L'Empereur se taisait donc.

Bien qu'il se fût reposé, que son médecin se déclarât content de son pouls, de ses poumons, de sa respiration, il avait un rhume de cerveau depuis la veille. Il ne se souciait pas de laisser voir ce rhume de cerveau. On aurait pu l'empêcher d'assister aux manœuvres d'automne à la frontière orientale. Or, une fois encore, un jour tout au moins, il voulait voir des manœuvres. L'acte de ce sauveur, dont le nom lui échappait de nouveau, lui avait rappelé Solferino. Il n'aimait pas les guerres (il savait qu'on les perd), mais il aimait l'armée, le jeu de la guerre, l'uniforme, le maniement des armes, la parade, le défilé et les exercices des compagnies. (p 232-233)


Mme von Taussig l'attendait sur le quai de la gare du Nord. Il y avait vingt ans — mais elle pensait qu'il n'y en avait que quinze, car elle avait caché son âge si longtemps qu'elle était elle-même persuadée que les années suspendaient leur cours et n'arrivaient pas à leur fin — il y avait vingt ans donc, elle attendait aussi un sous-lieutenant à la gare du Nord, mais c'était, à la vérité, un sous-lieutenant de cavalerie. Elle montait sur le quai comme dans un bain de jouvence. Elle plongeait dans les émanations corrosives du charbon, dans les sifflets et les vapeurs des locomotives qui manœuvraient, dans le crépitement nourri des signaux. Elle portait une courte voilette. Elle s'imaginait qu'elle avait été à la mode quinze ans auparavant, en fait, il ne s'agissait même pas de vingt, mais de vingt-cinq ans ! Elle aimait attendre sur le quai. Elle aimait l'instant où le train entrait sous le hall et où elle apercevait à la portière le ridicule petit chapeau vert de Trotta et sa charmante figure, embarrassée et juvénile. Car elle rajeunissait Trotta, comme elle se rajeunissait elle-même, elle le voyait, tout comme elle-même, plus embarrassé et plus jeune qu'il ne l'était. Au moment où le sous-lieutenant quittait le marchepied, elle ouvrait les bras comme vingt ans auparavant, ou plutôt quinze. Et du visage qu'elle montrait alors, émergeait ce visage rose et lisse qu'elle montrait vingt ou plutôt quinze ans auparavant, un doux visage de jeune fille, légèrement échauffé. Autour de son cou où deux sillons se creusaient déjà, elle portait ingénument cette mince chaîne d'or qui, vingt ans auparavant, ou plutôt quinze, avait été sa seule parure. Et, comme vingt ans auparavant, ou plutôt quinze, elle se faisait conduire avec le sous-lieutenant à l'un de ces petits hôtels où l'amour clandestin fleurissait contre paiement, dans des lits misérables, grinçants et délicieux, le paradis. Les promenades commençaient.

Les quarts d'heure passionnés parmi la jeune verdure du Wienerwall, les petits orages soudains du sang. Les soirées à l'Opéra dans la rouge pénombre de la loge aux rideaux tirés. Les caresses, des caresses familières et pourtant surprenantes, attendues par la chair expérimentée et pourtant ignorante. Les oreilles connaissaient la musique souvent entendue, mais les yeux ne connaissaient les scènes que fragmentairement. A l'Opéra, Mme von Taussig se tenait toujours derrière les rideaux tirés, ou les yeux clos. Les tendresses, nées de la musique et confiées pour ainsi dire à l'orchestre aux mains masculines, vous arrivaient sur la peau, fraîches et brûlantes tout ensemble, telles des sœurs depuis longtemps familières et éternellement jeunes, des présents souvent reçus, mais toujours oubliés, dont on croyait seulement avoir rêvé. Les restaurants silencieux s'ouvraient. Les soupers silencieux commençaient, dans des encoignures où le vin que l'on buvait semblait être un cru local, mûri par l'amour qui brillait perpétuellement dans leur obscurité. Puis venaient les adieux, la dernière étreinte de l'après-midi, accompagnée en permanence du tic-tac de la montre posée sur la table de nuit, déjà toute pleine de la joie de la prochaine rencontre, la course pressée vers le train, l'ultime baiser sur le marchepied et la renonciation de dernière minute à l'espoir qu'on nourrissait de partir ensemble.

Las, mais saturé de toutes les douceurs du monde et de l'amour, le sous-lieutenant Trotta rentrait dans sa garnison. (p 268-269)


Vu

Cinéma

Dites-lui que je l’aime de Romane Bohringer, adaptation récit de Clémentine Autain

Spectacle 

hall de la Tabakalera, installation Julio Le Parc

hall de la Tabakalera de San Sebastián EzBerdin Berdinak par la compagnie Kukai Dantza


Expositions à Bilbao 

au Guggenheim 

Maria Elena Vieira da Silva Anatomie de l’Espace


Vieira da Silva parlait rarement de son travail. Elle disait souvent : « Nous, les peintres, pouvons paraître stupides quand nous parlons. Nous savons beaucoup de choses, mais nous parlons à travers nos peintures ». A une occasion, cependant, elle a été contrainte d'expliquer sa méthode ; elle a alors réalisé une synthèse mordante : « En général, je n'aime pas les œuvres qui font étalage de leur difficulté. Je préfère ces autres œuvres raffinées qui nous permettent de sentir, de deviner de loin, la complexité des choses du monde ».



HISTOIRE TRAGIQUE MARITIME 

OU LE NAUFRAGE

1944

Huile sur toile


CAM - Centre d’Art Moderne Gulbenkian,  Lisbonne



L'ENTRÉE DU CHÂTEAU OU

HOMMAGE À KAFKA

1950

huile sur toile


Collection particulière, France-Portugal

Courtoisie : Galerie Jeanne Bucher Jaeger, Paris | Lisbonne



LES BARRICADES

1968

Huile sur toile


Fundação Ilídio Pinho, Porto, Portugal



à l' Azkuna Zentroa/Alhondiga :


Marisa GonzalezUne manière créative de faire 


Marisa González (Bilbao, 1943) est une pionnière dans l'application des nouvelles technologies de reproduction et de communication dans la création artistique. 


Depuis les années soixante-dix, son travail, qui se démarque des médias artistiques conventionnels, utilise des machines - photocopieuses couleur, thermofax et autres outils qui étaient à l'époque une technologie de pointe - pour concevoir un art qui n'est pas copiatif ou réplicatif mais génératif à travers l'introduction d'éléments nouveaux et originaux qui découlent de l'interaction avec la machine, et non de son simple fonctionnement. 


Marisa González a ainsi créé sa propre méthode, un langage, dans lequel l'immédiateté, le hasard, la preuve et l'erreur prennent de l'importance. Cette anthologie, organisée par l'historienne de l'art et chercheuse Violeta Janeiro Alfageme, rassemble cinq décennies de production de l'artiste et montre une grande partie de ses grandes séries et projets. Au cours de sa carrière, elle s'est intéressée au thème féministe, aux mouvements sociaux, à l'architecture industrielle, aux déchets, entre autres sujets. 


Son lien précoce avec le féminisme lui a valu une place de choix dans des recherches récentes sur les généalogies féministes de l'art institutionnel. 


L'exposition rassemble certaines de ses séries les plus significatives, comme Violencia mujer, qui comprend l'œuvre La descarga (1975-77) ou la série Presencias (1981) avec laquelle elle mise radicalement sur le recyclage et la redéfinition des objets. 


On peut également découvrir la série de portraits qu'elle a réalisés à travers le système graphique informatique Lumena ou l'installation Estación Fax/Fax Station, qu'elle a créée au Círculo de Bellas Artes de Madrid en 1993 et avec laquelle elle a encouragé entre artistes une dynamique plus communautaire, moins compétitive et plus horizontale.

dimanche 21 décembre 2025

Santo Tomas Donostin (1), Saint Thomas à Saint-Sébastien

 


des hommes, des femmes, des enfants en habits d’hier, parfois seulement le simple foulard à carreaux,  

Journal Gara

Joseba SALBADOR GOIKOETXEA | DONOSTIA

Santo Tomás était le jour où les baserritarras se rendaient dans la capitale pour payer les propriétaires de leurs terres. Ce jour-là, ils vendaient des produits apportés de la ferme (fruits, légumes et animaux) et achetaient ce qui leur manquait, en particulier des ustensiles et des vêtements de travail. L'afflux de personnes était tel que des expositions de sports ruraux étaient organisées et que toutes sortes de nourritures étaient vendues dans la rue pour le hamaiketako [repas de la mi-matinée], ce qui réunissait tous les éléments pour en faire une grande journée de fête.

Au fil des ans, ce déplacement pour effectuer le paiement des loyers a pratiquement disparu, mais la vente de nourriture et les expositions d'animaux et de sports ruraux ont non seulement été maintenues, mais ont acquis de plus en plus de popularité.

Ainsi, en plus des traditionnels stands de vente de txistorra, gérés par différentes associations et entités, cette année il y aura à nouveau « des activités pour tous les goûts et tous les âges qui vous permettront de passer une bonne journée de foire en famille, entre amis ou en couple », comme l'a expliqué la conseillère pour les activités lors de la présentation du programme, Fêtes de la Mairie de Donostia, Ana López.

La foire, qui sera présidée par la truie "Poxpolin", comptera un total de 163 stands - un chiffre similaire à celui de l'année dernière - où vous pourrez acheter des produits artisanaux, des conserves, du miel, des saucisses, des pâtisseries, des fruits et légumes et autres, en plus de ceux de txistorra, qui seront situés à huit endroits différents du centre et la vieille ville.

Comme c'est la tradition, des dizaines d'associations et de centres éducatifs placeront leurs stands sur la place de la Constitución, la place Gipuzkoa, la place Sarriegi et le Boulevard pour mettre en vente des talos, des bocadillos, des txakoli et du cidre, dont les recettes seront destinées à financer des voyages d'études ou des activités culturelles.


Parallèlement à cela, la foire de Santo Tomás se distingue également par la célébration de différents concours, organisés par Donostia Kultura Festak en collaboration avec différentes associations et entités. Ainsi, cette année, six compétitions ont été programmées : le concours gastronomique "La Txistorra en la Gastronomía", qui cette année fête sa troisième édition (…)



« Poxpolin » le centre de tous les regards

« Poxpolin » est le nom de la truie qui présidera aujourd'hui la foire de Santo Tomás de Donostia depuis son piédestal sur la place de la Constitution. Lorsqu'elle a été présentée en société, il y a quinze jours, elle pesait 350 kilos, et on s'attend à ce qu'elle  atteigne déjà 380 kilos d'ici cette journée.

Comme l'année dernière, l'animal provient de la ferme Arantzeta de Elgeta, propriété de l'éleveur Peio Bilbao, qui a pris la relève de Manu Eizagirre, de la ferme Larraxko d'Aizarnazabal, qui a amené ses porcs les deux années précédentes, jusqu'à sa retraite

Peio et Manu, membres de la coopérative Basatxerri, sont les successeurs de Kristina Saralegi, éleveur du hameau Arro de Leitza qui pendant de nombreuses années avait été chargée d'amener la truie à Donostia et qui est décédée à l'âge de 48 ans en 2022, donc la mairie de Donostia a dû chercher une alternative.

En ce qui concerne la truie qui sera aujourd'hui dans Donostia, son soignant explique qu'elle a été choisie pour sa grande taille. Elle a quinze mois et est un mélange des races Duroc et Landrace. Comme le reste des porcs d'Arantzeta, ce sont des animaux élevés en liberté et qui se nourrissent de blé, de maïs et de fèves, qu'ils accompagnent d'herbe, de racines et de châtaignes qu'ils trouvent lorsqu'ils paissent autour de la ferme.

Peio Bilbao assure qu'elle est très calme et espère qu'elle le sera également aujourd'hui.

Naiz, supplément dominical du 21/12

(…) aujourd'hui, la chistorra et le talo sont toujours les grands protagonistes [de Santo Tomás]. La chistorra est une saucisse traditionnelle qui dérive d'anciennes pratiques d'abattage, élaborée à partir de porc maigre, d'ail et de paprika, un aliment plus rapide à préparer et à consommer que le chorizo, car il ne nécessite pas de processus de séchage. Que dire du talo, qui est arrivé au Pays Basque après l'introduction du maïs d'Amérique au XVIème siècle, et était l'aliment de base de nos anciennes fermes. Ils sont maintenant remplis d'innombrables produits, il existe même des versions véganes. (…)

vendredi 19 décembre 2025

Parapluie (9)

 

Saint-Sébastien, plage de Zurriola, 17 heures

mercredi 17 décembre 2025

Petites choses (132) qui touchent

Ligne de bus Toulouse/Bilbao, changement de conducteur, elle passe le volant, encore une journée de travail terminée, la tension se relâche, son soulagement joyeux et à nouveau parler Tu sais ce qui m’est arrivé à… [arrêt précédent] ? On allait repartir et juste quelqu’un me rapporte une sacoche avec tout dedans, le passeport, un étranger, regard appuyé à son collègue sur le mode tu sais ce que c’est, toi, il ne bronche pas, les clés, tout je te dis ! Alors ni ni deux j’ai pas le droit, l’air bravache, alors, j’ai pris le gauche, au rond-point au lieu d’aller vers l’autoroute je suis sortie juste après vers la ville, ils étaient une poignée dans le bus à le guetter aux vitres, j’allais laisser tomber et faire demi-tour quand quelqu’un a dit Je crois que c’est lui là-bas, deux trois coups de klaxon et bingo Vous avez rien oublié que je lui fais, sa tête, tu peux croire qu’il était heureux, allez, bonne route

lundi 15 décembre 2025

Famille (16)

 elle ne va pas fort, des vacances, sa sœur Ben non, on peut pas t’emmener avec nous dans les Alpes, cette année on prend le chien, y a plus de place dans la voiture 

dimanche 14 décembre 2025

Lu et vu (168)

Lu

À la fin d’Eric Laurrent 

Vu

Cinéma

Flores para Antonio de Isaki Lacuesta & Elena Molina

Los domingos de Alauda Ruiz de Azúa

Palombella Rossa de Nanni Moretti

Spectacle 

Le conte d’hiver de Shakespeare, traduction adaptation dramaturgie Clément Camar-Mercier, mis en scène par Sandrine Anglade

Exposition 

à Saint-Sébastien, Kubo Kutxa Fundazioa / Tabakalera Ukitu de Maider Lopez

Ukitu c’est-à-dire Toucher


Zumaia

Photographies (3), 150 x 150 cm chacun

Un dimanche d'août, une serviette rouge a été offerte à tous ceux qui arrivaient à la plage pour l'utiliser ce jour-là. L'apparente normalité estivale de la plage est interrompue, transformant le paysage, générant de nouvelles collectivités temporairest et modifiant une situation quotidienne. L'action a été réalisée le 18 août 2005 sur la plage d'Itzurun à Zumaia (Gipuzkoa), avec la collaboration de la galerie Distrito 4 et du département de la culture de la mairie de Zumaia.


Cappadoce, Turquie

Série photographique (1) 100 × 150 cm. (9) 30 × 45 cm

Contours se concentre sur les contours de la géographie et propose une méthode performative pour distinguer certains éléments du paysage naturel et urbain. Un groupe de personnes parcourt par le toucher les limites et les contours de l'environnement environnant. La position des mains, l'une à côté de l'autre, détermine les configurations des corps, qui doivent s'auto-organiser pour effectuer les actions. Les gens dessinent et reproduisent avec leur corps les formes de la nature et de l'architecture à travers le toucher et la relation directe avec leur environnement. 

Participants : étudiants de l'Université des Beaux-Arts de Nevsehir.


Tarragone, Catalogne

Photographies (2), 45 x 30 cm chacun

Action réalisée avec un groupe de castellers - tradition populaire catalane qui consiste à créer des tours humaines -, décontextualisant leur pratique habituelle. Toucher le musée. Habiter la salle d'exposition à partir d'autres hauteurs, positions et relations. Traverser l'espace avec les mains.

Construire l'architecture avec nos corps à partir de l'organisation en groupe. L'action donne de l'échelle humaine à l'architecture du musée et met l'accent sur le sens du toucher, sur la possibilité de vivre l'espace depuis le corps. 

Participants de la Colla Jove Xiquets de Tarragone.

***

Munies de jumelles des personnes essaient de saisir des « éléments existants et actions qui se produisent simultanément dans différents endroits de la ville, visibles à partir d'un point spécifique ». 

Pasaia

2 vinyles

Vidéo 4K, 5'24"

Une photographie murale nous ramène à l'action Ici, là, là-bas (2023), où un groupe de personnes a observé la ville de loin à travers des jumelles. (ci-après passage manquant en italiques). Le mécanisme de l'action est maintenant reproduit dans la salle d'exposition, où un texte mural marque les éléments et les actions que l'on peut voir sur la photographie murale, établissant un lien entre la vue panoramique et les détails de l'image, entre le général et le concret.

Action réalisée à Pasaia, avec la collaboration d'Ahiku et de l'Ordre des Architectes Vasco-Navarro à Gipuzkoa.

Chaque participant a reçu une carte postale avec une liste d'éléments et de situations visibles d'un point de vue déterminé : des voisins infiltrés dans la vie quotidienne, ont réalisé des actions à différentes profondeurs du paysage, qui s'ajoutaient aux éléments déjà existants dans la ville 

Cinq personnes balayent

Vêtements tendus de couleur rouge

Le mot Chance

Marcher en cercle

Sous les cloches

Un yaourt et une chaise

Ligne de personnes

Jeter de l'eau dans la mer

Une voiture passe toutes les 5 minutes

Lire le journal

Un drapeau

Deux cercles

***

en sortant, songer Perec est bien vivant, et comme une mise en abyme offerte, munie de ciseaux sécateurs, une jeune femme taille les plantes vertes en mauvaise santé du grand hall de la Tabakalera et modifie ainsi son aspect familier. 

samedi 13 décembre 2025

au marché (33) trois petits kakis

 


branchette de plaqueminier Je préfère les vendre comme ça, ça tient mieux 

vendredi 12 décembre 2025

d’une langue à l’autre (2)

s’approcher du comptoir, une jeune femme s’interpose, quelques mots en basque avec le serveur, attendre  donc, puis Et pour vous ce sera ?  Dute bat nahi nuke, Je voudrais un thé, leur stupéfaction embarrassée, avec ma tête de pas du coin, non, ils ne s’y attendaient pas, regard vif, air de défi aussi, vers lui Débrouille-toi maintenant, elle se lance pourtant, aux lèvres un timide sourire d’excuse On n’en est pas là, on vient juste de commencer, S’essayer à les encourager Ça viendra, vous en avez envie, c’est le principal et s’entendre ajouter C’était ma langue, un C’était ma langue qui tel un glas résonne encore